Image tirée du site www.arnostern.com

Aujourd’hui, point de maternage, portage, allaitement… pour ma nouvelle participation aux Vendredis Intellos. Je vais plutôt vous parler de peinture et d’universalité, cette chose « physiologique » présente en chacun et que tout le monde ou presque ignore : la Formulation.

Découverte fine et attentive d’Arno Stern faite au sein de son atelier de peinture, le Closlieu à Paris. Closlieu = lieu clos mais expression libre!

Je ne suis pas experte en arts plastiques. Ce que je sais de la Formulation je l’ai appris grâce à mon père qui avait monté un atelier de peinture mobile pour les enfants à St Fons, dans l’agglomération lyonnaise. J’allais parfois l’aider le mercredi alors que j’étais lycéenne ou étudiante. J’ai grandi dans cette expression libre, et j’ai aimé aussi le principe que cette liberté ne se réalise que dans le respect des autres et de consignes simples dans un univers haut en couleurs. Je mettrai bientôt en ligne l’expérience de Ti Peintrambuls, le camion de peinture.Ce que j’ai surtout retenu de cette expérience : des enfants heureux de peindre, comme le titre du livre d’Arno Stern et Peter Lindberg Heureux comme un enfant qui peint.

Au Closlieu, le Praticien (l’animateur) n’intervient pas sur la qualité de la peinture, ne donne aucune notion d’orientation picturale, de référence esthétique et n’émet aucun jugement; il est là dans sa qualité de SERVANT, humble et attentif aux besoins des « peintres » enfants et adultes, déplaçant les punaises des feuilles, apportant un tabouret, veillant à agrémenter la table-palette en matière colorée. Un seul rôle technique : apprendre à tenir son pinceau pour libérer le geste. Dans cet univers coupé du reste de la vie quotidienne, pour une heure ou deux, chacun libère son tracé, et repart les mains libres (les peintures restent à l’atelier achevées). Et la Formulation s’accomplit (ou pas), au rythme des séances.

« Au-delà de l’intention, des profondeurs de l’être , où la raison n’accède pas, s’impose le TRACÉ, et il entraîne l’image vers un imprévu qui n’est pas cependant le domaine du hasard ou de la fantaisie. »
« Mais quand est libéré le TRACÉ, dont la nécessité est profondément ancrée dans l’organisme, c’est une indicible jouissance qui s’ajoute au plaisir de jouer. Seuls les enfants du Closlieu -petits et grands- la connaissent. Et c’est aussi leur secret, une aventure qu’ils vivent sans la trahir par les mots. »
 » Tu vois, ce n’est pas l’image des choses qui est essentielle mais le rôle que la nécessité d’expression leur fait jouer
« .
«  La TRACE n’est vivante qu’au moment où elle s’accomplit. Ensuite, elle n’est qu’un dépôt, le résidu d’un processus, une cendre éteinte.
Et l’enfant désire une nouvelle feuille, désire le retour de l’émerveillement. La TRACE reparaît, se développe dans cet espace fait pour la recevoir, s’y fige.
Une nouvelle feuille, une nouvelle rencontre, une satisfaction tout aussi parfaite. »
« La Formulation est un immense ensemble structuré et vivant, qui fonctionne comme un programme
. »

Voilà comme nait la Formulation, processus physiologique et universel. Je ne décrirai pas le fonctionnement de la Formulation, ses manifestations au travers de la peinture et de l’évolution de l’enfant.
Ce qui me tient à coeur dans ces ateliers, c’est l’expression libre de l’essence de l’humain, loin des cours d’art plastique, loin des jugements esthétiques,loin de la compétition scolaire et des ses normes. Un enfant HEUREUX et SEREIN évolue grâce à cette expression.
Le travail d’Arno Stern devrait se développer partout : à la maison, à l’école, dans les centres d’animations etc. Comme beaucoup l’ont fait, tel mon père, et dont les initiatives sont peu connues.

Aux côtés des théories et pratiques éducatives non-violentes, souvent évoquées dans les VI, je pense que la Formulation à sa place.
Pas de modèles imposés, mais une universalité de formes et un processus quasi invariables surgissent de chaque être, naturellement. Comme tous les processus de développement de l’enfant : marcher, parler, peindre…
Le TRACÉ est en chacun de nous et ne demande qu’a faire savoir son impérieuse nécessité.

Muuuum