Naître. Une opération à multiples inconnues et facteurs. Le résultat est connu de tous :  la plongée dans un autre monde.
Depuis que l’Homme est sur Terre, la femme enfante. Pourtant, on dit si peu de chose sur cet événement majeur dans la vie d’un être humain.

Il change la face du monde dans lequel on vit, mais il change aussi notre moi, notre personne, notre statut.
On devient mère, on n’est plus fille, on devient forte ou faible, c’est selon, on se prend l’essence de la vie en pleine figure, le tout saupoudré de quelques résurgences de l’enfance, plus ou moins heureuses.

Si je devais comparer une naissance à quelque chose, ce serait à une bombe H, avec une fin plus heureuse.
La naissance fait tout éclater en morceau, sa personne, son couple, sa famille. Une fois que tout est brûlé, on reconstruit, petit à petit, dans ce nouveau monde.

Et donc, on voudrait que la naissance soit quelque chose de normal.
Que l’on soit heureuse durant la grossesse et après la naissance.
Mais non, c’est un mythe : tout cela n’est pas QUE du bonheur.
En façade peut-être. Mais faut être sacrément forte. Parce que les coulisses sont plutôt gores.

ALLO ! Faut pas avoir fait bac + 10 pour imaginer les bouleversement psychologiques qu’induit une naissance, si ?

Chocophile nous a fait découvrir ce vendredi un livre que je suis vraiment curieuse de lire. Un ouvrage qui livre les récits de romancières et écrivains sur la naissance, le tout préfacé par René, Frydman, hein, pas le chéri de C’line. Curieuse car, moi qui écrit et qui saisit la cruelle difficulté à mettre des mots sur cet événement unique, je me demande ce que ces écrits nous livrent. Et puis la naissance c’est très subjectif, intime, très relié à notre propre histoire. La douleur, les peurs, les doutes, même s’il y a des points communs, d’aucuns se ressemblent.

Si certains acquiescent volontiers sur le fait que la naissance puisse susciter des angoisses voire une dépression du post-partum, peu comprennent que l’on puisse être déprimée voire connaître un désespoir tel durant la grossesse qu’il puisse mener à la dépression, prénatale donc. C’est ce dont nous parle French Girl in London. Déjà merci, merci d’avoir abordé ce sujet. Non, la grossesse ne se résume pas à un état de béatitude ponctués de quelques maux physiques. Que fait-on du psychisme ? On change dans son corps et pas dans sa tête ? La grossesse, déjà d’un point de vue hormonal, c’est quelque chose. Les larmes pour un rien, une humeur exécrable. Et j’en passe. Mais il y a aussi les questions plus profondes et dérangeante comme « et si j’en veux plus, je peux pas retourner à l’envoyeur ? », « et si je suis une mère à chier », ou encore « j’ai pas fait une ÉNORME connerie là ? » ou « je ne peux plus fuir, et renoncer à cette grossesse ». Ce côté inéluctable, impossible à fuir est tout simplement flippant. Cette période commence à bouger les lignes de notre vie et annonce le grand chamboulement de la naissance. Que celle qui a vécu sa grossesse sans questions, sans aucune angoisses, de A à Z me jette la première pierre. J’accepte de la recevoir en pleine pomme.

Chrystelle Kiki the Mum