La sociologie du jouet

En cette période d’intenses préparatifs de Noel, pour tout adulte ayant des enfants dans son entourage, l’achat du jouet est une grande question.

Dans un article du journal Le Monde paru aujourd’hui, on apprend que cette année, les toupies Beyblade et les poupées gothiques devraient faire un carton.

Et aussi que  » Il y a toujours un écart entre les jeux sérieux que les parents veulent en septembre et ceux dont les enfants rêvent en décembre » d’après une étude réalisée sur les dépenses de Noël.

Le jouet est aussi un intéressant objet d’étude sociologique, si on en croit cet article de Gilles Brougère, professeur de sciences de l’éducation à l’Université de Paris Nord, même s’il est encore peu étudié en France sous cet aspect là.

« Le jouet est d’abord à considérer comme un média, un support de significations produites par des adultes pour des enfants.C’est en cela qu’il est un produit culturel, d’autant plus important qu’il ne porte pas des significations au sens où tout objet, révélateur de la culture d’où il est issu en porte, mais en ce qu’il transmet des significations indispensables pour assurer sa fonction de jouet »

Imparable : le jouet est bien conçu par des adultes qui à travers lui transmettent une part de leur vision du monde.

Selon l’auteur, le jouet revêt trois aspects  :

– l’élément du monde réel ou imaginaire qu’il représente (un personnage, un animal, un objet de la vie quotidienne)

– l’enfant auquel il est destiné , en général selon son âge et son sexe

– sa fonction, le jeu auquel il sert

« Il en résulte que le jouet porte des significations complexes et se présente un objet culturel d’une grande richesse, témoignant de l’image de l’enfant et de ses activités. Mais il est plus que témoignage puisque choisi, manipulé par les parents et les enfants il contribue à construire les représentations légitimes de l’enfance dans une société donnée »

Par ailleurs le jouet est la plupart du temps un cadeau fait par les adultes à l’enfant, et le mythe du Père Noel permettrait « d’atténuer la violence symbolique du don sans contre-don à travers le mythe d’un donateur extérieur au donateur réel »

Une idée à méditer par ailleurs , en dehors de Noel : recevoir sans donner signifie à nos enfants une situation de dépendance qui peut être trop lourde.

Toujours est-il que « le contexte de la réception » du jouet n’est pas neutre.

Et ce que l’enfant va faire de ce jouet, dépend aussi largement de son histoire personnelle, et de sa culture.

Le jouet est aussi un  médiateur de socialisation , « cet élément commun qui permet de construire quelque chose ensemble ».

Et ici quelques idées de jeux à pratiquer avec des touts-petits

Bon très honnêtement, quand j’achète un jouet à un enfant, je ne pense vraiment pas à tout ça, surtout lors du choix d’un jouet pour Noel.

Je crois que je me mets à la place de l’enfant , et … je joue en rêve (ou pendant que les enfants sont couchés :-))

Sûr que j’ai envie de partager un plaisir de ma propre enfance, avec plus ou moins de succès, car l’usage qui est fait des jouets est souvent très inattendu.

(Ici, les Barbies piquent la voiture d’Action Man, et les Gormitti hantent les châteaux écossais)

Phypa

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6 réflexions sur “La sociologie du jouet

  1. Merci beaucoup pour cette très chouette référence qui tombe à pic!!! Cette année, une fois n’est pas coutume, aucun des affreux n’a demandé de jouet hyper-mode-qui-ne-servent-à-rien-d’autre-qu’impressioner-les-copains…. youpi!!! Pas de spiderman, de Hello Kitty, de Beyblade, de Barbapapa etc… c’en est même suspect à vrai dire!!!
    Sinon, pour le coup du don sans contre don, je trouve cela extrêmement pertinent, à titre personnel ça me fait penser au fait que quand l’Anté-pré-ado était petit et que j’avais envie de lui offrir un petit quelque chose, j’avais pris l’habitude de lui dire « j’ai rencontré Spiderman et il m’a donné ça pour toi »…ce qui libérait sans aucun doute ma conscience de maman à l’idée d’avoir offert une babiole en dehors de toute occasion « officielle »…

  2. Pourquoi dire « jouets-hyper-mode- QUI NE SERVENT A RIEN?
    A mon sens, il n’y a pas de jouet qui ne serve à rien.
    Déjà,ils servent à intégrer l’enfant dans la cour de récré. Alors oui, on peut refuser d’être un mouton, vouloir assumer sa différence, etc….. mais dès fois, c’est bien d’être juste comme les autres, ça porte aussi un nom, vivre en société.
    Et puis après ils servent à l’imaginaire. Mon fils n’a jamais voulu de DS ou de Pokémon. Mais les beyblades, il y joue sans cesse. Pourquoi Beyblade et pas un des deux autres? Je l’ignore. Comme quoi, chacun sa sensibilité ou son imaginaire….

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