Accoucher à domicile. Chapitre 1: pourquoi l’AAD. Témoignage de deux mamans.

Nous sommes deux mères de famille : Maybeegreen et Vert Citrouille. Nous avons toutes deux accouché à la maison. Pour vous faire partager cette expérience nous avons rédigé un très long article que nous posterons sur plusieurs semaine chapitre par chapitre.

Un article à quatre mains… dix je devrais plutôt dire, car nous avons aussi sollicité nos chéris pour qu’il nous racontent leur ressenti ,et la Grande fille de Maybeegreen témoignera sur ce qu’elle a vécu lors de la naissance.

Aujourd’hui chapitre 1 : pourquoi avons-nous accouché à la maison ?

Combien as-tu d’enfants Maybegreen? Où sont-ils nés ? Pourquoi t’es-tu tournée vers l’AAD ?

 J’ai 5 enfants, nés en 2000, 2002, 2004, 2007 et 2010. J’ai 34 ans. […]

Je me suis tournée, totalement soutenue par mon mari, vers l’accouchement à domicile suite à un cheminement progressif que je vais tenter d’expliquer. Rien ici de religieux, ni de « spirituel », pas de soudaine prise de conscience non plus, ni de refus absolu du médical.

Mes accouchements successifs ont été de plus en plus respectueux et ouverts sur la découverte de mon corps, de la physiologie de la naissance et des bébés Naissants * , de ce que j’étais capable ou non de faire, ainsi que mon chéri, de ce que j’étais en mesure d’accepter ou de refuser pour la santé et le bien-être de mon bébé et pour moi-même. […]

Et toi Vert Citrouille, combien as-tu d’enfants? En quelles années sont-ils nés ? Quel âge as-tu ?

J’ai trois enfants né en 2007, 2008 et 2010. J’ai 31 ans. Je n’approche donc pas non plus de la quarantaine !

Je crois que tu as décidé dès ta première grossesse d’une naissance à la maison… Qu’est-ce qui t’a amené (et ton chéri) à faire ce choix ? Où tes enfants sont-ils nés ?

Dès ma première grossesse je savais que je voulais un accouchement naturel. Accoucher me semblait un acte normal. Même si cela était encore du domaine de l’inconnu, je m’en sentais tout à fait capable. Je pense qu’inconsciemment l’histoire de ma naissance a joué.

[…]

Pour la suite de notre témoignage c’est ici (blog de Vert Citrouille) et ici (blog de Maybeegreen)

Pour le chapitre 2, il faudra attendre la semaine prochaine où nous aborderons la préparation à l’accouchement.

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24 réflexions sur “Accoucher à domicile. Chapitre 1: pourquoi l’AAD. Témoignage de deux mamans.

  1. coool! Moi qui suis fort interressée par l’aad pour le prochain bébé. Mr ne trouve pas ça rassurant, je compte bien pouvoir lui prouver qu’on ne fait pas n’importe quoi. ;)

    • Notre témoignage sert exactement à cela, à faire connaître l’AAD, à faire tomber les clichés. Comme tu as pu le lire dans mon récit, mon mari n’était pas très rassuré non plus lorsque nous avions envisagé l’AAD pour la naissance de notre premier enfant, il a finalement changé d’avis surtout lorsqu’il a rencontré So notre sage-femme qui l’a tout de suite mis en confiance. J’avais lu d’autres témoignages dans ce sens.
      De futurs mères expliquaient que quand leur conjoint avait rencontré la sage-femme, cet échange les avait rassuré et ils s’étaient lancé dans cette aventure, peut-être est-ce du au fait d’avoir une professionnel en face d’eux et pas seulement leur femme ou des bouquin qui décrivent au combien c’est merveilleux !
      En revanche, je sais aussi que quand le père est totalement opposé et que la sage-femme ne le sent pas du tout investit dans cette naissance, certaine refuse d’accompagner le couple.

  2. C’est vrai qu’on vit dans une société où la vie de femme est très médicalisée, où le corps médical a pris l’habitude de décider à notre place.
    Mais deux générations auparavant, nombreuses étaient encore les femmes qui mourraient des suite d’un accouchement.
    Entre ces deux situations, il y a sûrement un juste équilibre à trouver, et surtout à instaurer plus de respect dans les choix de chacune.

