Normalisation des comportements et des méthodes : à quoi bon ?

Les livres de puériculture, les sites Internet dédiés, débordent de conseils ou de « repères » concernant le développement et l’éducation des enfants, en particulier des bébés. Car c’est bien connu, ceux-ci ne peuvent pas encore s’exprimer de façon intelligible, donc les parents ont besoin d’un décodeur, qu’on leur propose souvent clés en main dans les sources précédemment citées. Il pleure ? S’il a mangé depuis moins de 3h, impossible qu’il ait faim (ce n’est pas l’écart type recommandé pour le rythme alimentaire du nouveau-né), il doit donc encore réclamer les bras et franchement, ne commencez pas déjà à céder à ses caprices !

Côté alimentation donc, Cécilie a abordé pour nous cette semaine la vision normalisée actuelle (en France du moins) de l’allaitement, qui en fait une pratique de « sacrifice nécessaire ». De même, celui-ci étant souvent difficilement compatible avec la reprise du travail de la mère, il faudra prendre garde à sevrer à 3 mois, sous peine d’ « esclavage » de la mère et de « dépendance » de l’enfant. Des visions imposées bien dommageables en elles-mêmes pour le manque de latitude qu’elles offrent au couple mère/enfant mais aussi parce qu’elles parasitent toute communication d’informations complètes et neutres, offrant un choix véritable.

Mais la normalisation ne s’arrête pas là ! Outre le type d’alimentation, se pose également la question de son impact sur le poids de l’enfant. Maman Poussinou nous livre sa lecture des conseils dispensés aux parents dont les enfants seraient plus gros (appelons un chat un chat) que la norme – c’est-à-dire que la courbe du carnet de santé ! Dans la prime enfance, toute forme de régime est bien évidemment à proscrire, la seule attention devant être portée sur une alimentation équilibrée et lors de repas définis. La vision imposée du poids de l’adulte (et même de la femme enceinte) retombe assez vite sur les épaules de l’enfant, qui n’est encore qu’un individu en construction – et ce à tous les stades – et doit donc être traité comme tel : aucune pression ne s’impose dans la grande majorité des cas !

La norme, ou vision imposée, est présente dans tous les domaines, y compris celui de la santé et du développement (moteur, psycho-affectif, etc.) de l’enfant. Ainsi, La Mère Cane nous fait part de son étonnement face à ceux (personnes croisées dans la rue, sur Internet, professionnels de la petite enfance) qui s’effraient du comportement d’enfants (en plein développement, rappelons-le ! et encore incapable de gérer/inhiber leurs émotions) jugés turbulents, coléreux, bagarreurs ou simplement trop en retrait car ils ne correspondent pas au comportement jugé « normal » pour leur âge ou l’environnement dans lequel ils se trouvent, ou encore jugé acceptable par des adultes qui semblent avoir oublié ce qu’être « en construction » signifie.

Pour continuer dans la tyrannie de l’enfant parfait, deux autres contributions cette semaine. Tout d’abord celle de Mme Faust qui nous fait part de son expérience et de ses lectures autour de l’autisme. Là encore, point de généralisation, de norme : chaque enfant, autiste ou non (et je dirais même « atteint d’une pathologie reconnue ou non), doit être appréhendé dans sa particularité, son caractère et son histoire propres – plutôt que comme l’individu d’un « groupe » que la norme aurait créé en carcan autour de l’une des choses qui le définissent.

Mais il y a aussi la tyrannie que tout parent s’impose. La pression du parent qui souhaite le meilleur pour son enfant, qui veut (tout en sachant cela impossible) lui éviter toute souffrance, expérience douloureuse et principalement celles que le parent a lui-même subies. C’est ainsi que Kiara nous avoue sa crainte à l’idée que sa future descendance soit atteinte de la même maladie qui l’a faite souffrir toute sa vie. Elle nous apprend à reconnaître les signes de la migraine chez le tout-petit, une maladie bien peu reconnue s’il en est, et qui fait pourtant beaucoup souffrir. Bien sûr, chaque parent est porteur de son histoire, de ses propres troubles ou handicaps qu’il risque de communiquer à son enfant mais qui peut prétendre ne léguer que du positif à son enfant ? Et n’est-ce pas ce qui fera de lui la personne qu’il sera – un enfant souffrant d’une pathologie donnée mais que ses parents auront pris grand soin de soulager, un enfant pris en compte et aimé donc, ce qui est certainement le moyen le plus doux de grandir, non ?

Pour faire le lien avec la contribution de ZazaOfMars, quoi de plus merveilleux également qu’un parent qui, sachant s’affranchir de la norme qui distribue des comportements types, des couleurs de vêtements mais également des jeux dédiés aux enfants selon leur sexe (puis des professions à l’âge adulte !), qui se sentira la force de se détacher des visions imposées pour laisser son enfant aller sans a priori vers les jouets ou activités de son choix ! Nous vivons en société, ce qui implique déjà bien assez de lois, règles et conventions, sans que nous nous enfermions – tous seuls la plupart du temps – et que nous enfermions nos enfants dans des fonctionnements contraignants et qui ne nous/leur correspondent pas, enfants si avides de découvertes et de liberté !

Maman Sioux

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