Mes filles seront-elles féministes ?

Ou mieux, n’auront pas besoin de le revendiquer puisqu’il y aura eu tant d’évolutions que le terme n’aura plus besoin d’exister !

Etre élevée par une maman féministe, ça signifie quoi ?

Bon, d’accord, ça veut dire une maman qui choisit de garder ses enfants ou de travailler, qui veille au partage des tâches à la maison, qui se sent le droit d’avoir une vie en dehors de ses enfants et son mari, mais ça n’est pas que ça.

Est-ce que ça veut dire élever filles et garçons exactement de la même façon, je ne crois pas, même si je n’ai pas de garçons. Est-ce que ça veut dire refuser des déguisements de princesse à mes filles, non plus.

Je définis mon féminisme au jour le jour

Elever des filles, sans qu’elles se sentent victimes ou prennent le risque de le devenir. Elever des filles pour qu’elles se sentent le droit et le devoir de se défendre quand elles en auront besoin, en cas d’agression. Leur donner les moyens de se défendre et de s’en sentir capable, de moins appréhender les rapports de force, en chahutant, pourquoi pas en faisant un sport de combat (donc de garçon ;)). Les laisser choisir ce qu’elles préfèrent dans la vie, sans trop les conditionner pour qu’elles choisissent des « trucs de filles », et ne jamais parler de « garçon manqué ».

«  Pourquoi les mères encouragent-elles les petits garçons à faire du bruit alors qu’elles enseignent aux filles à se taire ? Pourquoi continue-t-on de valoriser un fils qui se fait remarquer quand on fait honte à une fille qui se démarque ? Pourquoi apprendre aux petites la docilité, la coquetterie et les sournoiseries, quand on fait savoir aux gamins mâles qu’ils sont là pour exiger, que le monde est fait pour eux, qu’ils sont là pour décider et choisir ? » V. Despentes, King Kong Théorie

En même temps, je suis convaincue que les tout-petits (avant 3 ans) ont besoin de stéréotypes sexuels pour se définir en miroir d’un de ses deux parents. Difficile équilibre à trouver, et jusqu’où pousser les stéréotypes ? Quelle limite aux jeux sexués ?

Quel féminisme ?

Est-ce que j’ai envie de croire qu’hommes et femmes sont profondément identiques, et que c’est la société sexiste et patriarcale qui nous modèle en genres sexués ? Est-ce que j’ai envie pour mes enfants d’une société ou hommes et femmes seraient indifférenciés ?

Ou bien est-ce que la différence fondamentale de la grossesse nous sépare à jamais ? Est-ce que le fait de pouvoir porter un enfant ou non fait de nous des êtres différents, mais égaux.

Le droit de …

Je crois que j’ai envie de transmettre à mes filles, que peu importe qu’on soit identiques ou non, on doit avoir les mêmes droits. Le droit de choisir son métier, ses passions, même si ces choix ne correspondent pas aux stéréotypes ambiants. Le droit d’être très féminine, ou un peu, ou pas du tout. Le droit de disposer de son corps, de refuser que quelqu’un d’autre en dispose malgré soi. Le droit de se défendre, l’obligation de ne jamais se laisser faire, au travail, chez soi. Le droit de choisir son orientation sexuelle, d’être mère ou pas. Le droit d’être une femme libre.

Et vous, quel est votre féminisme ? Dans quelle mesure est-ce que ça intervient dans l’éducation de vos enfants ?

Elodie Conseils Educatifs

 

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8 réflexions sur “Mes filles seront-elles féministes ?

  1. Moi, je veux qu’on me laisse faire mes choix, sans me juger. (genre « tu veux faire ça comme métier? haann… c’est un truc de mec ») (marche aussi dans l’autre sens pour les hommes qui choisissent des métiers « féminins »…)

  2. J’apprécie ce billet, car d’habitude, je ne me reconnais pas dans les combats féministes. Les hommes et les femmes sont naturellement différents selon moi (et de par sa constitution, une femme est la plus à même de s’occuper de ses enfants).
    En revanche, si nous sommes différents, nous sommes aussi de valeurs égales. Pas de suprématie des hommes sur les femmes (ou l’inverse). Mais ce combat n’appartient pas qu’aux femmes. Chaque individu devrait être reconnu dans sa diversité.
    J’ai vraiment du mal avec cette notion de « féminisme » en fait… Je parlerais plutôt de respect et de tolérance.
    Mais en lisant ton article, je me dis que je suis peut être féministe quand même, tout dépend de quel féminisme on parle, effectivement.

  3. Mère de deux filles, ce sont des questionnements qui me titillent depuis quelques temps déjà.
    D’ailleurs, le fait qu’on s’en pose plus quand on a des filles que des garçons, n’est-ce pas aussi une forme de discrimination ?
    Les questionnements sur le genre sont un puit sans fond !

  4. J’ai deux garçons (18-14 ans) et une fille (8 ans). Je ne me suis jamais posé la question de savoir si j’étais ou pas féministe, si j’élevais ou pas mes enfants dans l’idée que les uns devaient faire du bruit et les autres mettre du rose. J’ai fait avec chacun. Mes fils ont donc eu des poupons et des dinettes (puisqu’ils les mettaient sur la liste de Noël) ma fille a donc eu des rollers et viens d’assister à son 1e supercross puisqu’elle en avait envie. Elle veut être pompom-girl-archéologue, sa grand-mère pousse des cris d’orfraie à archéologue. Tant pis ça lui passera (à sa grand-mère j’entends). Mon fils ainé fait du baby-sitting et change les roues de ma voiture, le cadet pose des parpaings avec son beau-père et fais des gâteaux au chocolat. Ma belle-mère dit que c’est aux filles d’être à la cuisine et au ménage, à côté de ça, ma fille voit son père passer l’aspirateur et faire la vaisselle. Le féminisme s’arrêtera quand la société arrêtera de mettre les filles d’un côté, les garçons de l’autre, les bleus à droite, les rouges à gauche, et les rayés au milieu. J’ai toujours dit à mes enfants, « nous ne sommes ni blancs ni noirs, nous sommes des êtres humains et va falloir faire avec ». Et eux ne se posent pas plus de question que moi.

    Ok ils ne savent pas faire leur chambre, mais au moins, devenir sage-femme, coiffeur, pilote de course ou danseuse étoile, ils savent que ça se conjugue à « l’humain » et pas au féminin/masculin.

  5. Une bien vaste question!!! Ma belle-mère est une féministe tellement radicale qu’elle a quasiment élevé son fils dans l’idée qu’il naissait coupable d’avoir fait partie du sexe oppresseur… et ma mère est issue d’une famille où les hommes se faisaient servir à table par les femmes et se dit féministe parce qu’ELLE a réussi à faire quand même des études (tout en continuant à assurer le ménage, la cuisine et la gestion de quotidien avec les enfants, seules…).
    Bref, je ne sais pas où me situer… pendant longtemps j’ai souhaité autant que j’ai pu que filles et garçons soient identiques… du coup, je me trouvais un garçon assez médiocre… récemment j’ai découvert le bonheur d’échanger entre femmes sur des expériences de femmes (par le biais des Tentes Rouges notamment) et ce fut une révélation… Depuis, j’envisage avec plaisir les différences et j’espère que ma fille sera fière d’être une femme autant que mes garçons seront fiers d’être des hommes sans jamais que cette fierté ne doive s’accompagner de la volonté d’écraser l’autre!!!

  6. Pingback: Du féminisme dans l’allaitement maternel [mini-debrief] « Les Vendredis Intellos

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