    • Oui, sauf que 2 générations d’avant, il n’y avait pas le confort et la sécurité d’aujourd’hui (électricité, eau chaude, équipement médical apporté par la sage-femme accompagnant à domicile, téléphone, transport vers l’hôpital en cas de doute) ni surtout le savoir-faire des sages-femmes à dom. qui ont une très grande connaissance de la femme qu’elles accompagnent depuis des mois jusqu’au jour de la naissance, et qui sont passées par de nombreuses années de pratique en clinique ou hôpital… beaucoup de compétences, d’observation, de possibilités d’évaluation qui rendent l’accouchement à dom. aussi sûr qu’un accouchement en structure. Donc cette idée des femmes qui accouchaient auparavant dans des conditions déplorables est complètement obsolète en Occident et hors de propos ! Accoucher à la maison c’est un choix mesuré et réfléchi.

      • Il est clair que l’accouchement à la maison comme l’accouchement à l’hôpital ont tout deux profité du progrès médical et c’est tant mieux!! Aujourd’hui, des études montrent assez clairement le cadre nécessaire pour qu’un AAD se passe sans risque (notamment absence de pathologies, grossesse simple, présentation céphalique, etc…) apparemment, le risque demeurerait légèrement supérieur par rapport à l’accouchement à l’hôpital dans le cas d’une première grossesse que dans le cas des suivantes où aucune différence ne semble apparaître…ceci étant, cette évaluation est toujours sujette à de nombreux biais dont les études n’expliquent pas toujours comment elles s’en sont affranchies (AAD non programmé où les risques sont beaucoup plus grands, et inversement grossesses à haut risque exclusivement accueillies en hôpital).
        Dans un autre cadre, je suis en train de lire « Prime éducation et morale de classe » de Boltanski, qui raconte comment au début du XXème siècle, l’état a oeuvré pour l’acculturation des masses de façon à rendre incontournable pour le meilleur et pour le pire, l’instituteur et le médecin, l’un étant indissociable de l’autre… je n’aurais pas la place de développer plus ici, mais cela laisse songeur…!

  3. Petit retour en arrière…

    Au XIXème et début du XXème siècle la première cause de décès est la fièvre puerpérale (infection du au streptocoque hémolytique). Le risque est moins grand quand les femmes sont accouchées à la maison par des sages-femmes.
    Le nombre de décès en couche diminue significativement à partir des années 40 car on découvre les sulfamides pour lutter contre les streptocoques et septicémies, l’ergométrine contre les hémorragies et la pénicilline contre les infection du post-partum. La France passe ainsi d’un taux de mortalité de 300 pour 100 000 à 81 pour 100 000 en 1951. En 2000, le taux était de 17 pour 100 000 en France (plus élevé qu’en Suède -2-, qu’en Espagne -4-, qu’au Portugal ou encore au Danemark -7-)

    Depuis toujours la première grossesse a été la plus dangereuse pour la mère, le risque diminuant ensuite pour remonter à partir du sixième enfant (multiplié par 2 à partir du douzième). Le nombre de femmes mourant en couche était aussi plus élevé au XVIIIème car elle avaient plus d’enfants, en moyenne entre 5 et 10 et était en moins bonne santé (rachitisme entre autre). Le taux de mortalité était à l’époque de 1000 à 3000 pour 100 000. Actuellement certains pays d’Afrique comme le Niger ou le Mali ont ces même taux de mortalité (supérieur à 1000 pour 100 000).

    En conclusion, la baisse de la mortalité en couche n’a pas toujours été linéaire, en particulier de 1850 à 1950 avec la hausse des accouchements en milieu hospitalier on a pu constater plutôt une hausse des décès maternels. Et si les innovations médicales ont joué un rôle important, il faut aussi tenir compte de l’amélioration de l’environnement économique et social (alimentation, logement, vêtement, réduction des naissances, législation sur l’avortement).

    Si vous voulez en savoir plus lisez : Les mères et la mort: réalités et représentations d’Elisabeth Lamothe et Julie Sauvage.

    • Merci pour ces précisions . Il y a dans notre histoire familiale, une grand mère morte des suites d’un accouchement à la maison dans les années 30, et la conviction -erronée ? – que cela ne serait pas arrivé à l’hôpital.
      Et pour faire écho à Mme Déjantée, dans notre famille, beaucoup d’enseignants, un infirmier, un chirurgien… Bref toute la culture qui pousse à faire confiance à l’instituteur et au médecin :-))
      En même temps , je ressens une (trop ?) grande emprise du médical sur nos vies de femme. Je me demande d’ailleurs si ce positionnement autoritaire du corps médical n’est pas une spécificité française ? La médecine n’aurait-elle pas d’une certaine façon pris la place des curés dans « direction des consciences » ??? Mais c’est un tout autre débat.

