Semaine 13: Le débriefing de Mme Déjantée

Encore une belle semaine neuronale qui s’achève!!

Avec pas moins de 21 contributions!!

Pas beaucoup de news cette semaine, pour la simple et bonne raison que les Vendredis Intellos ont maintenant bien pris leur rythme de croisière…!!

J’ai toujours en tête pas mal de petites idées pour conquérir le monde,

idées qui, je vous l’assure, font leur chemin…!!!

Vous aurez sûrement remarqué que les rangs des Marraines des Vendredis Intellos se sont bien étoffés,

Surveillez donc les mini débriefs des semaines à venir,

Ils risquent fort d’être palpitants!!

Cette semaine donc, 5 thèmes vus par 5 Marraines, j’ai nommé:

Kiki the Mum

Maman Bavarde

Maman Sioux

Vaallos

et

Sandy

Thème n°1: Ces petits trucs qui font toute la différence par Sandy

Un petit thème tout simple pour nous rappeler que loin des grandes réflexions et prises de tête éducatives, la parentalité au quotidien c’est aussi des trucs et astuces… et que bien loin d’être des détails, ce sont aussi eux qui nous permettent de faire face, de profiter de l’instant, de prendre la vie du bon côté…

Entre innovation technologique, échanges de savoir sur l’entretien des couches lavables, trucs et astuces pour faire tenir les affreux en voiture, yoga pendant la grossesse, voilà ce dont nous parle Sandy dans son mini-débriefing…

Ceci me donne l’occasion de vous parler d’un bouquin que j’ai commencé récemment et qui rentre selon moi exactement dans cette catégorie du détail qui fait toute la différence… Le livre c’est Jouons ensemble… autrement de Catherine Dumonteil Kremer. J’avoue tout de go que même si j’apprécie beaucoup cette auteure, je n’aime pas beaucoup qu’on nous serve du « autrement » matin, midi et soir… non que je n’aime pas l’innovation mais plutôt que je considère qu’il y a autant de façon de faire de que de parents… Ceci étant, l’auteure nous invite de manière indéniable à renouveler notre vision du jeu, et surtout son importance dans notre façon d’envisager la relation à l’enfant…Dans ce livre, il est question de faire du jeu un véritable mode de vie… pour communiquer, se dire qu’on s’aime, mais aussi dénouer les conflits et apaiser les chagrins…Alors quand je l’ai acheté, je me suis dit que c’était probablement un petit détail, et à mi-parcours j’en conclus qu’il fait tout de même toute la différence…

Donc, j’en ai déjà proposé un extrait à Maman Poussinou, mais je pense qu’il y a de quoi faire… Avis aux amatrices!!

Thème n°2: L’homme et la grossesse par Maman Bavarde

Le père et le médecin: voici les deux figures masculines principales qui accompagnent la femme tout au long de sa grossesse…

Comme l’a très justement rappelé Maman Bavarde, nous avons déjà eu l’occasion d’aborder dans les débriefing la question de la place du Père (c’est d’ailleurs elle qui s’en était déjà chargé!!! A croire que je lui ai collé l’étiquette de « spécialiste ès paternité »…).

Si je vous renvoie à ce précédent débriefing c’est d’abord pour que vous relisiez l’extrait de l’Art d’accommoder les Bébés de Delaisi de Parseval et Lallemand, (qui, d’ailleurs, ne vous avait guère inspiré, je veux dire par là qu’il est toujours temps de le commenter!!) qui expliquait déjà ô combien il était difficile de penser la place du père et celle du médecin… J’avoue avoir été assez marquée par la représentation du père transformé en St Joseph tandis que le médecin devenait Dieu tout puissant (et je ne parle même pas de PMA!!!)!!!

