Se faire confiance pour moins culpabiliser

J’avais déjà parlé de la culpabilité maternelle il y a deux semaines.

Maintenant, j’aurais envie de réfléchir à des solutions pour en finir avec cette culpabilité qui nous ronge. C’est difficile, dans la mesure où la culpabilité maternelle a de multiples causes et origines et tant ses manifestations sont plurielles.

 

J’ai trouvé dans un article de Claude Halmos intitulé « Parents: arrêtez d’écouter les « spécialistes » »* quelques pistes pour reprendre confiance et sérénité.

S’interroger, se remettre en cause est, en effet, lorsqu’on est père ou mère, normal. Le doute est même le signe -positif- de celui qui a pris conscience de l’ampleur et de la complexité de sa tâche, conscience de ses responsabilités. (…) Que le doute soit normal signifie-il pour autant que le parent doive se remettre en cause en permanence et s’astreindre à une heure de méditation chaque fois qu’il demande à son enfant d’aller se laver les mains? Bien sûr que non ! Laisser place au doute dans l’éducation ne signifie pas lui laisser toute la place. D’abord parce que la vie de père ou de mère n’a pas à se transformer en chemin de croix. Et surtout parce que les enfants ont besoin que leurs parents tiennent debout. C’est-à-dire soient, malgré leurs interrogations, suffisamment sûrs d’eux mêmes pour ne pas se laisser déstabiliser.

Les parents d’aujourd’hui éprouvent le besoin d’être guidés, d’être accompagnés dans leurs prises de décisions éducatives. Pour ce faire, ils cherchent les réponses à les questions chez les psys et autres « spécialistes ». Or « l’aide psy qui leur est massivement proposée par les médias, aussi paradoxal que cela paraisse – loin de les guider, les désoriente », constate Claude Halmos.

Cela m’a rappelé une phrase que j’ai justement lue sur un blog dans le cadre des Vendredis Intellos, je crois que c’est chez Mme Déjantée justement, mais je n’ai pas réussi à la retrouver. Cette phrase disait : je serais bien en peine d’expliquer à une mère indienne qu’une mère occidentale ne prend aucune décision concernant son enfant sans avoir au préalable consulté un homme qu’elle ne connaît pas, mais qui passe pour être un spécialiste de l’enfance… Situation singulière, s’il en est…

De plus, les « spécialistes », selon Claude Halmos, donnent des injonctions contradictoires aux parents. Certains recommandent démagogiquement d’écouter leur « petite voix intérieure », d’autres donnent des conseils très précis sur l’âge auquel supprimer le biberon, le doudou, la tétine et des réponses très étayées sur ce qu’il faut faire quand son enfant refuse de manger ou de dormir. Donc c’est déjà problématique, pour peu que l’on lise justement des avis de différents «spécialistes », puisqu’on risque effectivement de s’y perdre et de ne plus savoir quelle est la bonne réponse à sa question.

Ensuite, comme chaque conseil ne vaut, théoriquement, que pour une personne donnée, en tenant compte de sa situation et du contexte…les conseils d’ordre général donnés par les livres et autres « spécialistes » sont forcément difficiles à appliquer. Pour la simple raison qu’ils ne sont pas taillés sur mesure pour nous et notre enfant.

Plaqué de l’extérieur sur un problème, [le conseil] a peu de chances d’être efficace. Et même quelques raisons d’être dangereux. Et l’opération est lourde de conséquences. En cas d’échec, en effet, le parent (qui incrimine rarement le « spécialiste ») s’en attribue quasiment toujours la responsabilité et se dévalorise encore un peu plus. (…) Et de « conseil » en « conseil », finit, comme ils sont tous contradictoires, par douter non seulement de lui-même, mais de tout.

Et voilà : du doute au sentiment de culpabilité, il n’y a qu’un pas, que nous franchissons pour la plupart allègrement…

Alors, que propose Claude Halmos pour que les parents reprennent confiance en eux ?

Refuser l’infantilisation induite par ces « conseils » qui nous désapprennent à penser par nous même.

Car tous les parents sont capables de s’occuper de leurs enfants. Non pas parce qu’ils auraient en eux une petite voix intérieure, un bon génie intériorisé qui les mènerait inéluctablement vers « le bien ». Mais parce qu’ils ont, tous, la possibilité de réfléchir, de penser.

Ils ne font donc pas chercher des « conseils » mais des explications sérieuses, claires et cohérentes. Vouloir comprendre, oui, mais attendre qu’un autre pense à notre place, non.

Dans tous les cas, la solution, c’est nous qui devons la trouver. Et nous en sommes capables.

C-cilou

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