La solution viendrait du père

Il y a quelques jours, j’évoquais dans un billet, les difficultés que je rencontrais avec mini capuchon, concernant LES NUITS ! Comme beaucoup de parents, les nuits et le manque de sommeil sont devenus une véritable préoccupation. Préoccupation à laquelle les professionnels m’avaient répondu en me donnant l’ordre d’arrêter l’allaitement. La solution vendrait donc de là.

Il se trouve que si je manque de confiance en moi, il y a des sujets sur lesquels je peux me montrer féroce et très tétue. L’allaitement ou non de mon enfant en fait partie. Je suis donc, sur les conseils de quelques lectrices, allée lire un billet de la Leche League sur le thème du sommeil et écrit par Claude Didierjean-Jouveau.

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Dans ce billet, il est à nouveau mentionné à quel point la question du sommeil peut devenir cruciale et à quel point aussi nous ne sommes pas égaux face à ce problème. Cela m’a rassurée, je dois bien l’avouer, car je passe mes journées à me demander comment font les autres mamans. Oui, comment font-elles toutes ces mères et tous ces pères pour dormir des nuits hâchées pendant 4 ou 5 ans (lorsqu’ils enchainent les petits) et pour tout de même travailler à temps plein et à vivre comme si de rien n’était. Moi, visiblement je n’y arrive pas tellement et parfois, je l’avoue, je culpabilise.

Un autre point déculpabilisant et qui constitue un préalable nécessaire à tout questionnement sur les nuits du bébé, est de savoir que leur sommeil n’est pas constitué comme le notre. Ainsi, une spécialiste du sommeil, le Dr Françoise Delormas est citée :  » Connaître les cycles permet d’accepter les rythmes de sommeil et d’éveil chez les tout-petits sans dramatiser : leurs cycles sont plus courts que les nôtres, dans un sommeil encore fragile, mal structuré. A chaque fois qu’ils passent d’un cycle à un autre, ils peuvent se réveiller : ils babillent ou restent tranquillement les yeux ouverts, ou pleurent. C’est normal. »

Les résultats d’une étude finlandaise révèle une vérité que nous autres parents connaissons bien : un bébé ça dort de manière chaotique (de notre point de vue).

Ainsi :

« – jusqu’à 3 mois, les bébés dorment un total de 15 h par jour en moyenne (fourchette de 12 à 20 h). 90 % se réveillent au moins une ou deux fois par nuit,

– de 3 à 5 mois, près des trois-quarts se réveillent une ou deux fois,

– de 6 à 8 mois, les deux-tiers se réveillent une ou deux fois,

– de 9 à 12 mois, ils sont encore 47 % à se réveiller une ou deux fois« 

Alors bien sûr, certains bébés font de superbes nuits complètes à un mois, certains même à la sortie de la maternité. Mais la majorité se réveillent la nuit jusqu’à 8 mois et entre 9 et 12 mois presque la moitié le font.

Oui, mini capuchon semble se réveiller un peu trop, mais cela ne relève pas non plus de l’anormalité la plus totale. Alors pourquoi en vient-on à culpabiliser les parents sur cette question ? Peut-être parce que nous vivons dans une société qui fait peu de place au rythme des enfants et encore moins à celui des nouveaux-nés. Les mères reprennent le travail rapidement et sont donc contraintes de s’adapter. Bien évidemment, dans ce cas les nuits hachées ne sont plus du tout compatibles avec ce rythme de vie. Le calcul est simple, jusqu’à 3 mois, 90 % des bébés se réveillent au moins une ou deux fois par nuit, or le congé maternité se termine 10 semaines après la naissance … logique quoi.

Alors quelle solution adopter ? Que faire ? L’auteur du billet exclut d’office les médicaments (bien que le pourcentage de bébés se voyant administrer un ptit somnifère, à savoir 16 %, m’éffare, je l’avoue …), il exclut aussi de laisser pleurer bébé. Pourtant cette solution est la première que j’ai entendue autour de moi. En commençant par un ostéopathe, en passant par ma mère et pour finir par mon médecin … mais tout comme la leach league je n’y vois absolument pas une solution optimum et adéquate.

