A petits pas

Pour poursuivre ma réflexion sur Montessori, je continue sur le thème de la marche qui suit celui du sommeil, dans le livre L’enfant.

L’auteur met en avant son idée leitmotiv : s’adapter au rythme de l’enfant et non pas le contraire. Elle l’exprime en ces termes

Renoncer à ses propres besoins et répondre à ceux de l’être en formation, telle est la ligne de conduite qui devrait être celle de l’adulte.

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Ainsi, dans le contexte de la marche du tout petit, elle raconte la promenade d’un papa japonais avec son petit de deux ans. Le père patiente, attend son enfant quand celui-ci s’arrête pour jouer ou pour se reposer. Montessori souligne l’importance pour le petit d’homme d’exercer sa marche, son équilibre. Il peut marcher longtemps mais a besoin de s’entrainer, or les parents dans un souci de sécurité l’enferment souvent dans un parc, dans un trotteur et/ou limitent ses promenades.

Pour comprendre le fossé entre nos attitudes et les besoins du petit qui marche, Montessori explique que l’enfant a un but différent de l’adulte.

La nurse va, de son pas, vers l’endroit qu’elle a choisi pour se promener, poussant la petite voiture dans laquelle l’enfant a petit à petit pris la fonction des fruits qu’on apporte au marché sur la charrette. Ce n’est qu’arrivée à son but – par exemple dans un parc – qu’elle s’assièra, sortira l’enfant de la voiture et le laissera se promener auprès d’elle.

Quel est le problème me direz-vous ? Et bien selon l’auteur, le but de l’enfant est dans la marche elle-même et non le lieu où aller. La marche lui permet de « se créer lui-même ». Son rythme est certes lent mais c’est ainsi qu’il expérimente, apprend. L’enfant s’arrête pour observer le monde, une fleur, un animal … Il faut savoir prendre son temps, au côté de son enfant. Est aussi évoqué le bonheur que représente un escalier en terme d’essais erreurs, pour l’enfant qui monte, s’appuie, grimpe, essaye seul, et se crée, s’accomplit à son niveau.

J’ai trouvé cette lecture fort intéressante. Mini capuchon ne marche pas encore, je ne sais pas comment je me comporterai. Pour l’instant, je la porte beaucoup, et j’utilise de moins en moins la poussette (d’ailleurs en lisant Montessori, je me suis demandée ce qu’elle aurait pensé du portage) mais justement je me demande si je n’aurais pas tendance à porter encore longtemps ma puce plutôt que de la laisser marcher pendant de longues promenades en restant patiente, en allant à son rythme. Pourtant, ce que dit Montessori me parait être le bon sens même, aller au rythme de son petit qui expérimente la marche et découvre le monde d’une nouvelle manière, cela me semble une évidence. Mais une fois de plus, comment concilier nos vies d’adultes avec celle de nos tout petits ? Si le but de mon enfant est dans la marche elle-même alors que mon but est de faire une course, où trouver le juste milieu ?

Je garderai cette lecture en mémoire, lors des premiers pas hésitants de mini capuchon. Je trouve aussi le parallèle avec une philosophie de vie, fort jolie. En effet, nos enfants vivent les choses pour ce qu’elles sont, alors que nous autres adultes ne voyons toujours que le but. Peut-être devrions-nous davantage apprendre de nos enfants !

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Une réflexion sur “A petits pas

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