La bientraitance

La bientraitance, c’est le titre d’un livre que j’ai eu pour l’achat de deux autres dans la collection Marabout, il n’y avait rien qui me tentait si ce n’est celui là dont je ne connaissais ni l’auteur, Patricia Chalon psychologue-psychothérapeute de son état, ni même la définition du titre aux consonances positives et au sous titre prometteur : voir en l’autre ce qu’il y a de meilleur…

 J’entends souvent le mot maltraitance, mais celui-là aux airs de son contraire je ne l’entends jamais alors que je le préfèrerai en une des informations ! Mais il ne s’agit pas là du contraire de la maltraitance, ni même de sa prévention. Non c’est autre chose…

 Patricia Chalon explique que la bientraitance est un concept qui n’a pris essor qu’à l’aube de l’an 2000, mais il trouve son origine dans des pratiques déjà bien ancrées autour de l’enfant (naissance sans violence, accueil paisible des tout-petits en collectivité, prise en compte de la douleur de l’enfant, etc.) avant de s’étendre à l’homme en général et à son comportement.

 Il s’agit d’une approche globale, d’un autre climat, d’un autre regard pour transmettre non seulement la vie, mais l’amour de la vie. La bientraitance tisse une trame subtile autour de l’enfant : la construction de son identité et de son sentiment d’exister est inséparable du respect des stades de son développement et de son histoire, d’un projet cohérent pour son devenir dont il est le partenaire actif, de l’accompagnement de ses parents s’ils sont en difficulté, et du soutien des professionnels qui l’entourent, écrit Daniel Rapoport nous dit-elle, qui illustre ce nouveau concept par un proverbe chinois très ancien : les parents ne peuvent donner que deux choses à leurs enfants, des racines et des ailes.

 La bientraitance, c’est le respect de l’enfant mis en acte, c’est donc respecter l’enfant en lui donnant les moyens d’être sujet désirant et acteur de sa vie, en le considérant comme une personne en devenir, un interlocuteur que l’on accueille, auquel on s’adresse et avec lequel on se comporte avec respect psychique, physique et affectif.

Se civiliser, c’est-à-dire envisager d’épargner l’autre, puis le considérer, le respecter, voire l’aimer, ça prend du temps. Et civilisé ou bientraitant, c’est la même chose ? Pas tout à fait. Un être bientraitant est un être civilisé capable en plus, de vouloir connaître l’AUTRE vraiment, c’est-à-dire co-naître avec l’autre, par l’autre et pour l’autre. Se mettre à sa place. La capacité à se mettre à la place de l’autre – ce qu’on a coutume d’appeler l’empathie –représente le plus haut degré de la cognition, donc de l’évolution.

Cette bientraitance ne nous est pas naturelle, elle impose des sacrifices… Ainsi nous explique-t-elle que la bientraitance impose de renoncer une fois pour toutes à avoir le dernier mot. Il s’agit sans doute du plus difficile… Ah ! Ce sacré dernier mot !… A l’enfant tombé et blessé, le bientraitant évitera d’assener « j’en étais sûr ! Tu vois, je te l’avais bien dit… », car même si l’ego de l’adulte adore avoir raison et l’exprimer de façon tonitruante, qui sait si cet enfant n’est pas tombé en partie pour obéir à la prédiction que justement lui avait faite l’adulte ? Impressionné par l’expression victorieuse du parent qui vient de s’exclamer, l’enfant interprète cette victoire comme une joie, ce qui pourrait l’inciter à retomber volontairement pour donner à son parent le plaisir d’avoir à nouveau raison… Les enfants sont si fiers de faire plaisir aux grandes personnes qu’ils aiment !

Quant à l’adulte qui insiste pour prouver à quel point il a raison, la vie se chargera malheureusement bien souvent de lui faire comprendre à quel point il avait tort.

La bientraitance c’est ce petit plus qui fait toute la différence, ce petit détail infime qui fait de l’AUTRE, quel qu’il soit, un individu respectable dont les besoins et les désirs sont entendus et pris en compte. 

Cette bientraitance me parle énormément, c’est ce à quoi j’aspire et me fait me sentir à mille lieues des principes éducatifs qu’on nous sert ici et là, il me reste à parcourir le livre pour y découvrir la bientraitance à travers les étapes de la vie de l’enfant, depuis sa naissance jusqu’à son envol…

Chocophile

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5 réflexions sur “La bientraitance

  1. Merci pour cet article! J’étais très positivement surprise d’apprendre (par la bouche-meme du personnel, lors d’une réunion d’information) qu’à la crèche ou va mon petit garcon, toute leur approche pédagogique était ancrée dans la bientraitance. Ca fait plaisir de voir que de tels concepts peuvent etre mis en pratique dans des structures collectives. C’est vraiment encourageant!

  2. Merci beaucoup de ta contribution!!! Et merci de nous faire découvrir cet ouvrage et ce concept dont je n’avais jamais entendu parlé!!
    J’y retrouve certaines préoccupations de la communication non-violente, telles que la posture empathique que la volonté de sortir de la dichotomie « perdre/gagner », « avoir raison/tort »…mais cela semble dépasser largement le cadre de la seule communication..!
    J’aimerais beaucoup que tu reparles de ce livre quand tu l’auras avancé… Je suis persuadée comme toi qu’en informant sur ces alternatives aux recettes hyper-autoritaires que certains exhibent ça et là, tous auront à y gagner!!

  3. Pingback: Parce que le respect, c’est pas à sens unique. « Les Vendredis Intellos

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