Semaine 7: Le débriefing de Mme Déjantée [Partie 2]

Alors ce qu’il y a de bien avec un débriefing en plusieurs parties, c’est que je peux même intégrer mes réponses à vos commentaires sur la première partie au fur et à mesure!!!

Suite au commentaire donc, tout à fait pertinent, de Phypa, je reviens un dernier moment sur cette fameuse notion de limite (enlisante à souhait vous l’aurez remarqué!!!)… C’est vrai qu’aujourd’hui, cette pauvre notion en a pris pour son grade…parce que j’ai choisi de suivre un fil qui commentait vos contributions d’abord mais aussi (et surtout) parce que le Naouri, il m’avait un peu escagassé…

Ceci étant, j’aimerais beaucoup que l’une d’entre vous fasse un article sur les « limites ».. soit comme le proposait Phypa, en évoquant la question des valeurs familiales et leur lien avec les valeurs sociétales; soit en prenant la notion à contre pied et évoquant la transgression de ces limites (et leur rôle dans la construction d’un individu… je crois que Cyrulnik a écrit là dessus…). Je pense aussi qu’on peut creuser du côté de Faber & Mazlish car, communication épanouie ou non, il n’est question que d’accepter les sentiments non les comportements inadaptés.. je crois donc qu’elles ont une position claire là dessus.. Dans tous les cas, ne laissons pas cette notion aux mains des préjugés!!

Allez, passons au deuxième thème…

2- Se faire confiance et leur faire confiance…

L’occasion pour moi de prolonger un peu une question qui revient régulièrement au titre de méta-réflexion dans les Vendredis Intellos (voir le Jardin d’idée..), que l’on peut formuler comme: être parent ça s’apprend dans les livres??? 

Là encore, je pourrais citer L’art d’accommoder les bébés ou encore Korczak, qui dès la première semaine de nos Vendredis Intellos nous intimait la méfiance à l’égard du livre-viatique du jeune parent…

Car les livres tantôt nous conseillent, tantôt nous remettent en cause, tantôt nous questionnent, tantôt nous donnent raison ou tort.. mais toujours, parce qu’ils sont écrits par des médecins, des psychologues ou même des mères expérimentées, représentent pour nous une forme autorité (à laquelle nous avons déjà en partie succombé dès notre achat!!).. Après tout que sommes-nous pauvres parents ignares face à ces « savants »??? Cette dictature du livre dans le domaine de la maternité n’est visiblement pas une nouveauté si l’on considère par exemple l’excellente contribution de Maman Sioux (je ne vous en dis pas plus ça vaut le détour!!).

Cet été, je discutais avec une amie de l’initiative de nos Vendredis Intellos…moitié pour connaître son avis, moitié pour la convaincre de participer… Tout de go, elle m’avouait la trouille que lui fichait tous ces bouquins.. la crainte d’apprendre qu’elle avait mal fait, la crainte de voir ses repères brouillés sans que de nouveaux lui soient fournis, la crainte de perdre sa capacité d’analyse vis à vis de son enfant, la crainte d’en ressortir pétrie de certitudes empruntées à un autre…Je comprends ces craintes, car je les ai eu autrefois… du temps où je ne me sentais pas suffisamment solide pour décider la part de l’éducatif que j’accepterais de remettre en question et la part qui m’appartenait, me faisait, moi, Mme Déjantée, mère de mes quatre enfants…et sur laquelle je resterais peut être inflexible…

Quand Tayiam m’a annoncée qu’elle voulait parler de ce en quoi, en tant que parents, nous étions responsables (ou non) dans l’avenir de nos enfants, je n’ai pas trop su quoi lui proposer comme lecture…Il y a quelques années, quand j’ai rédigé mon master de sciences de l’éducation, je suis tombée sur une étude qui expliquait grosso modo que la qualité d’un enseignant (ou celle d’un dispositif) n’intervenait pas à hauteur de plus de 20% dans la réussite scolaire d’un enfant… Il est fort probable qu’il en aille de même pour les parents…A cours d’idée et parce que je trouvais cette notion malgré tout intéressante, je lui ai suggéré de parler du concept de résilience (c’est à dire de la capacité des individus à surmonter des épisodes traumatiques…) Même si la notion de « traumatisme » est éminemment relative, je ne pense pas que nos quelques errances de parents bienveillants puissent tenir la comparaison!! Je vous invite donc à découvrir son billet où se mêlent les questions d’héritabilité (j’ai toujours un extrait de Gopnik en réserve là dessus!!) de responsabilité (et culpabilité parentale) et aussi, donc, de résilience…

Dans le même ordre d’idée, la contribution de C-cilou, se fait l’écho d’un article de C. Halmos, déculpabilisant et rassurant quant à la stabilité psychologique de nos enfants… Rassurant aussi quant aux capacités des parents qu’il appelle à se faire davantage confiance, car le doute n’est bon que s’il reste la base d’une évolution, non s’il paralyse et égare!! Au final, c’est un appel à faire fonctionner ses neurones (dont, je rappelle, nous sommes TOUS dotés!!) qui est lancé et ce n’est pas pour me déplaire!!!

