Comprendre et apaiser les pleurs de son bébé

Quand je suis devenue maman, je me suis assez facilement fait aux pleurs de ma Zouzou. Un bébé, ça pleure. Et puis j’étais trèèès patiente.
Ce à quoi je me suis bien moins facilement habituée, c’est de ne pouvoir rien y faire.
Cela m’était juste insupportable.

Comme à mon habitude, je me suis donc tournée vers des livres. Pleurer est le mode de communication du nourrisson, mais quand trop, c’est trop, je me dis qu’il y a peut-être quelque chose à creuser. Et j’ai trouvé le merveilleux « Ne pleure plus bébé » de Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau.

Mais ne vous y trompez pas : ce ne sont pas des méthodes pour que bébé ne pleure plus, mais des réflexions et astuces pour les acocompagner, les apaiser voire les réduire un peu.

Tenez-vous-le pour dit : un bébé, ça pleurera toujours.

Ma Zouzou pleurait beaucoup, parfois longuement le matin, ou pendant 2 à 3 heures le soir. Avec du recul, je pense tout simplement qu’elle avait faim. C’est horrible de se dire ça, mais je crois que c’est la stricte vérité. Avec les conseils pourris des puéricultrices… et mon manque de discernement, ben voilà.

Ce merveilleux livre est un excellent investissement car il est plein de bon sens… et coûte à peine quelques euros. C’est même une bible qui devrait être donnée en cadeau de naissance à tous les parents. Je ne connais pas un parent autour de moi qui ne se soit pas retrouvé dépourvu, voire complètement désespéré, devant les pleurs inconsolables dsonbébé. Qui n’a pas pris la voiture pour faire un tour de quartier ? Qui n’a pas usé d’aspirateur mis en marche à des heures incertaines ou du sèche-cheveux ? Cela montre la terrible détresse parentale face aux pleurs de leur nouveau-né.

Des pleurs qu’on ne sait pas toujours décrypter, surtout au début (personnellement, j’ai jamais su différencier les pleurs… elle pleurait beaucoup…). Claude Didierjean-Jouveau nous explique les différentes raisons possibles de ces pleurs dont, entre autres :
– la faim ;
– une douleur (coliques) ;
– une couche mouillée ;
– le froid (au moment du bain), le chaud (quand ils sont trop couverts) ;
– la fatigue ;
– l’ennui ;
– le défoulement de fin de journée ;
– le non respect de son rythme ;
– une grossesse difficile ;
– un accouchement difficile ;
– une mère déprimée ;
– une hypersensibilité (aux stimuli, aux désordres intérieurs comme les gaz) ;
– un besoin de proximité et de contact ;
– des séparations trop précoces ;
– la frustration (de ne pas réussir à s’exprimer, de ne pas arriver à faire ce qu’il veut)…

Bon, une multitude de possibilités en somme mais l’auteur nous met en garde :
 » Chez un tout-petit, la cause la plus évidente des pleurs, c’est la faim. De nos jours, on a tendance à l’oublier car on pense que nos bébés sont tous nourris convenablement, que personne ne va affamer un bébé.
Et pourtant… combien de nouvelles mères se voient encore enjoindre de ne donner le sein que 10 minutes toutes les trois heures ? Combien essaient de respecter cet intervalle entre deux tétées et font attendre le bébé, même s’il pleure ? Preuve que les pleurs de faim ne sont pas si rares que cela : une étude qui avait comparé un groupe de mères appartenant à la Leche League et un groupe de mères standard a montré que des tétées fréquentes réduisaient de moitié le nombre d’épisodes de pleurs à 2 mois (sachant aussi (…) que la tétée n’apaise pas que la faim). » Elle rajoute : « Une étude faite par des chercheurs de la Mayo Clinic pour identifier la cause des pleurs chez les bébés en a attribué 36 % à à la faim. »

29% des pleurs seraient attribués à une couche souillée selon la même étude citée…

De même une séparation trop précoce avec la maman, suite à un retour au travail, semblerait néfaste. L’auteur nous explique, toujours en fondant ses réflexions sur des études scientifiques, que les bébés gardés en crèche ont un taux de cortisol (hormone du stress) très élevé toute la journée et que de toute manière, il est bien impossible à une puéricultrice de donner tout ce dont a besoin un nourrisson… étant donné qu’elle doit s’occuper de 5 enfants en même temps (voire plus). Et c’est ce que je me dis dans for intérieur quand je vais chercher ma Zouzou à la crèche : j’entends toujours des plus petits pleurer, toujours. Des hurlements parfois. Cela ne veut pas dire qu’ils sont mieux chez la nounou : au pire elle a trois enfants à garder… mais de toute manière comment un enfant de deux mois pourrait être capable de se séparer de sa maman pendant 8 à 10 heures ? Ils n’ont pas encore la capacité de garder notre image en eux et se dire que l’on va revenir. A part leur dire, difficile de les aider à les accompagner pleinement dans ce cap difficile pour la maman également. Je sais qu’en lisant tout cela, beaucoup de mamans peuvent culpabiliser et moi la première. Malheureusement on ne nous donne pas beaucoup le choix parfois que de retourner travailler pour gagner sa  vie étant donné le montant des versements pour un congé parental (qui est de 560 € paje comprise et qui ne peut excéder 6 mois pour un premier enfant), et vu que le congé maternité post-accouchement est de 10 semaines…

L’auteur nous parle ensuite des conséquences du non accompagnement de ces pleurs. Cela peut aller du sentiment de détresse, de tristesse à des conséquences physiques (augmentation de la pression sanguine, problème de prise de poids) voire psychologique surtout à long terme (problèmes de communication, d’anxiété, digestifs…). Des arguments qui réussiront à convaincre les plus sceptiques.

