L’allaitement de l’enfant adopté

Qui n’a jamais rêvé devant les innombrables possibilités du corps humain ?

Aujourd’hui, je vous propose d’évoquer l’allaitement de l’enfant adopté, et de son impact sur la création du lien entre la mère adoptive et l’enfant.

L’allaitement, comme la grossesse et le développement d’un bébé, ont toujours relevé de la magie pour moi…

Alors, lorsque l’on sait, qu’il est possible d’allaiter alors que l’on n’a pas porté son enfant, on se dit que la machine humaine tient du surnaturel.

Voici ce que l’on peut lire sur le site de la Leche League à propos de l’allaitement des bébés adoptés :

L’allaitement est considéré à juste titre comme la suite logique de la grossesse et de l’accouchement. Toutefois, l’envisager uniquement sous cet aspect dénote une vision étroite de l’allaitement et des facultés biologiques de la femme.

Allaiter un bébé représente davantage que l’alimenter. C’est une interaction tout à fait intime entre une mère et son bébé, qui met en jeu tous les sens. Ils ont un contact cutané, peau à peau. Ils passent une partie de la tétée à se regarder dans les yeux. La mère chantonne et parle à son bébé tandis qu’il tète. Des son plus jeune âge, le nourrisson émet des petits bruits que la mère même la moins expérimentée interprète comme des signes de satisfaction (…)

Les mères adoptives, à l’instar des mères naturelles, peuvent désirer avoir avec leur bébé cette relation particulière qu’offre l’allaitement maternel. Pour une mère adoptive, il peut lui faire connaître sur le plan biologique un aspect de la maternité qui lui aurait été complètement inconnu autrement, parce qu’elle n’a pas pu concevoir et porter son enfant elle-même.

Le bébé en tire également des bénéfices particuliers. Quels que soient les soins et l’amour que lui ont apportés ses parents naturels et adoptifs, sa venue au monde n’a pas été facile. Il a été séparé de sa mère dont les battements de coeur, la voix et les rythmes corporels lui étaient familiers. De plus il doit s’attacher à une mère nouvelle qui est d’abord pour lui une étrangère. Ce lien sera facilité s’il peut passer beaucoup de temps dans ses bras, peau contre peau, contre son coeur. Ainsi s’habituera-t-il à elle et apprendra-t-il à aimer ce qui lui deviendra familier : les bruits de son coeur et de sa voix, la sensation de sa peau contre la sienne, son odeur particulière et le visage qu’il aimera bientôt plus que tous les autres.

Pour un bébé adopté, l’allaitement maternel a des avantages physiologiques importants bien qu’ils soient moindres que pour un enfant de son propre sang. Le lait maternel, même en petite quantité (presque toutes les mères adoptives en auront), aide à protéger le nourrisson contre les allergies. Il procure une alimentation parfaitement adaptée aux besoins de ce bébé en particulier (…) Même dans les cas où l’essentiel de son alimentation provient d’une autre source, le nouveau-né qui tète régulièrement développe les muscles des mâchoires et du visage de la meilleure façon qui soit. Il apprend à bien positionner la langue par rapport aux gencives, et à avaler correctement Les habitudes prises en tétant auront un effet important sur la position des dents définitives ci sur le développement de la parole. L’alternance entre les deux seins développe une bonne coordination lactile et visuelle. On oublie aussi trop souvent les bienfaits du confort. Pourtant si le bébé tète pour se sentir bien ou pour s’endormir, il en retire autant de profit qu’il soit ou non adopté.

Allaiter un bébé adopté n’est pas l’entreprise la plus aisée qui soit. Il faut du temps, une forte motivation, une bonne dose de patience, et autant d’aide qu’on peut en obtenir. Sans doute cela ne convient-il pas à toutes les familles. Pour celles qui veulent essayer, les avantages sont importants. Une bonne information et des encouragements aideront à prendre un bon départ.

 

Un enfant adopté arrive forcément dans sa nouvelle famille avec un passif psychologique assez lourd. L’abandon laisse forcément des traces plus ou moins importantes, notamment en ce qui concerne l’attachement qui fait que l’enfant se sent en sécurité.

Mais, la nature a formidablement bien fait les choses et a permis aux femmes recueillant ces enfants de restaurer le lien permettant le bon développement psychologique de l’enfant.

Bien sûr, il est très difficile, dans ce cas là, de parvenir à un allaitement exclusif au sein. La plupart du temps, il ne sera que partiel. Mais finalement, ce n’est pas ce qui est le plus important !

Quand on sait que l’environnement social ou familial joue un rôle primordial dans la résilience chère à Boris Cyrulnik ( encore un Toulonnais…!), on peut quasiment oser considérer l’allaitement comme un support à la résilience, non ?!

Les bébous

Edit : pour plus de précisions sur le « comment » de l’allaitement du bébé adopté, c’est par ici

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