Mes parents, mon exemple (mini-débrief)

On le sait : être parent, c’est une sacrée pression. On est responsable de petits êtres qui nous aiment, à ce qu’il paraît, d’une manière inconsidérée. Wow : rien que ça, ça fait peur. C’est le genre de boulot où tu peux pas démissionner…

En matière d’éducation, il y a deux voies pour la mener à bien. Mais siiii, réfléchis ! Car il y a ce que l’on dit – ces mots qui guident l’éducation comme le « non » ou « c’est dangereux, tu peux te faire mal » pour ma part en ce moment… et qui résonnent comme des mantras – et il y a ce que l’on fait. Traduction : nous sommes des exemples pour nos enfants. Pour eux, inconsciemment, nous sommes ce qu’ils doivent être.

Et là, la pression est double. Il faut avoir un sacré recul pour s’écouter parler, mais pour se regarder faire… comment dire… C’est là aussi un travail de tous les jours.

Avant d’avoir ma Zouzou, j’expliquais justement cela à mon Ours : « Tu sais, pour apprendre aux enfants, il faut déjà que l’on fasse ce qu’on lui demande, sinon, on n’est pas crédible ». Ben j’avais à moitié raison : c’est surtout que ça manque de logique. Ben oui, comment l’enfant peut comprendre que, par exemple, pour se laver les dents, il  faut fermer le robinet s’il voit son père le laisser couler à flot ? Sans logique, point d’intégration (ou mal). En gros, nous sommes de véritables guides qui montrons le chemin à nos enfants, mieux : nous les accompagnons dans la vie, en leur montrant comment vivre, comment est cette vie. On leur donne des clés pour vivre cette vie : notre exemple va les conditionner dans des fonctionnements qui vont s’ancrer profondément en eux et constituer l’essence même de leur être (vous comprenez mieux cette pression dont je parlais au début ?). Si on ne les console pas, ils auront la conviction que la vie ne console pas, si on ne les écoute pas ils se sentiront incompris, profondément seuls et grandiront avec le sentiment que personne ne peut les comprendre. De même, si on râle tout le temps sur tout, il verront les choses négativement, alors que si on regarde le verre à moitié plein, on transmet une vision positive de la vie. Ouais, c’est pas réjouissant tout ça, mais c’était juste pour expliciter ce que je pensais (je sais pas si c’est très clair ?).

La prise de conscience de ce qu’est être parent se fait progressivement, et ce, dès la naissance de l’enfant. Même si on est perdu, si on ne sait pas ce qu’il faut faire,  il ne faut pas perdre cette logique finalement qui semble le bon fil à suivre pour mener à bien une éducation… équilibrée. Facile à dire ? Conseils éducatifs nous parle justement de tout cela avec Dolto et « Lorsque l’enfant paraît » (que j’ai toujours eu envie de compléter par « tu te fais plus chier », ben oui, t’as plus une minute à toi, faut se l’avouer). Elle nous parle d’un exemple assez parlant : l’enfant baigné in utero dans des bruits toute la journée ou presque qui se retrouve isolé de tout bruit une fois né, mis à l’écart dans une pièce de la maison… Quand on y réfléchit, ce n’est pas logique… Le bébé intégré à la vie, bruyante parfois, de la famille donnerait des êtres plus sociables : ça, c’est plus logique. Comment un enfant qui n’est pas habitué dès petit au ballet de la vie peut ensuite suivre le mouvement ?

Puis quand le bébé grandit, les borborygmes prononcés par ses parents deviennent des mots, qu’ils s’approprient pour ensuite les restituer et les faire siens. Ces mots servent à l’expression de l’enfant, notamment des émotions. Qu’y a t-il de plus difficile que de mettre des mots sur des émotions ? Qui, adulte y parvient correctement pour que cela ait un effet libératoire ? S’il on ne peut apprendre que ce que nous-mêmes nous savons, une réflexion sur les besoins de l’enfant peut nous permettre de le guider, encore une fois, à cette difficile expression. En le guidant, on lui dit : « Je t’écoute / Tu es compris / Tu as le droit de ressentir des émotions ». C’est ce à quoi nous invite à réfléchir Flolasouricette à travers le célèbre Thomas Gordon et son « Parents efficaces au quotidien ». Les mots ont un rôle essentiel dans le rôle du parent.

Une importance des mots que ne contredirait pas Vaallos qui a remué ses méninges sur le sujet sensible et ô combien prenant de la rivalité entre les frères et sœurs (déjà traité dans un débrief sur la famille et les psy) avec les excellentes Faber et Mazlich. Elle explique les méfaits d’une comparaison entre les membres d’une même fratrie par les parents. Le rôle de parents, juges alors, peut être destructeur : « je te montre comment tu es mieux ou moins bien que ton frère/ta sœur »… quoi de pire ? Mais que faire alors : décrire ! Encore une fois la puissance des mots prononcés par les parents est assez… flippante. Et encore une fois on en arrive à la conclusion que ce qui est important dans la parentalité, c’est agir et parler de manière à respecter la singularité de son enfant, pour qu’il se sente considéré à sa juste valeur et ait le sentiment que l’expression de son existence est tout simplement légitime. Je fais une digression ici, mais je ne peux m’en empêcher. Cela rejoint la philosophie bouddhiste que j’ai à cœur (même si c’est plutôt hard à mettre en pratique) : nous ne possédons pas notre enfant, on nous a simplement chargé de nous occuper de lui jusqu’à ce qu’il puisse prendre son envol. Voilà pourquoi j’aime utiliser ce mot de « guide » ou « accompagnateur », loin de toute autorité et autoritarisme…

Les mots peuvent parfois laisser place à la libre expression à travers le geste de peindre. Muuuum nous parle de la Formulation. Une découverte pour moi qui, fan d’art et de l’expressivité du geste, me parle énormément. Laisser l’enfant s’exprimer à travers le geste, le tracé plus exactement, en dehors de tout jugement – esthétique notamment – du résultat : la liberté avec un grand « L », tout simplement jubilatoire.

Mais parfois aussi, c’est l’enfant qui peut être l’exemple pour le parent et l’aider à reconsidérer son rôle. Je m’explique : on parle souvent de ce que doit apporter le parent à l’enfant. Et ce que l’enfant nous apporte ? Car si l’on ouvre un peu les yeux et que l’on observe notre enfant, il nous donne de sacrées leçons de vie. Et c’est ce dont nous a parlé Home Sweet Môme vendredi. S’appuyant sur Montessori pour mener sa réflexion, elle se demandait si finalement parfois l’adulte ne doit pas s’adapter au rythme de l’enfant, à son niveau et à sa manière de vivre les choses « pour ce qu’elles sont » et non pas pour atteindre un but. Comme elle le dit si bien, une jolie manière de vivre le « ici et maintenant » – credo de la gestalt thérapie – que nous enseigne les enfants, nous qui sommes toujours dans la projection et non pas vraiment dans le présent.

Je ne sais pas vous, mais toutes ces réflexions me laissent rêveuses… et songeuses.

Kiki The Mum

3 pensées sur «Mes parents, mon exemple (mini-débrief)»

  1. Merci beaucoup de ce débrief!!! Et pas fâchée de te retrouver dans l’équipe des Marraines… !! La juste place du parent et de l’éducateur me semble un sujet très complexe et très loin d’être achevé…Il faudrait que je nous trouve un Guest pour nous faire un topo là dessus….

  2. Pingback : Semaine 12: Le débriefing de Mme Déjantée « Les Vendredis Intellos

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