Enfin, et après je m’arrête (presque), on peut trouver des solutions concrètes à la fin du livre pour apaiser ces pleurs : succion, favoriser le contact et le mouvement, distraire bébé, faire du bruit (chanter, ou passer l’aspirateur, le fameux), masser, envelopper bébé grâce à des positions, des manières de le porter, et ne pas négliger une bonne séance chez l’ostéopathe (durant la naissance le bébé subit des pressions, ne l’oublions pas) ou un problème de RGO et d’intolérance aux protéines de lait de vache.

Bref, vous l’aurez compris, un livre indispensable, et vraiment top.

Une lecture à compléter par le chapitre « Les pleurs du nourrisson » dans Il n’y a pas de parents parfaits de Filliozat ainsi que l’ouvrage Au cœur des émotions de l’enfant du même auteur notamment le passage où elle fait allusion à notre capacité à recevoir ces pleurs, quel que soit l’âge et la nécessité de se poser la question de notre propre histoire, « Les larmes nous émeuvent ».

Mais quoi qu’il en soit : accepter, considérer les pleurs du bébé et les apaiser. Même si l’on ne sait pas quoi faire, il vaut mieux qu’il pleure dans nos bras que seul dans son lit.

(Vous pouvez également lire un article qui parle des pleurs du nourrisson sur mon blog L’avis de Maman)

Kiki the Mum

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11 réflexions sur “Comprendre et apaiser les pleurs de son bébé

  1. Ma sage femme m’avait prété « Pleurs et Colères des enfants et des bébés » de Aletha Solter, qui est pas mal aussi pour mieux accepter et comprendre les pleurs.

    • Aletha Solther expose des théories un peu étranges selon moi comme quoi il serait notamment nécessaire qu’un enfant pleure un minimum chaque jour et CS Didierjean Jouveau en parle d’ailleurs dans son livre Ne pleure plus bébé !

  2. Chichi a différentes façons de pleurer et généralement, je sais reconnaitre sauf ceux de la nuit… face à ceux là, en ce moment je suis un peu désemparée… quoique depuis 2 jours ça s’améliore.
    Puis à bientôt 10 mois, désormais, il dit « mamam » dans ses pleurs quand il a faim ou « teuteu » quand il a perdu sa tutute dans son lit mais il faut avoir l’oreille attentive ;)

  3. Merci pour ton article ; on pourrait aussi évoquer les bénéfices du portage physiologique en écharpe, qui soulage de nombreux pleurs de bébé (pas vraiment ceux de la faim, encore que cela puisse pour certains bébés et selon la situation le faire patienter un peu… ou des couches souillées, bien sûr) !
    Apaiser et accompagner… pourquoi les bébés seraient-ils les seuls être qu’il soit normal de laisser souffrir sans rien faire ?? Ils ont besoin plus que quiconque de ne pas être laissés seuls devant leur douleur (car ils pleurent de douleur quelle que soit la raison de leur inconfort physique ou psychologique) , étant passés in utéro d’un état de bien-être permanent à un état étrange qui varie les inconforts et les plaisirs : mettons-nous un peu à leur place ! Ils auront bien le temps en grandissant, de comprendre la vie et ses nécessités … ;)

  4. Pingback: Pleurs du nourrisson pour les Vendredis Intellos «

  5. Merci beaucoup de ta contribution sur ce sujet inépuisable que sont les pleurs des bébés… Inépuisables parce que tous les parents y sont confrontés, inépuisables aussi parce que les réponses à y apporter sont constamment à renouveler …
    Personnellement, cette étape là a été très difficile avec l’APA… à l’époque je n’étais pas préparée à devoir le garder constamment sur moi et c’est néanmoins la seule chose qui l’apaisait…

    Sinon, suite aux commentaires, je vous renvoie à la contribution de la Poule Pondeuse pour les VI sur le bouquin Aletha Solter
    https://lesvendredisintellos.com/2011/08/26/mon-bebe-comprend-tout/

    Je vous invite également à consulter le Pearltrees des Vendredis Intellos dans la section consacrée aux pleurs de bébés..
    http://www.pearltrees.com/#/N-p=24219153&N-reveal=5&N-u=1_352289&N-fa=3225876&N-s=1_3225953&N-f=1_3225953

    Et enfin, la contribution de Caro La Cheche sur le même ouvrage…
    http://histoiredenombrils.wordpress.com/2011/07/29/ne-pleure-plus-bebe/

  6. Pingback: Une petit remise en question au 1er janvier ? J’ai des enfants, c’est toute l’année ! [mini-debrief] « Les Vendredis Intellos

  7. Je suis en plein dedans… Et effectivement, depuis que j’ai décidé de faire mon petit cycle « change – tétée – calin » à chaque fois qu’il pleure… Il pleure moins. Le plus dur étant lorsqu’il s’endort au sein après seulement 5-10 minutes de tétée, car il pleure de nouveau peu de temps après. J’ai du mal à supporter les pleurs de fin de journée, quand à 22h il n’arrête pas et que rien ne le calme. Brice dans ces cas là est d’un grand secours : sa voix grave l’apaise et il le pose contre lui en respirant doucement pour le calmer. Souvent ça marche. Ou le doigt dans la bouche pour téter sans manger. En fait, les pleurs sont d’autant plus difficiles à supporter que je suis fatiguée :) !

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