Il reste donc la solution d’arrêter l’allaitement et/ou de gaver son bébé avant de dormir. Solution préconisée donc par mon médecin (avec la laisser pleurer, ça me promet des nuits merveilleuses). Or selon une étude américaine portant sur 77 bébés, ces deux solutions ne seraient pas probantes. Bon, 77 bébés c’est peu, donc on ne peut pas vraiment s’y fier. Nous avons de notre côté tenté de nourrir notre fille de purées bien consistantes avant de la coucher le soir. Certains soirs, nous avons essuyé des refus catégoriques, d’autres elle s’est pretée au jeu. Nous avons pu constater que de notre côté, purée ou pas purée du soir … le résultat était exactement le même : mini capuchon se réveille au moins 2 fois par nuit. Cela peut sembler logique si on part du principe que ses réveils nocturnes n’ont rien à voir avec la faim mais bien avec le besoin de contact, ou de réassurance ou même d’aide à l’endormissement au milieu de la nuit.

Quant à l’arrêt de l’allaitement, la question est plus délicate car le tester c’est nécessairement l’adopter ou le subir ! Car il y a difficilement retour en arrière (même si la relactation existe … mais bon). Pour ma part, j’ai lu trop de témoignages de mamans qui m’ont dit que ça n’avait rien changé, ou qu’elles n’avaient jamais vu de rapports entre l’arrêt et les nuits pour me lancer dans un sevrage à contre coeur. Je ne suis pas maso à ce point-là. Par ailleurs, l’allaitement la nuit a au moins l’intérêt de favoriser un endormissement rapide, si tant est qu’on soit dans la même pièce, c’est tout de suite bien pratique.

Quelle solution donc ? En dernier lieu, la question du père est mentionnée dans le billet. « Beaucoup de petits « trucs » peuvent aider, mais ce qui « marche » vraiment à tous les coups, c’est que le père (à condition bien sûr qu’il soit présent et coopérant) sèvre le bébé de la mère la nuit. Qu’il se lève, lui, prenne l’enfant, lui explique que c’est la nuit, que tout le monde dort, et le recouche.

En général, quand tout le monde est d’accord, qu’il n’y a plus d’ambivalence, le problème se règle en quelques nuits… »

Oui, vous avez bien lu, c’est le père en tant que grand sécateur, ultime lame tranchante du cordon ombilical, le grand séparateur le bien-nommé, oui, lui le géniteur, c’est à lui de favoriser le sevrage de nuit ! Car si nous autres, les mamans allaitantes au sein, nous nous sommes attelées à la tâche de répondre aux besoins nocturnes de notre babychou, pendant des semaines, voire des mois afin de le nourrir avec amour et tendresse. Le papa, lui, s’est au mieux réveillé la nuit pour apporter ledit bébé à sa femme, et au pire s’est contenté de ronfler dans votre oreille pendant que de l’autre vous entendiez votre bébé déglutir goulument. Donc maintenant, c’est son tour, oui son tour de se lever la nuit, de caliner bébé, de lui expliquer la situation, de chanter … etc. 

Rassurez-vous les hommes, l’auteur nous dit que cela ne devrait prendre que quelques nuits. Mais encore faut-il que tout le monde soit en accord sur la question, que tout le monde se sente serein … Alors, je voudrais envoyer un message à barbe de 4 jours, oh toi mon bien-aimé, s’il te plait, mûris la question et reviens vers moi plein d’idées pour pallier le manque de môman de notre fille, en pleine nuit. Même si oui, je le sais, quand elle pleure de tout son coeur, à 2 h du matin, on a juste envie de la mettre au sein pour l’entendre téter et s’endormir paisiblement.

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2 réflexions sur “La solution viendrait du père

  1. Ah les nuits, effectivement je compatis c’est difficile !!
    Je crois aussi que la solution au manque de sommeil n’est pas l’arret de l’allaitement ! d’ailleurs faudrait il encore que BB accepte de passer au biberon si facilement…ce qui est loin d’être gagné dans ces cas là !
    Petite expérience perso, j’ai beaucoup souffert du manque de sommeil, beaucoup beaucoup et je me suis renseigné pas mal aussi, auprès de LLL entre autre..je crois d’ailleurs avoir lu quelque part une étude qui montrait que globalement les mères qui allaitement dormaient plus profondément (certes moins longtemps) et leur récupération était meilleure…
    alors il faut s’accrocher et grigonter partout où on peut quelque heures de sommeil, pratiquer la relaxation , les micro siestes.

  2. Pingback: L’équipe éducative : mère, père, qui d’autre ? [Mini-débriefing] | Les Vendredis Intellos

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