De bons parents, c’est quoi ?

J’ai trouvé sur ce sujet un article de Robert Epstein, paru dans le numéro de Cerveau & Psycho d’avril-mai 2011.
Je ne sais pas s’il y a une rubrique « ne crois pas n’importe quoi » mais il faudra y songer  :-))
« Il s’agit d’une analyse scientifique qui classe les dix pratiques d’éducation parentales les plus efficaces » peut-on lire en sous-titre de l’article.
Bon,  « analyse sientifique », »pratiques d’éducation efficace » ça paraît alléchant, … et en même temps un peu suspect : efficace dans quel but ?
De quoi s’agit-il ?
Pour découvrir les compétences parentales les plus importantes, nous avons examiné les données d’environ 2000 parents qui avaient récemment participé à un test en ligne sur les comportements parentaux. Les habiletés parentales étaient organisées en dix catégories, elles-même construites d’après des études révélant que ces compétences étaient adaptées compte tenu des tests auxquels on soumettait les enfants.
L’article explique que les parents ont répondu à un test comprenant 100 questions, portant sur leur comportement, d’une part, et le bonheur et la réussite de leurs enfants d’autre part.
Pour caractériser leur comportement , les parents ont noté de 1 à 5 des affirmations du type
« J’essaie de faire participer mes enfants à des activités de plein air saines », ou « J’essaie de passer des moments créatifs avec mon enfant même quand je suis très occupé ».
Pour caractériser la réussite des enfants les parents ont coté de 1 à 10 des affirmations du type « dans quelle mesure vos enfants ont-ils globalement été heureux », ou » Dans quelle mesure vos enfants ont-ils réussi à l’école ou dans leur environnement professionnel » ou encore « Dans quelle mesure votre relation à vos enfants a-t-elle été bonne ? »
Une corrélation a été calculée entre les notes sur les comportements indiqués par les parents et les notes sur la « réussite des enfants ». (« une méthode statistique dite de régression » a paraît-il été utilisée, ce qui n’est pas très précis comme explication!)
Et voici les « dix commandements des parents » qui en résultent :
1 Amour et affection.
Soutenir et accepter l’enfant, être affectueux, passer du temps ensemble.
Bon ça c’est pas vraiment un scoop ! Pas besoin de tous ces calculs pour en être convaincue !
 2 Gestion du stress.
Prendre des mesures pour réduire son stress et celui de son enfant, pratiquer le cas échéant des techniques de relaxation efficaces, et favoriser une interprétation positive des événements.
ça c’est sans doute ce qu’en tant que parent on en fait pas assez : prendre soin de soi. Je suis sûre qu’en cherchant on peut trouver plein de références biblio qui concluent qu’un parent serein transmet à son enfant sa zenitude.
Nous avons tous observé que notre stress est contagieux.
Bon là encore, rien de bien nouveau.
 3 Compétences relationnelles.
Maintenir une relation saine avec l’autre parent et montrer l’exemple de relations aimables avec autrui.
La valeur de l’exemple est aussi bien connue. Ce qui est peut-être étonnant, c’est que le respect de l’autre parent prenne autant d’importance dans l’épanouissement de l’enfant.
 4 Autonomie et indépendance.
Traiter son enfant avec respect et l’encourager à devenir autonome.
Bon là je vais encore citer le livre de Gisèle George « la confiance en soi de votre enfant »
5 Éducation et apprentissage.
Encourager l’enfant et lui donner l’exemple lors des apprentissages. Lui procurer souvent des occasions d’apprendre.
Là, cela ne veut pas dire grand chose.
Nous savons tous l’effet dévastateur de faire les choses à la place d’un enfant, et dans « procurer des occasions d’apprendre », attention à ne pas tout transformer en para-scolaire. Les laisser rêver et jouer , bien des études montrent que c’est essentiel.
6 Compétences de vie quotidienne
Subvenir aux besoins de l’enfant, assurer des revenus stables et former des projets d’avenir.
Oui si on parle de la base de la pyramide de Maslow  et d’assurer la sécurité d’un logement et de nourriture en quantité suffisante.
Non si on considère qu’à 10 ans il lui faut son téléphone portable, son ordinateur et sa télé dans sa chambre !!
7 Contrôle du comportement.
Récompenser les comportements positifs de l’enfant, et ne le punir que lorsque d’autres méthodes ont échoué.
ça on le lit un peu partout.
Nous on a essayé la technique des points attribués pour les devoirs accomplis, et à dépenser pour obtenir des plaisirs, et en fait, c’est nous qui ne parvenons pas à nous astreindre à compter ces foutus points chaque jour, les enfants se précipitant sur les tâches qui leur plaisent et en rapportent assez pour s’offrir leurs heures de DS. on a tenu à peine une semaine :  le bide complet. :-))
Par contre féliciter pour les bons comportements, et faire en sorte que les mauvais aient une conséquence déplaisante, oui , là -dessus, on est assez endurant.
 8 Santé.
Donner à son enfant l’exemple d’un style de vie sain et de bonnes habitudes, qu’il s’agisse d’exercice physique ou d’alimentation équilibrée.
Légumes bio bruts cuisinés maison, limiter le sucre, etc… une activité sportive pour chaque enfant. On espère qu’on aura donné les bases, les habitudes d’une vie saine.
 9 Spiritualité.
Si cela ne choque pas vos convictions, encourager le développement spirituel ou religieux et participer à des activités associées.
ça , c’est pas notre truc du tout !!
Bon j’aime bien la paix des églises, et parfois, on y entend même de la bonne musique.
Mais ça ne branche pas du tout les enfants pour l’instant.
10 Sécurité.
Prendre des précautions pour protéger son enfant, être attentifs à ses activités et à ses relations.
Prévenir son enfant des rencontres qui peuvent être dangereuses, que tout le monde n’est pas bienveillant, oui. Intervenir dans le choix de ses amis, non. Il faut de toute façon qu’il fasse ses propres expériences des relations aux autres.
Étonnant quand même cette parution dans Cerveau & Psycho, une revue des éditions « Pour la Science ». Je suis très perplexe sur la méthode et les conclusions.
On a entendu parler de la « mère suffisamment bonne » évoquée par Winnicott , et on retrouve cette expression dans beaucoup d’écrits de psychologie. Mais qu’est-ce que ça veut dire « un bon parent » ? ou « un parent efficace » ?
Et n’est pas expliqué non plus comment est évaluée la « réussite » des enfants. Cela semble être sur les réponses subjectives des parents. Mais qu’est ce que ça veut dire « un enfant qui a réussi « ?? En résumé : c’est du grand n’importe quoi , non ? Et on n’est en rien obligé de gober tout ça !
Bon ben ypuka trouver des références sérieuses pour rediscuter tout ça !

 

Phypa

 

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