Si je vous renvoie à ce précédent débriefing c’est aussi parce que je trouve le sujet franchement complexe… j’ai même l’impression qu’on patauge un peu… Parce qu’au final, on leur demande quoi, aux hommes pendant la grossesse?? D’être nos meilleures amies, nos confidents, nos protecteurs, de réaliser que nous sommes enceintes, de nous faire l’amour comme si nous ne l’étions pas, de porter intellectuellement l’enfant que nous portons physiquement, d’être présents tout en sachant s’effacer au moment opportun, de supporter de nous voir souffrir, de nous soutenir sans nous infantiliser, et ce n’est que le début de la liste…!!! Je pense donc que ce n’est pas de la tarte d’être l’homme d’une femme enceinte…mais je manque cruellement de références bibliographique pour « penser » la multiplicité des missions affectives et matérielles que nous leur confions…

Je viens de commencer la lecture de Comment aimer un enfant de J. Korczac…Et si la proposition éducative qu’il formule est visionnaire et édifiante au point d’en attraper la chair de poule… l’absence du père l’est tout autant… (en tout cas, jusqu’à la page 102…;) !!). Je ne le blâme pas, il n’y est pour rien… Il relate simplement la parentalité telle qu’elle était vécue (probablement dans les milieux bourgeois, mais ce n’est qu’une hypothèse de ma part) au début du XXème siècle, parentalité entièrement incarnée, du moins dans les premières années de l’enfant, par la mère seule, parfois aidée/remplacée par une nourrice (contre lesquels Korczak s’élève d’ailleurs…).

Bref, ce dont je vous fais par ici, c’est ni plus ni moins de mon errance intellectuelle… Et je vous avouerai même que la figure du père me semble un tel monument qu’un seul Guest n’y suffirait pas pour nous faire avancer!!! Vos propositions sont les bienvenues!!!

Thème n°3: Mes parents mon exemple par Kiki the Mum et Thème n°4: Devenir soi-même par Maman Sioux

L’idée de ces thèmes, que je choisis de traiter simultanément vu leur proximité, était pour moi de nous interroger encore et toujours sur notre rôle, notre place de parent face aux apprentissages (au sens très large du terme!!!) de nos enfants… Là encore, c’est un thème récurrent dans les Vendredis Intellos (que Kiki et Maman Sioux ont néanmoins su renouveler de manière brillante en y apportant leur éclairage personnel!!)…

Récurrent aussi plus généralement dans le domaine de l’éducation (et là, je ne parle pas de ce que vous faites chaque jour avec vos affreux mais du domaine universitaire qui s’appelle les Sciences de l’éducation…). Car selon comment on envisage le processus de l’apprentissage, selon comment on se le représente, selon quelle est notre « théorie » sur ce qu’est l’apprentissage… ben le rôle de l’éducateur (qu’il soit enseignant ou parent) ne s’envisage pas de la même façon…

Je vous donne un exemple très grossier pour vous faire comprendre: si j’envisage qu’un enfant est une tête vide à remplir, et que le but de l’éducation/de l’enseignement est de faire passer les connaissances qui sont dans MA tête d’adulte bien pleine à SA tête d’enfant bien vide… ben je vais mettre en place un dispositif d’apprentissage au centre duquel sera placée l’adulte (détenteur de la connaissance) tout en m’efforçant de placer l’enfant dans ce que je considérerai être les meilleures dispositions d’apprentissage compte tenu de cette vision: je m’efforcerai donc à ce qu’il soit le plus « attentif » possible, le plus « disponible » et « concentré » possible… Je mets tout cela entre guillemets parce que cette représentation de l’apprentissage est tellement erronée que je n’assume pas de la tenir jusqu’au bout…Erronée, certes, mais néanmoins bien présente dans les esprits, cela ne fait aucun doute!!

Cette semaine, vous nous avez présenté tout au long des contributions, plusieurs pédagogues au sens strict du terme: Montessori, Stern, Dolto, Rousseau, Piaget…

Mais aussi d’autres auteurs qui, sans dire le mot, nous parlent aussi d’apprentissage: Apprentissage de l’interaction avec autrui, construction de l’estime de soi, construction de sa propre identité au sein de son histoire personnelle et familiale..

