L’Homme descend de ses parents qui descendent des leurs

Nous portons tous en nous les marques de notre éducation et par là même celles notre enfance. Tous.
Nous portons tous en nous les gènes de nos parents, grands-parents, des familles de nos parents et de nos grands-parents.

Tout ça, ça s’appelle des valises : tu sais ces boîtes qui sont remplies de plein de choses difficiles à porter, sur lesquelles on peut mettre un nom – manque d’amour, maltraitance, mésestime de soi et j’en passe – et d’autres que l’on sent, là, dans ces valises mais que l’on ne connaît pas.

Silencieuses, insidieuses, elles nous connaissent, elles nous font du mal parfois.

C’est pas moi qui le dit, c’est la psychogénéalogie.

C’est une dame qui a « inventé » cette discipline. Elle s’appelle Anne Ancelin Schützenberger (essaie pas de prononcer, juste impossible).

Je te laisse en compagnie de cette dame pour une explication précise de cette discipline somme toute nouvelle dans l’histoire de la psychologie :

« Nous abordons les secrets de famille, les non-dits, le « syndrome d’anniversaire », les répétitions familiales agréables ou tragiques, les « loyautés invisibles », le niveau d’études, le niveau économique, les alliances, ruptures, déracinements, les transmissions familiales, dans un travail fait avec un thérapeute clinicien (médecin , psychologue ou psychanalyste, parfois un spécialiste de la « sociologie clinique », une « infirmière clinicienne », spécialement formés…) ou un thérapeute familial, analytique ou systémique, ou formé à la transmission trangénérationelle.

La transmission familiale est souvent consciente, claire, parlée : liens intergénérationnels. Elle est trop souvent involontaire, inconsciente, biaisée, cachée, tuée, déformée et liée au secret, aux non dits. (liens non élaborés transgénérationnels).

La famille choisit souvent de garder le secret sur des événements tragiques ou difficiles : « C’est pour ton bien »; le secret de la 1ère génération est ignoré de la 2ème génération, qu’il met un peu mal à l’aise : c’est enfoui comme dans une « crypte » et devient comme un « fantôme » ; hantise, quête, souffrance, cauchemars, maladies graves, accidents d’anniversaires… Le secret se manifeste indirectement à la 3ème génération et souvent pendant plus d’un siècle, en liens transgénérationnels…
« Les loyautés familiales invisibles » se traitent par la « parole vraie » (comme dit Françoise Dolto) et par la psychothérapie liée à la psycho-histoire familiale et à ses faits réels ou imaginaires et par des actions symboliques réparatrices, qui permettent de finir les « taches inachevées » (deuil en particulier) de clore les « Gestalt » et donc d’arrêter les répétitions douloureuses ou nocives. »

Cela te paraît incroyable qu’une personne subisse aujourd’hui la vie de ses aïeux ? Et pourtant. Autour de moi, ou à la télé – lors de reportage sur cette discipline -, j’ai entendu des histoires incroyables.
Un homme qui chaque année au mois de janvier faisait un collier de boutons impossibles à traiter : Anne Ancelin S. (impossible à écrire aussi tien) le questionne. Jusqu’à ce qu’il lui révèle qu’un de ses ancêtres, royalistes, avaient été décapité alors au mois de janvier. Le corps fêtait ce triste anniversaire chaque année… La psychogénéalogie était née.

Un autre cas d’étude rapporté par un spécialiste de cette discipline dont j’ai oublié le nom. Un homme asthmatique lourd de longue date arrive en consultation. En menant l’enquête sur sa famille il se rend compte que son grand-père était mort exécuté en chambre à gaz lors de l’Holocauste… Et son asthme disparaîtra alors.

Ce sont des cas rapportés qui te laisse sceptique ? Un ami de ma sœur faisait des recherches pour savoir d’où venait son père, adopté vraisemblablement.  Il s’est alors rendu compte qu’il avait fait la même école que son grand-père… que son propre père ne connaissait pas. L’histoire semblait se répéter.

Faits étranges et pourtant réels.

Quand on devient parent, on a à cœur de régler ses comptes avec sa propre enfance. Et l’on se rend compte, en fouillant un peu, que tout s’entremêle. Si cette discipline m’intéresse tant c’est que parfois dans la famille il y a de nombreux non-dits. Je connais l’histoire de ma famille… jusqu’à mes grands-parents. Point. Pourtant j’ai besoin de savoir d’où je viens pour dire à ma fille notre histoire. Un être ne peut savoir où il va s’il ne sait pas d’où il vient. C’est primordial.

Depuis que j’en sais un peu plus sur la famille de ma mère, une toute petite infime partie, et bien je me sens… soulagée. Et rassurée. Car je porte en moi depuis petite des convictions, des perceptions, des émotions qui dépassaient le simple cadre des conséquences de mon enfance. Drames, violence, terreur, peur des hommes, suicides… Je recolle les morceaux, même si je sais que le puzzle est presque infini et connaît des pièces plus qu’obscures… Mais j’en ai besoin, pour moi, ma fille – je lui dois de casser la chaîne des transmissions invisibles, il en va de ma responsabilité de parent -, ma sœur, pour que l’on arrête de répéter les mêmes histoires, pour que les morts restent où ils sont et arrêtent de nous poursuivre en nous faisant du mal.

Les secrets de famille, il n’y a rien de pire.

Chrystelle Kiki the mum

9 réflexions sur “L’Homme descend de ses parents qui descendent des leurs

  1. Yes! Merci Kiki, j’voulais le faire et m’y replonger. C’est tellement intéressant la psychogénéalogie! en plus comme je suis « Miss Patrimoine », ben ça me parle. mais je te laisse le soin de nous donner à réfléchir sur ce sujet, d’explorer les grottes de nos mémoires. Moi je vais m’occuper de Freinet ;)

  2. Merci Kiki pour ce bel article!!!! Merci aussi de nous l’avoir fait partager sur le blog collectif!! J’allais justement te renvoyer à l’article de Val 1603…. je trouve effectivement la psychogénéalogie troublante… ceci étant, je pense qu’elle doit être très encadrée (j’ai notamment eu vent de pratique assez abusives de la part de professionnels) car il faut prendre soin à distinguer ce qui fait sens POUR soi et ce qui fait sens PAR soi (un peu comme les horoscopes…). Bref, je n’ai pas fini de m’interroger!!!

    • Tout à fait d’accord avec toi Mme D, mais c’est une discipline incontournable à mon sens pour les personnes qui s’interrogent sur elle, sur leur histoire ou du moins sur ces questions qui ne trouvent pas de réponse dans leur propre histoire ou celle de leurs parents.

  3. Troublants ces témoignages …
    Des secrets de famille, il y en a dans ma famille …
    Ma grand-mère maternelle m’a raconté l’histoire de sa famille quand j’étais petite, malheureusement, quand elle me l’a raconté, ça ne m’intéressait pas beaucoup et je n’écoutais que d’une oreille distraite. Pourtant, à l’aide de photos, elle me racontait tout sur mes arrière-arrière-grands parents voir même 1 génération au dessus.
    La généalogie, ça peut être passionnant.

    • Il n’est jamais trop tard. J’ai le témoignage d’une amie qui me disait que son père, 70 ans, commençait à peine à avoir les réponses au mystère de sa naissance. Il n’est jamais trop tard ;)

  4. Pingback: *Psychogéanologie | Pearltrees

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