      • Je vais essayer de vous mettre des extraits du texte que je suis en train de lire, car je crois que l’on se situe assez proche de l’idée que tu évoques… ce qui ne remet en rien en cause la nécessité du savoir médical même si une partie de son autorité fait question…

  4. Le débat est vraiment intéressant! j’aimerai bien lire d’autres interventions sur le sujet de l’AAD et de l’emprise de la médecine sur nos consciences! (deux sujets distincts en fait). Pour ma part, ce n’est pas le problème de la médicalisation ou non qui me pousse à ne pas envisager l’accouchement chez moi.
    Non, je me dis juste que je préfère, pour moi, que cet événement se passe hors de l’espace, du lieu quotidien qu’est le domicile. D’autant que je suis locataire… et je serais plutôt tentée par une maison des naissances,( mais dans le secteur public!), l’accès à un plateau technique, avec un accompagnement personnalisé au delà des 3 jours réglementaires!

    • Hello à toutes !

      Un petit commentaire en passant, beaucoup de femmes mouraient en couches il y a un siècle… certes, et beaucoup de personnes qui mettraient les pieds à l’hôpital n’en ressortaient pas vivants…
      Un grand « progrès » tout simple est le grand oublié quand on parle de mortalité et de santé à cette époque et avant : Personne ne se lavait les mains ! C’est tout bête, n’est-ce pas, mais c’est pourtant une des plus grandes avancées de l’histoire de la médecine, aux côtés d’autres …
      un petit extrait :
      « En 1847 Ignace Philippe Semmelweis (1818-1865) a réduit de façon spectaculaire le taux de mortalité par fièvre puerpérale chez les mères admises à la maternité en exigeant simplement des médecins qu’ils se lavent les mains avant d’assister les femmes dans leur accouchement. Sa découverte préfigurait celle de la théorie des germes. Cependant, ses recommandations n’étaient pas appréciées par ses contemporains et elles n’ont été mises en œuvre et généralisées qu’avec les découvertes du chirurgien britannique Joseph Lister qui, en 1865, a énoncé les principes de l’antisepsie dans le traitement des plaies. Cependant, le conservatisme médical face aux percées de la science ont empêché ses travaux d’être réellement appliqués avant la fin du XIXe siècle.
      (…)
      La participation des femmes aux soins médicaux (en dehors du rôle de sages-femmes, d’assistantes et de femmes de ménage) a été initiée par des gens comme Florence Nightingale. Dans une profession précédemment dominée par les hommes, ces femmes ont joué un rôle dans les soins infirmiers afin de réduire la mortalité des patients due à un manque d’hygiène et à un défaut de nutrition. Nightingale a mis en place l’hôpital St Thomas, après la guerre de Crimée, en 1852. Elizabeth Blackwell a été la première femme à étudier et par la suite à pratiquer la médecine aux États-Unis.
      C’est à cette époque qu’ont été développés de véritables remèdes contre certaines maladies infectieuses endémiques. Cependant, le déclin de la plupart des maladies mortelles est davantage lié à l’amélioration de la santé publique et de la nutrition qu’à la médecine. »
      extrait issu de wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_m%C3%A9decine

      Bon je ne dis pas que c’est la panacée , rassurez-vous, seulement, dans nos maison modernes, nous pouvons nous laver les mains, avons l’eau courante, de quoi se chauffer, etc… Ca aide ! Et les sages-femmes qui sont expériementées en AAD n’accompagnent pas à la légère !
      Cela dit, c’est tellement plus simple (quand on fait partie de la très grande majorité des femmes pour qui il n’y a pas de contre-indication à l’AAD – et que l’on a choisi de mettre son enfant au monde chez soi, avec une seule et même sage-femme pour avant, pendant et après !) et tellement plus facile de créer cette bulle hors du temps comme tu dis muuuum !
      ;)

    • Tiens, c’est intéressant.. Pourquoi ne pas donner naissance dans le foyer quotidien de la famille? Pourquoi avoir besoin d’un endroit « spécial », hors du quotidien? Et pourquoi cela poserait problème d’être locataire? L’AAD n’est pas réservée aux femmes qui sont propriétaires de leur maison ;-)

