Enfance et consommation : que doit-on faire ? [Mini débrief]

La société de consommation, le grand méchant loup, un grand cheval de bataille.

Longtemps, je me suis définie comme une assez grande consommatrice, je n’en étais ni fière ni honteuse, c’était juste un fait. J’apprécie de pouvoir m’offrir régulièrement différents objets qui me plaisent, de pouvoir utiliser des choses neuves. Par exemple, lorsque nous avons appris ma grossesse, les achats de la naissances ont constitué pour nous une partie assez importante de la prise de conscience de l’enfant à naître. J’ai beaucoup surfé sur Internet, sur les sites de puériculture. On a dû commander les meubles de la chambre de Pti Tonique alors que j’étais tout juste enceinte de 3 mois – mais après ça, on a fait une pause et on s’est remis aux achats lors du 3e trimestre. Je ne résistais jamais à acheter tel lot de bodies Petit Bateau en promo chez Leclerc ou tel ensemble super craquant sur Venteprivée.com. Le tout également avant de savoir le sexe, donc en choisissant des teintes mixtes mais cela ne m’arrêtait pas pour autant – et puis je « sentais » que ça serait un garçon de toutes façons.

Bref, j’ai été une grande consommatrice. Et puis j’ai un peu mûri. Tout d’abord, je suis devenue mère et ma vie s’est tellement remplie qu’à la fois je n’avais déjà plus du tout le temps de courir les magasins et en plus, tout ce qui me comblait de bonheur se trouvait à présent chez moi, lové contre mon sein (oui, c’est là qu’il était la plupart du temps). Plus besoin de posséder de nouvelles choses pour me faire plaisir : il me suffisait de regarder mon tout petit bout grandir et me sourire.

Je sais d’ores et déjà que je n’investirai pas du tout ma prochaine grossesse de la même façon au niveau des achats : déjà, j’en aurai beaucoup moins à faire et surtout, il y a deux choses que j’appliquerai davantage, à savoir acheter moins pour acheter mieux (c’est-à-dire attendre de connaître les besoins réels de cet enfant que je m’apprête à accueillir) et faire du neuf avec du vieux.

Cette longue introduction pour dire que la société de consommation, je sais bien en quoi elle consiste, je ne l’accuse pas de tous les maux, elle a ses bons et ses mauvais côtés, encore faut-il être en capacité d’en tirer le meilleur pour laisser de côté ce qu’elle a d’aliénant. En connaissance de cause, je souhaite pour mes enfants un usage très raisonné de toutes ces possibilités. Par exemple, comme l’explique Flo la souricette dans son très riche article que je vous invite vraiment à lire, j’aimerais réduire au maximum l’usage et l’impact de la télévision sur eux. Les propos de Michel Desmurgets lors de sa conférence, à laquelle a assisté Flo, me rappellent ceux de mon beau-père, qui nous relatait également une étude citée à une conférence à laquelle il avait participé : avant 3 ans, la télé devait être bannie. Je crois qu’ensuite, de 3 à 6 ans, l’enfant ne devait la regarder qu’accompagné d’un adulte, à la fois pour choisir des programmes adaptés mais également pour expliquer les images auxquelles l’enfant est exposé, l’aider à exprimer les sentiments qu’elles peuvent générer en lui. Au-delà, de 6 ans, le temps de visionnage devait être encore très restreint et je crois qu’il n’y avait que vers 9 ans que l’enfant pouvait vraiment regarder seul la télé – mais toujours des programmes adaptés bien sûr ! Bref, il faudrait que je lui re-demande les références de cette étude.

Pour autant, je ne crois pas, comme je le disais plus haut, que l’on puisse bannir la télévision totalement dans la mesure où l’on a un poste chez soi – si on a fait le choix de ne pas en avoir, la question des limites d’utilisation se pose évidemment moins. L’exemple de l’usage qu’en font les parents est certainement le meilleur argument pour un usage raisonné de la part des enfants. Chez nous, surtout depuis que notre rythme de vie a évolué avec Pti Tonique, on ne regarde plus la télé que certains soirs – quand on a la force et uniquement lorsqu’il est couché. Lorsque je suis avec mon fils, je n’allume jamais la télé, je ne veux surtout pas le voir hypnotisé par l’écran. Evidemment, ça n’est pas toujours facile de vaquer à mes occupations en l’ayant dans les pattes (sachant qu’il joue assez peu tout seul) mais pour l’instant, on a trouvé nos palliatifs : portage, faire les choses ensemble au fur et à mesure qu’il grandit, etc.

