Quand on est parent, la grande difficulté à laquelle on se confronte, c’est la société. On fait des choix d’éducation, sur ce que l’on veut transmettre à son enfant. Puis l’enfant entre dans la société… Un premier pas effectué au moment de l’entrée en collectivité, à la crèche ou à l’école. Une première grosse remise en question pour nous, parents.
Et c’est là que le bât blesse : nos choix personnels se retrouve alors remis en question par cette intégration de l’enfant dans la société, à ces règles communes parfois en contradiction avec nos aspirations en tant que parent.

Conseils éducatifs nous parle justement de l’école et du fait d’y être bien. Hum, délicate question. Ce bien-être, comme le dit l’auteur dont nous parle Conseils éducatifs, dépend des parents – et de leur capacité à laisser l’enfant mais aussi à lui donner une sécurité affective suffisante – mais aussi de l’école elle-même. Si à la crèche on laisse l’enfant évoluer assez librement, en respectant son rythme, son âge, à l’école, il en est différemment. Bien différemment. Le contraste est d’ailleurs… effrayant. Déjà le ratio adulte/ enfant en dit long. D’un adulte pour 8 enfants en dernière section de crèche (les 2-3 ans), on passe à 1 pour… 30 ? Cela laisse entrevoir les possibilités qu’a l’adulte d’autoriser l’enfant à sortir des sentiers battus imposés. L’enfant doit se plier aux consignes, s’adapter au rythme dicté par l’adulte, et surtout, obéir sans moufeter. Une bien jolie vision offerte pour cette entrée en matière dans la société…

La société qui installe des habitudes, auxquelles on ne réfléchit même plus parfois… RPLY elle, si. Elle nous apporte le fruit de sa réflexion sur les bijoux et les enfants. Un sujet qui a fait débat, s’il on en croit le nombre de commentaires passionnés laissés suite à ce billet. Le but ici, n’est pas de dire c’est bien, ou ce n’est pas bien, mais de susciter la réflexion face aux choix que l’on a à prendre en tant que parent. Mettre un bijou à un enfant sans son consentement, parce que c’est joli n’est pas si anodin pour moi. Faire percer les oreilles à une enfant est une intromission violente (si vous le souhaitez, vous pouvez approfondir la question sur le très bon blog The Alpha Parents que l’ont m’a fait découvrir il y a peu). La question qui sous-tend ce sujet de prime abord léger est la question de l’intégrité du corps de l’enfant. Un sujet qui me tient ô combien à cœur. Respecter le corps de l’enfant me semble essentiel. Imaginons-nous quelques instants faire subir la même chose à un frère, une sœur, une collègue ? Impensable non ? Cette question de l’intégrité du corps de l’enfant va même jusqu’à remettre en question des activités comme les chatouilles : il me semble avoir lu quelque chose à ce sujet qui m’avait interpellé. (Peut-être Brazelton évoque le sujet mais je ne suis pas sûre.) Qu’il était préférable de laisser à l’enfant la possibilité de se défaire de ces chatouilles, de ne pas les lui imposer trop avant qu’il ne puisse exprimer le fait qu’il n’en veuille pas. Cela semble assez radical… Mais mérite une réflexion. Après tout, qui aime se faire chatouiller à n’en plus pouvoir ? Cela ressemble même à un joli instrument de torture. Le corps est un médium qui permet à l’être humain de communiquer, d’entrer en communication avec l’autre, par les gestes mais peut très vite se retrouver l’objet de l’autre.

Une société qui se dessine insidieusement également… à travers les jouets. Phypa nous rappelle un fait étonnant que l’on oublie trop souvent : les jouets sont inventés et façonnés par des… adultes ! L’objet « jouet » reflète alors une société donnée, celle à laquelle l’adulte qui l’a conçu appartient. Et c’est ainsi que le jouet devient lui-même acteur dans la construction de la représentation de la société pour l’enfant. Un double effet Kiss Cool quoi. Cette sociologie du jouet que nous présente Phypa est assez passionnante en cela qu’elle donne une autre vision du jouet. Une question qui me semble importante quand on sait le rôle fondamental que joue le jeu et le jouet dans l’apprentissage et la construction de l’enfant. Un objet finalement pas si anodin…

Mais que l’on se rassure. Même si ce mini-débrief est un peu morose, finalement, je me dis : « La société, c’est nous ». Et si chaque individu décide de faire des choix différents, de réfléchir, cette société, elle évoluera :)