      • oui, pourquoi? Je ne peux pas l’expliquer, mais je préfère que la naissance, événement exceptionnel, ai lieu dans un autre contexte qu’entre la machine à laver et la caisse du chat… un lieu plus exceptionnel, où mes souvenirs se teinteraient de nostalgie, loin de la banalité.
        Puis pour moi le bien immobilier est lié à la base d’un lien solide de la famille, maison chaleureuse et unique, qui se transmet, où s’écrit l’histoire d’une famille. Loin de moi l’idée d’une pratique liée à une « classe », à des privilèges financiers. Pour moi, je suis en location, je suis en transite. Dans ces 4 murs s’inscrivent le quotidien, mais pas vraiment l’histoire de ma famille…

        • Ah, il y a des lieux plus confortables pour accoucher chez soi qu’entre la machine à laver et la caisse du chat, lol!
          D’ailleurs les mamans s’installent souvent un endroit bien à elles, où elles ont envie d’accoucher en particulier. Même si au moment M, cela ne se passe pas forcément comme elles avaient prévu.
          C’est marrant, cet idéal d’une maison de famille, et de se dire qu’on est transit si on n’est pas propriétaire… Il y a des gens qui seront en transit toute leur vie, alors.
          Du coup, est-ce qu’on peut s’impliquer dans sa vie, ou est-ce qu’il faut « attendre »? Pour moi, la vie de famille se vit dans le foyer familial, c’est le quotidien qui fait cette vie, qui la constitue. Et la naissance d’un enfant, c’est un événement exceptionnel, qui nous lie tous ensemble au sein de la famille et de l’endroit où on vit ensemble.
          En quoi une maison de naissance, lieu hautement provisoire et transitoire, pour le coup, serait un lieu plus « idéal » pour mettre un enfant au monde? Il n’est pas à la mère, ce lieu, il n’est à personne, personne ne peut s’y inscrire dans la durée, y poser sa marque, y graver son histoire, au delà des quelques heures pour donner naissance, dans des odeurs, des lieux, des repères qui n’ont rien de familiers. Je peux comprendre que la MDN soit une solution intéressante, facilitante, en ce qu’elle minimise le côté « médical » (et encore, en France, j’attends de voir). Mais en tant que lieu exceptionnel, plus adapté à la naissance que la maison du quotidien, j’ai du mal à appréhender cette idée. Merci de cet échange en tout cas.

          • Je comprends vos arguments, je les intègre, mais je ne me résous pas (encore) à accoucher de l’hypothétique second dans mon lit ou dans la cuisine ou le salon! J’ai une copine qui l’a fait, j’ai lu des témoignages, tous très intéressants, mais… non. Et j’ai souffert d’un accouchement avec une équipe peut attentive à notre bien être, plus préoccupée de rentrer de vacances (un lundi 17 août) qu’a m’accompagner dans un moment unique et délicat. Alors, voilà pourquoi je trouve l’alternative MDN me correspondant mieux! Pour la maison, c’est certainement parce que cet « idéal » me rattache à mon enfance… merci aussi de cet échange.

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  6. Pingback: Accoucher à la maison – Chapitre 3 – Témoignage récits de 2 naissances AAD par maybeegreen « Les Vendredis Intellos

  7. Article très intéressant! J’ai hâte de lire la suite de vos parcours! Je suis maman de 5 aussi (2000 2001, 2004, 2007, 2010 ;-)), et j’ai 38 ans. Je suis partie de très, très loin, car la grossesse était une maladie potentiellement mortelle pour les femmes de ma famille, et j’ai vécu sous l’emprise médicale de ma vie de femme depuis toute jeune fille… Chacun de mes enfants m’a appris, et m’a réconciliée avec mon corps de femme, mes compétences de femme, ce fameux « empowerment ». J’ai accouché de mes 3 derniers enfants à domicile, mon petite dernier est né entre nous deux, avec le papa seulement. C’est quelque chose qui nous appartient très profondément, que jamais personne ne pourra remettre en question, cela fait partie de notre expérience de vie à tous deux.
    A vous lire bien vite!

  8. Pingback: Accoucher à domicile. Chapitre 3 : Récits de naissances, témoignage de Vert Citrouille | Les Vendredis Intellos

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