Semaine 7 : Le débriefing de Mme Déjantée [Partie 1]

ÇA Y EST!!!! Nous avons atteint cette semaine la barre fatidique des 30 contributions!!! Celle qui [je vous l’avais bien dit] sonne le glas pour Mme Déjantée!!! Moi qui étais habituée à commenter vos contributions sur vos blogs et les partager (en les commentant!!) sur tous les réseaux sociaux… je n’ai pas tenu le coup!!! Mais je m’accroche!!! En fait… tout cela est plutôt bon signe!!! Signe que notre projet un peu fou donne envie de plus en plus!!! Signe qu’il est temps pour Mme Déjantée de passer encore un peu plus le relais et de laisser vivre son « bébé »!!!
Primo, je passe donc le relais à la Sainte technologie sans-qui-rien-de-tout-ça-n’aurait-été-possible… Et vous rappelle donc que pour suivre efficacement les contributions tout au long de la journée-marathon du vendredi… Vous pouvez…
– Vous abonner au blog collectif des Vendredis Intellos
– Vous abonner à la page Hellocoton des Vendredis Intellos
– Tomber en amour pour la page Facebook du même nom!! (où les contributions sont postées automatiquement au fur et à mesure de la journée…)
Secundo, je continue (!!!) de vous passer le relais à toutes en vous encourageant à poursuivre le partage et le commentaire des contributions des copines sur les réseaux sociaux!!
UNE POUR TOUTES ET TOUTES POUR UNE!!! Pensez aussi à faire connaître les petites nouvelles et les oubliées !!! Dépassez la simple bienséance bloguesque au nom de cette belle initiative collective!! Chaque semaine ces relais contribuent à stimuler le débat, l’échange, le partage et à susciter de nouvelles vocations!!!
Tertio, la semaine prochaine seront inaugurées les Marraines des Vendredis Intellos histoire de faire face au raz de marée de la rentrée!!!!
Des participantes aguerries des Vendredis Intellos se chargeront donc de faire un mini-débriefing de quelques contributions sur des thèmes précis tandis que je me chargerais de rendre compte de l’articulation entre eux de ces mini-débriefs!!!
Avant d’enchaîner sur les thèmes, je voulais revenir sur la première contribution Guest qu’a accueilli cette semaine le blog collectif grâce à Pom qui a bien voulu se prêter à l’exercice et nous éclairer quelques peu sur la fameuse articulation Nature/culture dont nous n’avons pas fini de débattre tous les vendredis!!!
Passons donc aux thèmes…cette semaine, on aurait (vraiment!!!) pu croire que vous vous étiez concertées (au fait il n’y en a toujours pas une pour m’attraper UN blogueur!!) tant les sujets qui vous faisaient réagir étaient proches!!!
Trois grands thèmes donc pour la semaine :
– L’autorité dans l’éducation et la question des « limites »
– Se faire confiance/leur faire confiance
– Nos enfants grandissent, nos enfants apprennent
1- L’autorité dans l’éducation et la question des « limites » éducatives
La question des « limites » éducatives est une question récurrente lorsque l’on parle d’éducation de l’enfant… Les Vendredis Intellos avaient déjà d’ailleurs accueilli plusieurs contributions sur ce thème lors des semaines précédentes (que je vous laisse retrouver dans le jardin d’idées des Vendredis Intellos en vous promenant dans la perle intitulée « Les relations parents-enfants ») et il semble clairement que cela ne soit qu’un début!!! En fait, je trouve que c’est une question vraiment compliquée… le terme « limite » me paraissant en soi problématique…
D’abord, on ne sait pas exactement de quelles « limites » on parle: s’agit-il de limites « naturelles », dans le sens imposée par un environnement matériel? ou de limites décidées par les parents sur la base de leurs valeurs, idéaux, principes éducatifs…?
Mère ordinaire revient par exemple sur sa contribution de la semaine dernière où les limites étaient considérées comme globalement néfastes pour mesurer son propos dans le cadre justement de limites plus « naturelles », c’est à dire découlant des nécessités de l’existence…Ceci renvoie (entre autres) à une vision Rousseauiste de l’apprentissage (apprentissage dit naturel) envisagé comme d’abord empiriste: dans ce cadre, le seul rôle des parents et éducateur est de fournir à l’enfant un milieu suffisamment riche et suffisamment « réactif » pour lui permettre d’apprendre…le tout étant basé sur la capacité innée de l’enfant à faire ses propres expériences et tirer ses propres conclusions…Ceci renvoie également à la vision de l’apprentissage « par imitation » tel que le préconise le Concept du continuum où l’enfant, totalement immergé dans la société des adultes apprend par essais et erreurs à leur contact…
Mais cette vision des limites comme étant avant tout « les limites imposées par le milieu » est vécue comme d’autres comme étant justement une forme de « laisser faire », c’est à dire pour eux, une absence de limite…
On en vient donc au deuxième point qui me dérange dans ce terme…à savoir qu’il est trop profondément ancré à mon goût dans la vision manichéenne de la relation entre parents et enfants. Dès lors que le terme « limite » est prononcé, on se doit d’être forcément POUR ou CONTRE, c’est à dire du côté des parents « autoritaires » ou du côté des parents « laxistes » et réciproquement du côté des enfants « obéissants » ou des enfants « rois »…Sans qu’aucune alternative ne soit possible… Je ne suis pas le maître de mon enfant et il n’est pas mon esclave…je ne suis pas davantage le sien qu’il ne serait mon maître!!!