En parlant de portage, Maman Nature 49 nous fait partager un extrait édifiant d’un petit livre non moins passionnant, d’où il ressort deux choses (selon moi) :

–         le portage est avant tout un moyen d’avoir son bébé contre soi, donc de répondre à ses besoins de nouveau-né sans pour cela dépenser à la fois des trésors d’ingéniosité pour l’occuper ni des fortunes en magasins de puériculture pour trouver le transat-balancelle-lumineux-multicolore qui joue de la musique le plus cher et le plus top du marché… qui en plus ne marche pas (chez nous, rien que poser bébé était impossible alors…)

–         le portage offre à voir à l’enfant le monde qui l’entoure, le fait participer aux activités de sa famille, à la vie, sans être le centre d’attention permanent de ses parents, ce qui n’est absolument pas son but puisque là où ses parents se passionnent pour lui, lui se passionnent pour ses parents, qu’il veut voir vivre et agir. C’est ainsi qu’il apprend, tout en douceur et en sécurité.

Une fois qu’il est grand, une fois que notre enfant a découvert son environnement et qu’il souhaite activement y participer, les tentations sont nombreuses pour lui, autant par le biais de la télé que dans son environnement familier proche. C’est alors aux parents de trouver le juste équilibre, la frustration utile, pour que la profusion qui s’offre à l’enfant ne le dépasse pas, ne le rende pas fou tout simplement (voire les crises de nerfs des enfants dans les supermarchés). Cécilie nous a donc proposé une intéressante réflexion sur ce thème : on y trouve d’ailleurs de nombreuses questions sous-jacentes comme « satisfaire tous les désirs de son enfant est-il une preuve d’amour ? ».

Mais non content de perturber nos enfants en leur offrant un monde hyperstimulant de profusion, le marketing voudrait même leur dicter leurs choix, aussi bien dans les jeux que dans les codes vestimentaires, car mettre les gens dans des cases facilite notamment le ciblage publicitaire. C’est sur la question des codes couleurs vestimentaires que s’est penchée Mamaurèle, en remontant le temps pour nous dévoiler que le rose notamment, n’a rien d’une couleur historiquement féminine… bien au contraire verrez-vous !

Je vais à présent emprunter à Mamaurèle la citation qui concluait son article et me paraît ici aussi être une conclusion fort appropriée (en généralisant le mot « fille » par le simple mot « enfant ») : « Je n’aurais jamais pensé, en ayant une fille, que l’une de mes tâches les plus importantes serait d’empêcher la société de consommation de faire main basse sur son enfance. »

2 réflexions sur “Enfance et consommation : que doit-on faire ? [Mini débrief]

  1. Merci beaucoup pour ce chouette débriefing, c’est toujours un plaisir de lire de quelles façons toutes les questions qui se posent dans les articles sont questionnées au travers de ta vie et de ton expérience personnelle…
    Nous cheminons et c’est bien là l’essentiel… Personnellement, j’ai passé des heures et des heures à regarder les catalogues de puériculture pour l’APA alors qu’aujourd’hui je me demande bien de quoi je vais pouvoir avoir besoin…
    Plus que la société de consommation en elle-même, ce que je trouve effrayant c’est l’ampleur des planifications et la teneur de la manipulation qui est mise en oeuvre par la machine publicitaire pour atteindre nos enfants… Moi qui m’interroge sur la mise en oeuvre du respect du à l’enfant, ceci est quelque chose auquel je souhaite le plus possible les soustraire…

  2. Pingback: Semaine 16: le débriefing de Mme Déjantée « Les Vendredis Intellos

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