Mémoire d’enfant…poisson ou éléphant?

Nan, mais ça sert à rien qu’on paye 12 000 dollars pour emmener les gosses à Disney, hein…ils ont moins de 5 ans, alors plus tard, ils s’en souviendront même plus…

ça y est, elle débloque la bavarde. Quelques semaines qu’elle n’a pas participé aux vendredis intellos, et v’là-t-y pas qu’elle revient pour raconter des horreurs, des « indignités » même…

Mais en même temps, on le sait, on n’a pas de souvenir de la toute petite enfance. Certains disent que c’est mieux, vu que par exemple, on ne supporterait pas la douleur d’une poussée dentaire, mieux vaut ne pas se rappeler à quel point ça nous a fait douiller quand on était minot. Et puis que si on se souvenait de comment s’est passé l’accouchement où on a été libéré, ce tourbillon dans lequel on est plongé au moment de s’arracher au corps de notre douce mère, ça pourrait ptêt provoquer des traumatismes.

David Foenkinos, dans son roman Les souvenirs (que j’ai adoré, au passage, mais j’en parlerai bientôt sur mon blog) déclare, en note:  » …Je m’arrête sur une question qui m’obsède: pourquoi ne se souvient-on pas de l’enfance? Certes le cerveau n’est pas encore formé, et il y a tant d’explications physiologiques à ce phénomène. Mais je ne veux pas croire à la gratuité de cette donnée: il y a forcément une raison. L’enfance est souvent le terrain des plaisirs primaires, c’est pour beaucoup le paradis des joies simples et faciles à assouvir. Il y aurait sûrement un risque à se souvenir de tout cela. Je me dis qu’on ne pourrait jamais devenir adulte si on était parasité par la conscience de ce bonheur là. On vivrait en permanence avec une nostalgie béate complètement paralysante. »

A vrai dire, je préfèrerai croire les propos de l’auteur. Il est vrai qu’en tant qu’adulte, dans la grande majorité des cas, quand on repense à l’enfance, c’est avec le sourire aux lèvres, un peu nostalgique de ces années d’insouciance.

Néanmoins, cet extrait m’a donné à réfléchir (et comme ça n’arrive pas tous les jours, je voulais vous en faire part, à vous aussi. ) Je suis donc allée me renseigner, un ptit peu. Et voilà ce sur quoi je suis tombée.

« L’enfant, avant d’accéder au langage verbal, a une pensée qui procède par images ( pensée primaire ), ce n’est que vers 2 ans et demi que l’on peut faire distinction inconscient/préconscient, quand le langage apparait.

On commence alors à penser avec des mots.
On va pouvoir mémoriser dans le préconscient ce que l’on vit.

Ce que l’on a vécu avant ces 2ans et demi on ne peut le mémoriser avec des mots car le langage n’était pas acquis. Les souvenirs ne sont donc pas présents dans le préconscient mais dans l’inconscient sous forme d’images.

L’inconscient n’est pas accessible c’est pour cela que l’on ne peut se souvenir de ces images, alors que nous pouvons accéder au préconscient, il nous suffit pour cela de se concentrer un miminum. ( ex : se rapeller d’un numéro, se rappeler d’un souvenir).

Par contre, nous pouvons avoir des flashs de ces images car l’inconscient peut faire surgir des images dans le préconscient ( rêves, flash etc.. ). » Propos tirés du site Pourquois.com

J’avoue ne pas être entièrement satisfaite, les explications doivent à mon avis être plus compliquées encore, mais voici une explication quand même fort intéressante…Ceci explique en tout cas pourquoi les petits ont une très bonne mémoire (genre, aller rechercher la feuille ramassée pendant la ballade de la veille à l’endroit exact où il l’avait posé…euh, la veille, avant que Maman ne mette à la poubelle…mais pourquoi aussi la mémoire ne serait plus saisissable une fois plus grand…

Si vous en savez plus, je suis preneuse!!!!

Maman bavarde.

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3 réflexions sur “Mémoire d’enfant…poisson ou éléphant?

  1. Waouh!!!! C’est la fête aujourd’hui!!! Tout le monde revient sur les VI!!!! Ben merci beaucoup de cette belle contribution…!!
    Alors pour ce qui est de la mémoire de l’enfant et du pourquoi on se souvient de pas grand chose… D’abord, Marie 3 en 2 nous avait donné quelques interprétations de la chose dans son billet d’il y a quelques semaines (https://lesvendredisintellos.com/2011/10/21/la-memoire-de-lenfant/) Gopnik, elle prétend en fait que la mémoire épisodique existe très tôt chez l’enfant (je ne sais pas si tu as déjà remarqué que les gosses se désintéressent immédiatement d’un jouet qu’ils connaissent pour aller versi celui qui ne connaissent pas et ce, très très très (trop!!) tôt….) ,donc ils ont des souvenirs mais ces souvenirs de type épisodiques ne peuvent pas être resituer dans l’histoire personnelle de l’individu (et donc être rappelé en tant que tels) car la mémoire autobiographique, elle, n’est pas mature… Ce que l’on peut rapprocher de la théorie à laquelle tu fais référence (préconscient/conscient)… Le pb est donc plus que les souvenirs ne sont pas accessibles plutôt qu’ils n’existent pas… Enfin, Gopnik attribue cela, non à une forme de protection contre de possibles traumatismes mais plutôt comme étant lié à la nécessité absolue d’apprendre et vite, trrrrès vite…. mais il faudrait que je relise plus précisément pour t’en dire plus!!!

  2. Pingback: L’enfant: un adulte à sa hauteur. [mini debrief] « Les Vendredis Intellos

  3. Pingback: Les souvenirs de David Foenkinos #Livre voyageur. -

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