La réforme de nos habitudes

Dans L’enfant de Maria Montessori que je parcours en ce moment, j’ai pu lire tout un tas de choses avec lesquelles je me sens plus ou moins à l’aise. Plus ou moins à l’aise car l’auteur tente de révolutionner notre vision de l’enfant, et il est difficile d’intégrer de nouveaux principes à nos fonctionnements anciens, même si par ailleurs on accueille ces principes de façon positive. Au delà de nos propres fonctionnements, il s’agit aussi des fonctionnements de notre société. Ainsi, je me dis souvent que même si je voulais éduquer ma fille en suivant les principes de Montessori, il me serait bien difficile de le faire admettre par son assistante maternelle, son école, ses amis, dieu et ma mère … en gros, on ne vit pas dans une bulle quoi. Alors, bien sûr il reste la possibilité de prendre un congé parental puis d’inscrire mon enfant dans une école privée, mais qu’en dira mon banquier ? Un autre combat ?41RCS0T8GLL._SS500_

Un exemple concret de cette bousculade de principes difficiles à admettre puis à faire admettre ? Et bien passons à l’étape du « dormir », moment au combien important ! Dans cette partie du livre, l’auteur nous dit que les conflits entre parents et enfants débutent au moment où l’enfant a le pouvoir d’agir. En gros, dès que l’enfant commence à marcher les choses se compliquent. Elle écrit « L’état psychique de l’enfant et celui de l’adulte sont si différents l’un de l’autre, que la vie en commun est presque impossible, si l’on n’a pas recours à certaines adaptations. Or ces adaptations se font au complet désavantage de l’enfant, dont l’infériorité sociale est absolue; et la répression de l’enfant, dans l’ambiance où règne l’adulte, devient fatale, du fait que l’adulte, inconscient de cette attitude de défense, n’est conscient que de son amour et de sa généreuse abdication.«

En d’autres termes, nous ne voyons que notre tendance à céder par amour à nos enfants sans voir notre attitude générale sur la défensive, attitude qui découle directement d’une conception inégalitaire entre les adultes et les enfants. Là est la première révélation à encaisser quand on s’intéresse à la pédagogie Montessori, ce déséquilibre n’est pas une fatalité, ce n’est peut-être même pas la seule façon de concevoir ses rapports avec ses enfants.

Concrètement, le lit de l’enfant est pointé du doigt par Maria Montessori. Le lit à barreaux pour des enfants qui savent se mouvoir est une hérésie, une cage surelevée, au service des parents avant tout.

L’auteur propose de changer cette habitude, « Une des premières aides à la vie psychique de l’enfant est la réforme du lit et des habitudes relatives au long sommeil imposé. L’enfant doit avoir le droit de dormir quand il a sommeil, de s’éveiller quand il a fini de dormir et de se lever quand il le veut. » Elle recommande l’utilisation d’un matelas très bas, l’enfant peut s’y coucher et le quitter quand il le veut. Elle nous rappelle qu’il s’agit d’une solution économique comme tout ce qui permet d’aider la vie psychique de l’enfant qui a besoin de peu de choses. Les obstacles finalement c’est nous qui les imposons.

Voila concrètement un exemple qui vient bousculer nos idées. J’avoue que j’ai du mal à m’imaginer installer un simple matelas dans la chambre de ma fille. J’ai du mal aussi à m’imaginer la laisser se coucher à l’heure qui lui convient même si concrètement avec un bébé cela nous arrive car on ne contrôle pas le rythme de mini capuchon (en tout cas, nous n’avons pas voulu essayer !). Mais un enfant, c’est un peu différent en tout cas dans ma première conception des choses. Comment accepter ce retournement de situation quand toute votre famille crie au caprice quand votre puce pleure et à l’anarchie quand vous ne respectez pas les horaires dits normaux ? Et même si vous adoptez le matelas au sol (qui est pratiqué par bien de familles, en particulier pour le cododo !) que faire si le rythme et les façons de faire changent du tout au tout chez l’assistante maternelle ? Que va comprendre son petit quand il va se retrouver dans le lit parapluie de la nounou ? Devons-nous entrer dans une lutte anti-système ? Ou la clé est-elle juste de trouver un équilibre en attendant ? En attendant quoi ? En attendant mieux.

Quand Maria Montessori nous dit : « C’est ainsi que peut s’ouvrir une ère nouvelle de l’éducation, celle de « l’Aide à la Vie ». Il faut clore l’époque où l’adulte considérait l’enfant comme un objet qui se prend et se transporte n’importe où quand il est petit, et qui, plus grand, n’a qu’à suivre et obéir. Il faut bien que l’adulte se persuade qu’il s’efforce de comprendre l’enfant avec le désir de se faire son auxiliaire. » « Si la personnalité de l’enfant – qui est faible- doit être aidée dans son développement par celle de l’adulte – qui est puissante – il faut que celle-ci sache se faire indulgente et, prenant comme point d’appui le guide que constitue pour lui l’enfant, considère comme son propre honneur de pouvoir le comprendre et le suivre. » ben moi ça me donne envie de changer et de bousculer les mentalités … à commencer par la mienne.

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Une réflexion sur “La réforme de nos habitudes

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