Vos enfants ne sont pas des grandes personnes

J’ai trouvé récemment à la bibliothèque ce livre paru en 1999 (et en cherchant une image, je viens de m’apercevoir qu’une réédition commentée est parue en 2010!)

« Vos enfants ne sont pas des grandes personnes » de Béatrice Copper-Royer.

Le livre commence par le cas de Benjamin, 9 ans, dont les parents se disputent la garde, et qui dit « C’est pire qu’avant, dès qu’ils se parlent, ils hurlent, et en plus ils veulent que je choisisse, mais moi, je ne sais pas, dit-il en plein désarroi, je suis pas une grande personne »

Plus loin :

« Il est sûr que tout porte les parents à voir leurs enfants plus grands qu’ils ne le sont en réalité. Presse, médias, publicitaires, prennent l’enfant comme interlocuteur privilégié, voire comme décideur. Et les enfants eux-mêmes se voient plus grands qu’ils ne sont, s’identifiant aisément aux adolescents des séries télévisées dont ils se repaissent , mimant leurs attitudes et calquant sur eux leur mode de relation aux autres, gommant eux-mêmes ce temps pour l’enfance après lequel ils courront plus tard, sans jamais pouvoir le rattraper… »

Ce thème est souvent abordé ici sous différentes formes, comme par exemple au sujet des minivamps ou dans ce livre dont je parlais déjà ici  « La confiance en soi de votre enfant » de Gisèle George ( éd. Odile Jacob 2007),qui pointe aussi où la perpétuelle anticipation des apprentissages. Et j’en oublie certainement.

Beaucoup de thèmes sont abordés, et je choisirai simplement de reprendre quelques extraits qui m’ont « parlé ».

Nous nous pensons obligés de donner à nos enfants programmés et précieux le bonheur absolu « rude tâche pour tous, et pour l’enfant d’abord, mis en demeure d’être « heureux »absolument, nonobstant ses peurs, ses colères, ses émois »

peut-être nous faisons nous malgré nous le reflet d’une société où l’on ne veut voir autour de nous ni conflit, ni souffrance…
(alors que paradoxalement, on ne peut pas laisser un enfant tout seul devant les informations, qui sont devenues assez gore)

Au sujet des rythmes :
« Chaque enfant a un rythme propre. Certains sont des rapides, plutôt efficaces, les pieds sur terre. D’autres sont plus lents, jamais là où on les attend, rarement prêts au bon moment. Bien des conflits familiaux tournent autour du rythme des enfants »
Que le parent qui n’a jamais perdu patience avec un enfant qui rêvasse au lieu de se préparer le matin jette la première pierre !!

Le jeu
« Le jeu a une vraie fonction structurante chez les enfants qui le pratiquent bien sûr par plaisir, mais qui ne jouent pas que par plaisir. Dans leur jeux, les enfants mettent en scène des scénarios imaginaires où s’expriment librement l’agressivité qu’ils ont tendance à réprimer car elle représente pour eux un danger : celui de perdre l’amour de leur entourage »
Là , je suis aussi convaincue qu’il faut laisser de la place au jeu et au rêve dans les emplois du temps déjà trop chargés de nos enfants.

« Faut-il s’inquiéter de la place énorme qu’occupent dans l’univers de l’enfant et de l’adolescent les jeux vidéos ? »
Une question que nous nous posons beaucoup. Et j’avais déjà parlé ici d’un livre sur la télé et les jeux vidéos et d’un autre qui explique aux parents pas mal de jeux connus
(en fait je suis convaincue que la meilleure façon de se faire une idée c’est de jouer nous même !!)
« S’il est difficile de poser un interdit absolu sur ces jeux – qui ont une place valorisée et valorisante aux yeux de tous- sans risque de marginaliser l’enfant, tout au moins peut-on là encore poser des limites, instaurer des règles et s’y tenir fermement »

Bien d’autres thèmes sont abordés, tels que la scolarité, ou la séparation des parents.

L’idée générale est de nous inciter à conserver notre place de parent qui agit en son âme et conscience, affronte son enfant lorsque c’est nécessaire.
Même si notre enfant nous reproche plus tard certains de nos choix, c’est structurant et rassurant pour lui qu’on lui oppose une certaine résistance, qu’on ne se laisse pas trop influencer par les modes ou par les diktats de l’école.

Rien de révolutionnaire, du bon sens, beaucoup d’anecdotes.

Ce  n’est pas le livre du siècle, mais c’est facile à lire et décomplexant.

Phypa

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3 réflexions sur “Vos enfants ne sont pas des grandes personnes

  1. Merci beaucoup de ton article… Tu vas peut être trouver ça drôle mais je me souviens parfaitement de ce que je ressentais étant enfant quand mes parents me disaient « tu n’es pas une grande personne »… pour moi ça voulait dire que je valais moins, que mes idées valaient moins, que mes sentiments valaient moins… qu’à ce titre, je n’avais ni droit, ni responsabilités… que mon existence ne devait être tournée que vers l’attente de ce jour où je serais enfin en pleine possession de mes moyens et où on me considérerait comme existant à part entière..!!
    Aujourd’hui, je m’aperçois en tant que maman que je suis d’accord avec cette assertion mais plus dans le sens où je la ressentais à l’époque… aujourd’hui, je consulte très fréquemment mes enfants à propos des décisions importantes que nous avons à prendre dans le cadre familial (déménagement, emploi, famille)… mon discours est toujours le même « je ne te demande pas de prendre la décision, c’est moi qui le ferai, car c’est moi l’adulte, mais ton avis m’importe et je souhaiterai le connaître »… c’est ma manière à moi de concilier la philosophie du bouquin que tu nous fais découvrir (avec ce qu’elle comporte comme bienfaits en terme de protection affective de l’enfant) et le souvenir de la petite fille que j’étais (et qui avait tant de choses à dire)…!!

  2. Oui je suis d’accord avec toi, il y a un équilibre subtil à trouver entre protéger nos enfants en assumant des choix qui doivent rester les nôtres, et les prendre en compte en tant que personne.
    Chez nous, on va les laisser choisir leurs vêtements, les livres et revues qu’ils ont envie de lire, mais par exemple pas le lieu de vacances, du moins pas pour l’instant.
    Je crois qu’il y aussi une idée de progressivité : à chaque âge son autonomie, ce qui en même temps leur donne envie de grandir, d’avoir des choses à conquérir.
    Et des choix qui nous sont personnels, comme la personne avec laquelle on vit, ou le métier qu’on exerce, dont ils n’ont pas à se mêler, sans que cela leur interdise d’exprimer ce qu’ils ressentent sur le sujet.

  3. Pingback: Respecter son enfant et se faire respecter (mini-débrief) « Les Vendredis Intellos

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