Allumer un feu

feu.jpgJe suis tombée récemment sur une très belle phrase :

« Enseigner, ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu »

On pourrait croire qu’il s’agit du credo d’un récent ponte en pédagogie.

Eh bien cette phrase est de Montaigne !!

A vrai dire je ne connais pas grand chose de Montaigne, mais cette phrase me plaît beaucoup.

Pourtant quand on va jeter un coup d’oeil sur les programmes scolaires  (par ex celui du cycle des approfondissements) , que nous adultes avons déjà du mal à lire jusqu’au bout, on se demande bien quel feu on va allumer.

Si, j’ai bien une idée : les feux de voitures de l’exclusion qui commence très tôt.

Bon donc , il ne faut pas trop compter sur les programmes scolaires pour allumer dans nos chère tête blondes le feu de la connaissance.

Heureusement , il y a des enseignants super, qui établissent une vraie relation avec les enfants, et leur donnent envie d’apprendre.

Parce que ce qui compte malgré tout le plus chez de jeunes enfants, c’est le lien affectif. Cf encore  » La confiance en soi de votre enfant » de Gisèle George chapitre 7 (à chacune sa Gopnik  )

Extraits :

« Tout jeune, l’enfant puise chez ses parents ou autre éducateur l’énergie affective indispensable à ses apprentissages. »

« L’histoire racontée le soir, l’enfant blotti dans les bras d’un parent chaleureux stimulera sans aucun doute l’envie de connaître la lecture. »

L’auteure explique aussi que lors de l’apprentissage de la lecture du mot gâteau, outre les phonèmes, l’enfant mémorise l’image d’un gâteau, et pas n’importe lequel, un gâteau qui aura été apprécié, un gâteau d’anniversaire par exemple.

Bon en pratique, nous avons cessé de lire des histoires le soir lorsque nous nous sommes aperçus que c’était surtout prétexte à faire la foire et à reculer l’heure du coucher 

Pour les gâteaux , je ne sais pas lequel ils se représentent. Ils ont tendance à les aimer tous.

Pour ce qui est d’aimer lire, depuis cette été enfin Miss Puce s’y met.

Il y a eu un déclic avec « Les orangers de Versailles » offerts par sa grand-mère au début des vacances.

Depuis elle a lu Indiana Teller de Sophie Audouin-Mamikonian, et elle est en train de finir Rouge Rubis.

Par contre P’Tit Gars, on est allé jusqu’à lui acheter « Tous pourris du slip » dans la collection rose Titeuf, sans grand succès.

Lui pour l’instant, il est surtout BD.

Cet été pour la première fois nous avons tenté une expo de peinture. (je voulais voir l’expo « de Turner à Monet  » à Quimper)

Ils ont flashé sur certains tableaux, mais je crois qu’ils ont largement préféré le bon petit restau qu’on s’est fait avant.

Mais pour en revenir à la phrase de Montaigne, c’est vrai que la tendance de notre société est de gaver les enfants pour les préparer à on en sait quoi, puisqu’on ne sait pas vraiment de quoi demain sera fait.

Pourtant notre rêve de parents est plutôt de les aider à se trouver eux-mêmes, d’allumer ce feu de la curiosité qui leur ouvrira les possibles de leur choix.

Bon tout ça ne dit pas comment y parvenir.

Certainement en partageant de bons moments, et en essayant de  faire comprendre notre plaisir à satisfaire notre curiosité, à apprendre des choses nouvelles, et quelle formidable liberté cela apporte.

Oui décidément j’aime beaucoup cette phrase de Montaigne.

Phypa

1 pensée sur “Allumer un feu

  1. « Une phrase qui ne date pas d’hier puisqu’elle est de Montaigne … » Elle est d’Aristophane (v. 450-v. 386 av. J.-C) en réalité… Pas tout à fait la même époque.

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