Nous avons déjà parlé dans ces Vendredis Intellos d’alternative, notamment non-violente ou épanouie (je ne sais plus trop comment les appeler!!!) à cette vision à mon sens très réductrice… Cette semaine, je vous envoie lire la contribution de Clem la Matriochka qui nous livre (je reviendrai plus tard sur la contribution de Chocophile qui traite de la même auteure) sa lecture de I. Filliozat, l’occasion justement d’envisager d’une façon différente les crises et « caprices » de nos enfants…comportements qui, par excellence, appellent traditionnellement à l’aide la notion de « limites »…
Enfin, ce qui m’agace dans le terme de « limites » est que je le vois principalement comme un phénomène de « mode »…Je m’explique…Vous êtes maintenant habitués à ce que mes lectures du moment envahissent mes débriefings: cette semaine, vous aurez donc droit à L’art d’accommoder les bébés, ouvrage qui analyse, si je dois le dire en quelques mots, l’évolution de la puériculture dans ses rapports à la société…Voilà ce que les auteurs disent à propos de la puériculture et qui me semble tout aussi pertinent sur les écrits portant sur l’éducation des enfants:
le sociologue considère le contenu de la puériculture non pas comme un ensemble de conseils ou d’impératifs objectifs, et proprement médicaux, mais comme l’expression d’un système de valeurs sociales qu’il convient d’inventorier. En effet, la pseudo-neutralité éducative de ces textes, leur pseudo universalité, dissimulent mal la charge idéologique de leurs concepts, propres à certains courants de la société française; nous nous proposons de montrer que c’est moins un « savoir » qui s’y exprime, qu’un « vouloir », et que ce qui est en cause dans ces livres est moins la santé ou le développement de l’enfant, que l’insertion sociale d’un futur citoyen et de sa mère. (p. 16)
Donc, quand je dis que le terme « limite » est à la mode, je dis en fait qu’il est porteur d’une charge idéologique, voire politique, très forte..Je fais même l’hypothèse qu’il coïncide parfaitement avec ce que l’on pourrait appeler, dans le domaine strictement scolaire le « néo-républicanisme »… c’est à dire, une bouffée nostalgique d’un système éducatif issu de la IIIème république (celle des hussards de la République, du patriotisme revanchard anticipant la 1ère guerre mondiale, sexiste et peu encline à faire fonctionner l’ascenseur social…), non tel qu’il était réellement (je peux vous donner des références de ce que j’ai mis dans la précédente parenthèse) mais tel que la société d’aujourd’hui, en proie au fameux « désenchantement » décrit par les sociologues, la fantasme (vous ne vous souvenez pas de l’émission de télé-réalité « Le Pensionnat de Chavagne ».. ben voilà, c’est de ça dont je veux parler)…
C’est ce qui apparaît clairement à mon sens dans le sondage TNS Sofres que Kiki the Mum nous fait partager cette semaine. L’ancrage idéologique de la notion de limite est également saisissante dans la contribution de Miss Brownie (puisqu’il s’agit d’écrits publiés dans le cadre du magasine de la CAF) où l’on nous présente un pédiatre vieillissant qui incarne à merveille la bouffée nostalgique dont je vous parle… Autre façon selon moi, de montrer l’omniprésence de la base idéologique qui accompagne la notion de limite avec la contribution de Sandy où la notion semble ressortir constamment, en filigrane, du discours péremptoire et culpabilisant de M. Rufo sur l’allaitement (même si, je l’ai dit et redit dans les commentaires, il me semble aussi que l’allaitement fait toucher du doigt les limites conceptuelles de la théorie psychanalytique du « tout est sexuel »…).
Néanmoins, il semble clair pour tout le monde que la notion de limite renvoie à une réalité qu’en tant que parents, nous connaissons bien… Celle de la protection de l’intégrité physique de l’enfant par exemple…Le souci (à mon sens) est que l’accession de cette notion, au rang de symbole du « avant c’était mieux », concentre à ce point les espoirs d’une génération en mal de repère qu’elle permet de stigmatiser toutes les autres approches (considérées comme laxistes et donc responsables du prétendu désastre éducatif actuel…) au point de les rendre difficiles d’accès à certaines parties de la population moins familières avec l’écrit…(d’où l’importance de notre boulot du vendredi!!!!!)
C’est la raison pour laquelle je vous envoie également lire la contribution de Home Sweet Môme qui se fait l’écho d’un auteur dénonçant les dommages (évitables!) des châtiments corporels (autre grand symbole de l’austérité éducative de la IIIème république soit dit en passant…).
Je terminerai cette première partie avec la contribution d’Aubergine (la Divine) qui nous parle des liens entre violence, stress maternel et détresse sociale…Parce que je me dis que toutes les réflexions dont je viens de vous faire part, restent au fond des préoccupations de petite fille riche… Car, sans partir au fin fond du tiers monde, que dire à ceux que la vie a tellement blessé qu’ils ne savent ni ce qu’est un père, ni ce qu’est un mère?? Que dire à ceux qui n’ont pas de quoi nourrir leurs enfants?? Que dire à ceux qui vivent dans les ghettos urbains et tentent comme ils peuvent de protéger leurs enfants de la violence et la drogue?? La société doit-elle prôner, comme elle le fait aujourd’hui, le « moindre mal » du tout autoritaire?? Est-ce réellement un moindre mal?? Quel avenir les approches non-violentes ont-elles face à des parents dont la parentalité est mise à mal??
Voilà pour cette première (et dense, je dois l’avouer!!) partie.. J’essaie de vous poster la suite ce soir!!!
Mme Déjantée
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