Chacun de ces auteurs a sa manière à lui de voir l’apprentissage, sa propre théorie…Pour le dire vite (enfin, le plus vite possible!!) nous partons du principe qu’il existe deux modèles extrêmes de l’apprentissage: l’empirisme et le rationalisme. Dans le modèle empiriste, toute connaissance vient de l’expérience avec le monde sensible. Dans le modèle rationaliste, toute connaissance vient de la raison (car, entre autres choses, les sens sont trompeurs), pensée comme innée. Quand on évoque Rousseau, on est clairement du côté de l’empirisme… du coup le maître n’a d’autre mission que de placer son élève au contact avec le monde sensible qui lui seul lui permettra d’apprendre…Quand on évoque Montessori, on est aussi très nettement du côté de l’empirisme (notamment sur l’importance qu’elle accorde à l’éveil des sens) même si sa notion de « période sensible » et son adhésion au courant vitaliste (selon lequel il y aurait en chaque enfant une force « vitale » qui le pousserait) relèvent plutôt de l’innéisme, dont du rationalisme…Piaget propose clairement une synthèse entre empirisme et rationalisme en s’inspirant de Kant et en disant que la connaissance commence avec l’expérience (empirisme) mais se structure avec la pensée (rationalisme)… Bien malheureusement, tous ces pédagogues avaient légèrement oublié l’importance de l’interaction (verbale ou non verbale) avec l’adulte mais aussi avec ses petits copains… dans la construction de la connaissance…

Bref, j’arrête là mon topo (pas trop ennuyeux j’espère!) pour vous dire qu’il serait vraiment bien de continuer ce tour d’horizon des pédagogues en nous interrogeant à chaque fois sur « Que veut dire apprendre pour ce pédagogue? » « Quel rôle cette vision de l’apprentissage implique-t-il pour le parent/l’enseignant? ». Pour ceux qui manqueraient d’idées, vous pouvez aller voir: Freinet, Decroly, Dewey, Neil (avec le célèbre ouvrage Libres enfants de Summerhill qui devrait vous inspirer!!)…

Thème n°5: Le corps des femmes par Vaallos

Un thème bigarré, dont Vaallos a malgré tout su rendre sa poésie… Qui évoque aussi bien l’éducation à la féminité (faute d’un meilleur terme!!), que le désir (ou l’absence de désir!!) de maternité, en passant par la maladie…

Par grand chose à dire de ce thème sinon qu’il m’a apporté la certitude que nous ne pouvions continuer à faire l’économie de relire Badinter (même si nous ne la portons pas toutes dans nos coeurs) et Simone de Beauvoir… J’attends donc avec impatience et les courageux et courageuses volontaires pour aller au delà des classiques (je dis classique au sens où ce sont souvent elles qui font la une des journaux…) thématiques de l’allaitement et de l’instinct maternel pour nous parler plus généralement du corps des femmes…

Voilà, j’espère donc que vous repartez avec plein d’envie de lectures et quelques idées pour les semaines à venir!!!

Faites moi signe si vous voulez que je vous envoie des extraits ou en cas d’angoisse de la page blanche!!

Vendredi, c’est déjà demain!!!

Alors bonne débauche neuronale!!!

4 réflexions sur “Semaine 13: Le débriefing de Mme Déjantée

  1. Pour le thème de la paternité, j’ai lu un très beau livre quand Joachim était petit lors de longues séances de tétée. J’en ai gardé un souvenir intense et ému : « Etre père, disent-ils »-  » inattendus, sincères, vibrants ,7 écrivains parlent pour la première fois de l’expérience la plus intime ; être père » argument la 4ème de couverture… il y a Philippe Claudel, Patrick Besson, Philippe Delerm, Jean-Yves Cendrey, Olivier Adam; Thierry Consigny, Boualem Sansal…

  2. Tu me donnes à chaque fois envie de partir dans plein de directions au niveau des lectures. Dans ces moments-là, je me dis qu’il n’y a pas assez de vendredis dans une semaine, ou que je vais devoir partager des lectures en-dehors des vendredis si ça continue ! lol
    (puis le quotidien et Pti Tonique me rattrapent et je n’ai pas le temps de lire tout ce que je voudrais… mais je m’accroche !)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.