Parce que se faire confiance, c’est aussi accepter d’être à l’écoute de ses propres sentiments, je vous présente cette semaine deux contributions qui nous invitent à succomber aux délices de l’amour parental (je dis ça parce que je trouve que « maternel » c’est pas trop sympa pour le papa …)

Lady and Baby également, nous fait découvrir l’ouvrage du Dr Grandsenne Bébé, dis moi qui tu es au travers d’un extrait intitulé « amour fou ».. il y est question de séduction (oui, vous avez bien lu!!!) d’une mère et de son bébé… Je me souviens avoir lu quelque part il y a quelques années que du point de vue cérébral (c’est à dire du point de vue des zones du cerveau qui sont activées) il n’y aurait guère de différence entre l’amour maternel (paternel?) pour un bébé et le sentiment amoureux…, je vais essayer de brancher quelqu’un pour me retrouver une trace de ce truc!!

Parce que se faire confiance, c’est également accepter d’être à l’écoute des sentiments de notre enfant… Vous avez été quatre cette semaine à traiter précisément de cette question…

Chocophile, tout d’abord, qui nous livre sa lecture de Filliozat (oui, encore, mais vous verrez comme il est fascinant de voir ce que chacune retient d’un même auteur, et comment ce qu’elle en lit résonne dans sa vie et son expérience…). Ici, il n’est pas question des caprices et des limites mais, de façon générale, de notre manière d’envisager les sentiments, les nôtres et ceux de nos enfants en ayant « l’intelligence du cœur »…(Etant le prochain livre prêt à être dévoré sur ma table de chevet, il me tarde de pouvoir y adjoindre mon avis à moi!!!)

Madame Zaza Of Mars également nous parle de reconnaissance des sentiments et d’adoption d’un point de vue compréhensif en nous présentant l’ouvrage d’un gynécologue obstétricien qui plaide pour une naissance non violente. Il y est question de la place de la médecine, il y est question aussi de faire l’effort de considérer le point de vue de celui qui peut le moins s’exprimer, de celui qui réalise le plus grand saut vers l’inconnu, le bébé…

La contribution de la Poule Pondeuse nous fait découvrir l’ouvrage d’ Aletha Solter, docteur en psychologie. Je ne reprendrais de la présentation très complète qu’elle nous en fait que le paragraphe concernant la gestion des pleurs de l’enfant puisque sur ce point, les préconisations de l’auteure ne sont pas identiques à celles que l’on trouve habituellement dans le cadre des approches compréhensives… Pour cette auteure, les pleurs n’ont pas à être empêchés, c’est à dire consolés, ils doivent au contraire être « accueillis »…Comme le précise très justement la Poule Pondeuse, ce dont il est question ici, c’est d' »écoute active » au sens de Gordon… Je me souviens avoir déjà été mal à l’aise avec cette notion en lisant Parents efficaces (de cet auteur)… dont l’impassibilité qui semble accompagner cette « écoute active » me paraît totalement effrayante…(et pour le coup, je me demande s’il est bon de nier à ce point nos sentiments de parents alors même que l’on va se plier en quatre pour accueillir ceux de nos enfants… mais peut être ais-je loupé quelque chose!!!).

Je terminerais ce deuxième thème avec les contributions de Phypa et de la Mère Cane qui, toutes deux, nous parlent, non plus seulement de confiance en nous mais de la confiance que nous avons en nos enfants et que nos enfants ont d’eux même…Phypa aborde la question sous un angle on-ne-peut-plus d’actualité avec la rentrée scolaire qui approche à grands pas. L’ouvrage qu’elle présente montre aussi de manière évidente les liens entre confiance des parents en leurs capacités (on y retrouve notamment la question de la prudence face au livre!!), et confiance des enfants en eux-mêmes… La Mère Cane, quant à elle, aborde la question sous un angle plus poétique et métaphorique en évoquant pour nous les premiers contact d’un enfant avec ce spectacle fascinant qu’est la mer…

Allez, la suite et fin, demain!!! Bonne nuit!!!

Mme Déjantée

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