L’enfant, cet être machiavélique ?

Pendant les vacances, j’ai acheté des magazines en tous genres (et donc pas seulement ceux sur les stars), j’ai lu des articles passionnants, comme celui sur les tracas de grossesse d’une certaine Dame, et d’autres instructifs, comme ceux de la psychanalyste Claude Halmos dans Psychologies Magazine.

Le dossier « Parents : trouver la juste autorité » (disponible sur le site) ne m’a pas appris grand-chose, je dois l’avouer, bien qu’on y trouve des témoignages intéressants. Qui plus est, je n’ai pas du tout aimé les conseils donnés par Claude Halmos dans l’article « Caprices : comment ne pas craquer« . Sa vision de l’enfant me laisse perplexe (surtout après avoir lu Isabelle Filliozat) :

Larmes, cris, chantage, insolence… Petits malins, les enfants ont l’art et la manière de nous résister et de nous faire céder. Pas de chance : nous avons trouvé comment déjouer leurs pièges.

Une phrase et me voilà déjà agacée. Je ne peux pas croire qu’un enfant puisse avoir d’aussi mauvaises intentions. D’ailleurs, je le vois bien quand ma minuscule fait une crise : elle ne cherche pas à me manipuler (même si elle aimerait bien que j’assouvisse son désir), elle exprime son incompréhension. Je sens que la situation la dépasse, elle ne se contrôle plus tout à fait. Certes, je n’aime pas quand elle fait ça mais je ne me sens pas manipulée.

Pourtant, c’est ce qui ressort dans cet article. La psychanalyste répond à quelques situations classiques. Extraits :

« Il me répond qu’il ne comprend pas ce que je dis »

(…) Il essaie sans doute de vous faire croire que vous êtes un mauvais parent, incapable de communiquer avec son enfant, incapable de lui faire comprendre même les choses les plus élémentaires.

« Il dit que je le maltraite »

Il n’en croit pas un mot. (…) Mais il essaie de vous culpabiliser.

« Il veut toujours avoir le dernier mot »

S’exprimer est une chose. Et une bonne chose si l’on reste à sa place d’enfant. Or l’enfant qui a le dernier mot dans un conflit à propos des limites avec un adulte sort de sa place d’enfant.

« Il fond en larmes et [dit] qu’il ne m’aime plus »

Rassurez-vous, il n’y a aucun risque ! Si l’on pouvait ne plus aimer ses parents, cela se saurait… Le propos relève donc du chantage et votre jeune maître chanteur n’y a recours que parce qu’il sent qu’avec cet argument il peut réussir.

Avez-vous noté le champ lexical de la manipulation ? « petits malins », « maître chanteur », « il essaie de vous faire croire », etc. J’avoue que ces mots me mettent mal à l’aise pour plusieurs raisons :

– on prête des intentions à l’enfant qu’il n’a probablement pas (ou en tout cas, pas dans la majorité des cas) ;

– on installe, entre les parents et les enfants, un rapport de force qui, à mon avis, ne fait que pousser au chantage (d’un côté ou de l’autre) ;

– c’est réducteur. Je n’aime pas quand on enferme qui que ce soit dans des cases (c’est souvent pour cette raison que je n’aime pas les articles des magazines en général).

Pourquoi j’en parle ? Parce que je suis choquée. Mais cela me pousse à réfléchir, à argumenter et à mieux cerner quelle mère je veux être (puisqu’on apprend chaque jour). J’aimerais ne jamais penser que mes enfants cherchent à me culpabiliser ou me déstabiliser. J’aimerais toujours être à l’écoute de ce qui se cache derrière leurs crises (je sais déjà que je n’y arriverai pas tout le temps mais je veux essayer). J’aimerais laisser toujours ouverte la porte au dialogue. J’aimerais toujours considérer mes enfants (et les enfants, en général) comme des êtres à part entière aux sentiments contradictoires (comme tout le monde), aux émotions parfois exacerbées, qui ont aussi beaucoup à nous apprendre.

Bien entendu, je ne connais pas tout de l’une et de l’autre mais je me retrouve beaucoup plus chez Isabelle Filliozat que chez Claude Halmos.

Je garde sous le coude cet autre extrait dont il y aurait beaucoup à dire également :

C’est au père de poser les limites et à la mère de les rappeler quand il n’est pas là en faisant référence à lui. En fait, pour que l’autorité fonctionne, il faut que la mère intervienne « au nom du père ».

Clem la matriochka

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