Et si les retrouvailles idéales n’étaient qu’une histoire de communication ? [mini-debrief]

Les fêtes de fin d’année sont bien souvent le temps des repas de famille au sens large. Parents, grands-parents, enfants, petits-enfants, oncles, tantes, cousins, famille éloigné, belle-famille… tous se retrouvent en une ou plusieurs fois autour de grandes tables où il est quasi impossible de parler à tout le monde et où l’on se contente de nourrir des bribes de conversation entre la dinde et la bûche, abîmés par quelques verres de trop.

Avant cela, on appréhende les retrouvailles avec le macho, celui qui vote à droite, celui qui vote trop à gauche, celui qui a osé divorcer, celui qui a trompé sa femme mais qui est la seule à ne pas le savoir, ce frère que l’on jalouse, cette soeur que l’on n’aime pas vraiment beaucoup, ce grand-père sénile, etc. On appréhende tellement que la fête est gâchée avant d’avoir lieu. Et après la fête, on se souvient que l’on a revu tout ce petit monde que l’on n’avait pas très envie de revoir et que, décidément, Noël a un arrière-goût amer.

Sans doute parce que les familles sont les lieux où les secrets sont les mieux gardés, preuve que la communication est très difficile voire inexistante. Sans doute parce que les familles sont les lieux où il ne fait pas bon dire son malaise, mais où l’on juge facilement l’autre. Un peu de communication non-violente pourrait sans doute résoudre bien des soucis. Et éviter de se gâcher des fêtes à cause d’un idéal que l’on ne parvient pas à atteindre parce que l’on est humain – donc sensible.

Chez Conseils Educatifs, on aborde justement la « joie » à double tranchant des retrouvailles familiales traditionnelles en cette fin d’année. Tradition à laquelle les plus chanceux auront échappée, mais à laquelle l’écrasante majorité se sera pliée. Double tranchant parce qu’il y a la joie de revoir ceux que l’on n’a pas vus depuis fort longtemps – un an souvent – et qui ne prennent jamais de nos nouvelles – et vice-versa -, mais aussi la joie de revivre les conflits non réglés et les plaies non pansées du passé. Parce que c’est aussi ça que ravivent les fêtes de fin d’année. Parents, nous nous accrochons à nos enfants pour supporter cela. Mais globalement, ces grandes réunions de famille sont à un moment ou à un autre l’occasion de repenser voire de reparler de ce qui est resté en travers de la gorge. Tout ce qui a blessé un jour ou l’autre car il manquait un peu de tolérance ou d’empathie, car il y avait trop d’étiquettes données aux uns ou aux autres… en clair : trop peu de recours à la communication non-violente. Et si dans quelques années les réunions de famille étaient plus apaisées, moins sources de stress, grâce à la communication non-violente que nous tentons de mettre en place avec nos enfants dès le plus jeune âge ?

Chocophile aborde également ces soucis de tensions familiales au moment des fêtes. La faute à la pression qui s’exerce par le mythe de la « magie de Noël », qui impose à chacun d’être heureux et doux et gentil et d’aimer tout le monde. Or, une famille n’est par essence pas un cercle d’amis choisis. Donc, on ne peut pas aimer tout le monde. Ou plus exactement, si l’on peut aimer tout le monde (cela doit être possible j’imagine), on ne peut pas ne pas avoir de rancoeurs, de regrets, envers telle ou telle personne pour tel ou tel événement. Alors on culpabilise parce qu’on n’aime pas ces réunions forcées ? Il ne faudrait pas… Il faudrait s’autoriser à y échapper, même. Parce que parfois, c’est trop difficile de prendre sur soi pour correspondre à l’idéal fantasmé collectivement, l’idéal fantasmé par les parents ou les grands-parents. D’autant que la famille, au sens large, est le théâtre de bien des soucis de communication, de jugement hâtifs et, malheureusement, durables. Là encore, c’est la communication qui fait défaut. Les aînés qui jugent, les cadets qui se sentent emprisonnés par l’idéal instauré dans leur famille depuis trois générations. Les cadets qui jugent les aînés ringards et voudraient faire autrement, les aînés qui aiment leurs traditions. Difficile coktail, loin de la magie relatée par les contes de Noël, dont on ne peut sortir qu’en se parlant sans se juger – ce qui, parfois, est simplement impossible malheureusement.

Cela dit, pour finir sur une note positive, allons faire un petit tour chez Flo la Souricette qui nous parle en douceur des rêves des enfants, qui reflètent nos préoccupations à tous et nos valeurs. Ces rêves que nous acceptons parfois de vivre avec eux, pour ne pas les briser, Pour cela, il faut faire appel à nos ressources en imagination, bien entendu, mais aussi en communication. Se mettre à la hauteur des enfants, savoir entendre ce qu’ils ressentent pour le partager et être capable d’échanger avec eux. La communication non-violente prend là toute sa place. Ecouter, ne pas juger, dialoguer. La magie de Noël ne serait-elle pas là, plutôt que dans des cadeaux qui, s’ils servent l’idéal de consommation, n’achèteront jamais la paix dans une famille – aussi nombreux soient-ils ?

Passez de joyeuses fêtes de fin d’année !

Cécilie

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2 réflexions sur “Et si les retrouvailles idéales n’étaient qu’une histoire de communication ? [mini-debrief]

  1. Merci beaucoup d’avoir accepté de prendre en charge ce thème et de le lier à la question de la communication non-violente…
    Personnellement, après toutes ces semaines de réflexion et de remise en question sur les VI notamment, les relations familiales lors des fêtes de Noël m’ont, je dois dire, un peu péter à la figure…
    Comment comprendre qu’en quelques jours, voire quelques heures, nous nous retrouvions à jouer le même rôle que nous occupons depuis des années et des années???!!! Moi, la maman plutôt épanouie et heureuse de vivre, je me retrouverai d’un coup adolescente ombrageuse et froide…??? Je réalise que non seulement ces carcans nous rendent malheureux mais bien plus encore qu’ils n’ont jamais correspondu aux personnes que nous sommes mais n’ont jamais répondu qu’au désir de certains de nous circonscrire…
    Alors OUI, en ce temps de désirs et souhaits, j’ESPERE de tout coeur que nous donnerons la chance à nos enfants d’être toute leur vie des êtres en devenir, que nous les respecterons et que nous les aimerons aussi longtemps que nous vivrons gratuitement ni pour leurs actes, ni pour les qualités supposées ou imaginaires, que nous accepterons de leur confier par amour et par confiance, entièrement et sans amertume, la responsabilité de leur existence…

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