Violences éducatives : se libérer de son histoire, trouver sa propre voie [mini débrief]

L’éducation que nous avons reçue, faite de bons moments que l’on chérit très longtemps et dans lesquels on va puiser lorsque ça na va pas, mais aussi de fantômes qui nous hantent toute notre vie. La balance entre les 2 versants de cet héritage peut être équilibrée ou pencher très franchement d’un côté ou de l’autre. Certains sont plus mal lotis que d’autres, certains devront gravir une pente plus raide que d’autres pour parvenir à rétablir cet équilibre au moment de fonder leur propre famille. Ca n’est pas juste, c’est un combat quotidien, c’est ce qui nous forge paraît-il…

Ce qui sera souvent le plus dur à « digérer » pour les personnes ayant vécu une éducation peu harmonieuse, peu sécurisante, c’est la violence qu’elles auront pu subir. Violence physique, violence morale, violence à base de négligence, de négation de leur personne ou de leurs besoins, violence répétée…

Kiara nous fait partager la tentative de carthasis de Kafka, qui dans sa Lettre au père, tente de mettre en mots ce qui l’a toujours effrayé chez son géniteur, cet homme autoritaire et violent qui cherchait sans cesse à asseoir sa supériorité sur le reste de sa famille. Une tentative par laquelle nous passons tous plus ou moins, de différentes façons, selon l’étendue des griefs que nous portons à nos parents, notre capacité à les exprimer, notre crainte ou non du conflit, le degré de remise en cause que nous vivons à l’adolescence, etc.

Autour des violences physiques plus particulièrement, deux autres contributions nous interrogent.

Tout d’abord celle de MissBrownie, qui s’est fait l’écho d’un reportage d’Arte concernant la Suède et sa loi anti-fessée, intitulé «Au pays de la fessée interdite ». Un reportage que je n’ai pas vu mais dont je me souviens qu’il avait suscité des commentaires sur Twitter et des encouragements à le visionner. Je remarque qu’il a aussi suscité de nombreux commentaires suite à la réflexion menée par MissBrownie dans son article. C’est un sujet qui nous touche, tous parents que nous sommes car il peut résumer l’étendue de notre mission : comment élever notre enfant, lui enseigner les règles de la vie en société, de l’épanouissement personnel et du respect d’autrui, sans faire usage de la violence lorsque nous jugeons son comportement inadapté ? Cette volonté croissante des parents de ne pas faire usage de la violence et de chercher d’autres méthodes d’apprentissage, de résolution des conflits, pousse à dire que les enfants d’aujourd’hui n’ont plus de cadres. Je trouve cette réflexion perverse, finalement. Est-ce à dire que la violence, plus banalisée autrefois, constituait un cadre ? Elle avait effectivement tendance, en générant la peur, à empêcher des comportements inappropriés par crainte des représailles mais est-ce là le fondement de l’éducation ?

C’est aussi la question que s’est posée Maria Montessori, dont FloLaSouricette nous offre un portrait et une petite biographie fort enrichissante. Dans laquelle elle nous livre le cheminement de cette grande dame, l’ambition de toute une vie, d’élaborer et faire connaître une pédagogie qui permettrait à chaque enfant de développer harmonieusement son potentiel. Et elle évoque également, bien sûr, l’inutilité de l’usage de la violence, a fortiori chez de très jeunes enfants, des bébés dont les élans vitaux les poussent à toucher et découvrir le monde, élans propices à leur développement qui ne doivent pas être freinés mais encouragés, guidés, accompagnés avec bienveillance.

Pour conclure, je voudrais vous inviter, si comme moi vous n’aviez pas encore eu le temps de le faire, à aller lire les commentaires à l’article de MissBrownie : j’ai trouvé que le débat était réel et le témoignage de Marion particulièrement enrichissant. Même s’il est intéressant de se pencher sur les violences passées, je pense que le plus gros enjeu de notre parentalité concerne les violences qui sont encore faites aujourd’hui et « comment faire autrement », comme apprendre, en tant que parents et porteurs de notre propre histoire de la violence éducative, à réagir sans violence, pour que celle-ci ne soit plus un réflexe ou une solution pour les générations de nos enfants.

Madame Sioux

Publicités

3 réflexions sur “Violences éducatives : se libérer de son histoire, trouver sa propre voie [mini débrief]

  1. Bravo et merci d’avoir pris en charge à merveille ce sujet difficile, complexe et au coeur de l’actualité (projet de loi anti-fessée, bouffées nostalgiques autour de l’autoritarisme, spectre de l’enfant roi…).
    Comme toujours tu nous a donné à profiter de la finesse de ton esprit et de la tolérance de ton jugement….et ce, malgré ta fatigue, qui n’est ici, pas même perceptible!! Merci encore!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.