Le nombre d’enfants n’attend pas la sagesse des années

La question que je me pose en ce moment, c’est combien j’aurais d’enfant avec mon Ours dans ma vie.
Bon, pour le moment j’en ai un. Une petite Zouzou.
Et on peut dire que le modèle que j’ai eu est plutôt sympa.
C’est le modèle de la maman qui est un peu défectueux en ce moment : fatigue, manque de patience…

S’il y a des fois, moi des enfants, j’en aurais bien une bonne demi-douzaine, genre une grosse tribu, d’autres fois, je m’arrêterais bien à… un ! Que de patience, de temps, d’abnégation, de réflexion sur soi, les autres, le couple, la société, sa propre vie et ses envies… Alors faire ça une deuxième fois, je ne m’en sens parfois pas du tout le courage. Un deuxième enfant pourrait me tuer, au propre comme au figuré. Comment gérer ? Comment survivre ? Avoir deux fois plus de patience, de compréhension, d’amour, et de temps alors que j’en ai si peu déjà pour moi (mais bien plus que d’autres mamans, j’en suis consciente). Repasser par les mêmes phases de développement, du non, de la négociation (à 23 mois à peine, je rêve !), de doutes, de manque de sommeil…

Je me dis qu’avec le temps, l’âge, les choses changent aussi, on prend en maturité… et en fatigue. Je me dis que si j’attends trop longtemps, je n’aurais jamais le courage de recommencer ça, la grossesse, les couches, les pleurs…

Pourtant, je ne peux pas me résoudre à laisser ma Zouzou sans frère ou sœur, sans risquer la vie et créer un autre être. Je me dis que le jour où on ne sera plus là, elle serait seule…

Je me suis toujours dit qu’être enfant unique n’était pas un cadeau fait par les parents. Je m’explique : des fois je me dis qu’imposer un autre enfant à ma Zouzou, c’est comme si dans un couple il y avait un deuxième amant. Elle ne peut que le vivre mal. J’aurais l’impression de la trahir, comme si je lui disais : « Tu ne nous suffit pas. » Des fois alors je me dis que c’est pas si mal qu’elle soit seule avec nous deux, ses parents.

La peur de l’enfant unique n’a donc rien à voir chez moi avec une quelconque peur de faire de ma Zouzou un enfant pourri gâté… On peut aussi le faire à deux !

Selon Winnicot: »La fratrie a un rôle déterminant dans l’épanouissement de l’enfant« , (L’Enfant et sa famille, Payot, 1991). Perso, j’essaie de m’en convaincre. Car quand cela se passe bien, c’est une vérité absolue, mais quand ça se passe moyen, voire mal… On rêve juste d’être enfant unique, pas vrai (du moins quand on est petit) ? Après, je pense qu’il en va du rôle des parents, du moins de leur attitude, de faire en sorte que cela se passe bien entre les frères et sœurs (pour en savoir plus, je vous renvoie vers les précédents Vendredis Intellos, notamment l’article de Vaallos).

Dans un article trouvé sur Psychologies.com, ils évoquent les « problèmes » que peut représenter l’éducation d’un enfant unique.
l’enfant unique est souvent surprotégé :

  • au centre des attentions, il peut avoir peur de s’aventurer hors du cocon familial, ce qui à mon sens peut s’avérer, mais il peut aussi décider de s’investir dans des liens d’amitié forts, sécurisants ;
  • les parents exercent de fait un contrôle permanent sur l’enfant : ça c’est relou, c’est clair, mais cela peut aussi arriver quand deux enfants d’une même fratrie à des âges très éloignés…

l’enfant unique connaît aussi la solitude, et parfois l’ennui, la tristesse. Il mûrirait alors plus vite car il s’affronte directement au monde adulte de ses parents. Mouais, cela arrive aussi à des enfants d’une même fratrie.
– le risque : que la mère établisse un lien exclusif avec l’enfant. Même remarque que précédemment.

Et d’autres points que je vous laisse découvrir dans cet article qui semble manquer de fond… Il conclut par des conseils qui expliquent comme élever un enfant unique : « Le plus important : ouvrir la famille vers l’extérieur, conseillent les psys (…) Une scolarisation précoce, si elle est bien vécue par l’enfant, peut également l’épanouir. Inviter régulièrement cousins, cousines, petits copains à la maison est un bon moyen de confronter l’enfant à ses pairs. De même, les colonies de vacances, les clubs de plage, clubs sportifs et associations culturelles. » Ce qui vaut finalement pour tout enfant, unique ou pas hein.

Mouais… Être enfant unique, c’est un peu comme les gens qui ne veulent pas d’enfant. Il s’agit de choix, même si l’on ne peut pas souffrir de manquer d’une chose dont on ne connaît pas la réalité, le bonheur.  Je pense juste que c’est comme tout : il faut que le fait d’avoir un enfant unique soit un choix et qu’il soit bien vécu.

J’ai beau me dire qu’avoir un seul enfant, ça me permettrait aussi d’avoir du temps pour moi, pour mon couple, et un peu de moyens pour peut-être espérer partir en vacances une fois par an (hum on y arrive déjà pas avec un enfant…), je me dis que cette expérience, j’ai bien envie de la tenter, de voir ma Zouzou grande sœur, de voir nos deux enfants s’amuser tous les deux, de revivre une folle aventure d’un petit deuxième… Le problème c’est que si je me trompe, il n’y a pas de retour à l’envoyeur…

(petite dédicace à Mme D qui m’a donné envie de parler de ce sujet et que je félicite encore pour cette belle nouvelle ! 5, franchement, ça fait rêver, mais je ne m’en sens pas capable !)

Chrystelle Kiki the Mum

3 pensées sur «Le nombre d’enfants n’attend pas la sagesse des années»

  1. Je crois que plus on attend pour faire une 2ème et plus on se demande si on aura le courage de recommencer, puis généralement l’envie revient quand le premier devient plus autonome, vers 6 ans…

    TiBiscuit rêve parfois d’être enfant unique. Je crois qu’il aurait adoré!
    Pas de chance pour lui, on en voulait au moins 3, voir 4 :-D

  2. Je me doutais bien que j’étais pour quelque chose dans le choix de ton sujet!! ;) Au fur et à mesure de nos réflexions et de nos tâtonnements éducatifs, j’espère seulement arriver à montrer que je considère chacun de mes enfants comme « unique » même si malheureusement cela n’en rallonge pas la durée de chaque journée!!
    Nous essayons d’accorder des moments entiers à chacun, de répondre à leur besoin spécifique, de s’intéresser à leur être spécifique…j’espère que cela leur suffira pour faire de leur fratrie une expérience renforçante plutôt qu’une blessure…
    A méditer donc…

  3. Pingback : Un modèle familiale idéal ? [mini-débriefing] « Les Vendredis Intellos

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