Education d’hier et d’aujourd’hui (mini débriefing)

Parler de l’éducation « d’avant » c’est facile. Parce qu’on a le recul. Parce qu’on voit ce que ça a donné, ce que les anciens jeunes sont devenus. Mais plus on se rapproche de soi, plus ça devient compliqué de poser des mots, de savoir ce qui est adapté, de réussir à se regarder de loin, sans nostalgie (« Ah, de mon temps, quand il n’y avait pas internet ni téléphone portable »… Purée, quand mon nain saura ça, il me prendra pour un brontosaure…), sans appréhension, de ne regarder que les faits. Et c’est encore plus compliqué de penser à l’avance… Comment prévoir de quelles armes nos nains auront besoin pour se débrouiller dans un monde qui n’existe pas encore ?

A la fois navrant et rassurant, plus j’en lis, plus j’ai la sensation que la société humaine n’évolue qu’en technique, en savoir scientifique, mais pas en comportements. Il suffit de se replonger dans la vieille littérature pour s’en rendre compte. Si tu t’ennuies, va donc lire du Platon…

 

Et si Platon te rebute, tu peux déjà commencer par aller voir chez Kiara qui nous parle de Rabelais. Au travers du personnage Gargantua s’adressant à son fils Pantagruel, il nous délivre sa vision de l’éducation, de l’apprentissage que doivent faire les jeunes gens pour devenir des représentants de l' »honnête homme ». Des hommes aussi capables intellectuellement que moralement et physiquement. Rabelais, ringard, dépassé ? Eh bien pas du tout… Si les tournures de phrases sont d’un autre temps, le fond lui, traverse les âges sans dommages… Du coup, bien former nos nains à affronter leur monde futur, ce serait en fait aussi « simple » que les former à celui que tu connais.

 

Maman Poussinou nous invite à la réflexion autour de cette singularité des langues indo-européennes (je t’invite à lire la page wikipédia qui va bien) : la distinction tutoiement – vouvoiement ou disctinction T-V, et l’évolution de son utilisation au sein des familles. Héritage parfois familial, nostalgie de l’ancien temps, certains couples le remettent au goût du jour, à leur propre sauce.

Je me permets une digression personnelle (ouais c’est mon débrief’, d’abord !), car je n’ai pas connu le vouvoiement dans ma famille. Pour moi, le vouvoiement n’est pas relié à une forme de respect, mais plutôt une mise à distance et une forme de politesse pure. Je vouvoie les gens que je ne connais pas, et les gens que je n’apprécie pas. Le tutoiement serait plus une marque de mise en confiance qu’une mise à plan égal. Je tutoie les gens avec qui je me sens à l’aise, ou que je souhaite mettre à l’aise…

Peut-on, doit-on, veut-on regretter la disparation progressive du vouvoiement ? Souhaite-t-on continuer à conserver cette spécificité ? N’y aurait-il pas cachée quelque part une petite envie de résister à l’envahisseur anglo-saxon ?

 

Miss Brownie vous présente le nain nouvelle génération, la génération Z (j’espère qu’ils seront pas aussi mauvais que les séries du même nom, huhu), la génération qu’elle est ambitieuse et pense qu’elle fera mieux que toi mais sans les diplômes. Franchement, je le leur souhaite, personnellement j’ai dé-test-té les études, et je dé-teste qu’on juge encore tellement trop les gens sur leur diplôme plutôt que sur leur expérience ou leurs réelles capacités (qui n’a pas rencontré de crétin sur-diplômé, bardé de connaissances totalement inadaptées au vrai monde de l’entreprise ?).

 

Si certaines générations se succèdent et se ressemblent, si d’autres prennent au contraire le contre-pied de leurs aînés, il est un rôle dont on ne peut nier la transformation… Le rôle du papa. Sors ton mouchoir, file chez Muuuum lire des témoignages de pères. Et qu’ça saute !

Moi je me demande… Si on avait posé des questions aux pères « d’avant », qu’est-ce que cela aurait donné ? Si les hommes avaient eu plus tôt la possibilité (dans tous les sens du terme) de parler de leurs sentiments envers leurs enfants, qu’aurait-on découvert ? Ces sentiments sont-ils vraiment nouveaux ?

 

Chocophile nous parle de ceux pour qui toutes ces questions d’éducation ne se poseront peut-être jamais, et nous invite à réfléchir autour des dérives des progrès de la médecine pour procréer « à tout prix »… Laisse-toi porter par les vagues de sa réflexion, et tu verras qu’elle te mène loin, bien loin, et que tu te demanderas toi aussi, jusqu’où on ira ainsi ?

 

Bonne lecture !

 

Vaallos, avec un ptit bout de Maman Sioux.

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8 réflexions sur “Education d’hier et d’aujourd’hui (mini débriefing)

  1. Merci et bravo pour ce débriefing soit-disant écrit à la hâte!!! La problématisation est parfaite et les contributions bien amenées… merci, vous nous avez donné envie de lire chacune et de poursuivre cette discussion autour du passage de flambeau entre générations…
    A mon boulot maintenant!!!

  2. Yes, super debriefs. Je trouve qu’ils sont de mieux en mieux! j’aime bien la question que tu (vous) poses pour ma contribution (sur les papas). J’imagine que les papas ont toujours eu des sentiments pour leur progéniture (c’est souvent Kiara qui nous en donne des exemples, non?) mais la nouveauté c’est qu’on leur demande!

  3. Excellent débriefing! Bravo!
    Et oui Muuuum, je me rends compte à travers les grands classiques de la littératures que les papas ont toujours été là, derrière leur progéniture.

  4. Pingback: Semaine 14: Le débriefing de Mme Déjantée « Les Vendredis Intellos

  5. Pingback: Education | Pearltrees

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