Respect, Autorité et Amour

Aujourd’hui dans mon billet, je reviens sur un extrait du livre d’Aldo Naouri  » Éduquer ses enfant – L’urgence d’aujourd’hui » publié il y a 3 ans dans le petit magazine de la CAF.

Attention! Le début du texte qui suit est purement fictif mais reflète mon questionnement …

Assise sur un tabouret dans le StarBuck Coffee face aux Galeries Lafayette, je me délecte d’un “White Chocolate Mocha” en guise de dîner. A ma droite se trouve un vieux monsieur. Son visage me dit quelque chose, mais il pourrait très bien être un petit papy croisé à l’hypermarché du coin. J’ai la mémoire des visages sans toujours savoir resituer les personnes. Mais je suis curieuse …

L’homme pose un badge sur le comptoir. Un badge pour un salon quelconque … et discrètement, dessus, je lis “Aldo Naouri”.

Aldo Naouri! Le célèbre pédiatre très controversé et critiqué !?

Je n’ai pas l’habitude d’aborder des hommes, je ne le fais jamais d’ailleurs, mais là, c’est un papy et surtout un pédiatre! Ayant lu une de ses interviews dans mon très célèbre magazine de la CAF[caisse d’allocations familiales pour les initiés], j’aurais quelques questions à lui poser… Je ne résiste pas à la tentation et rouge comme une pivoine, j’ose lui adresser la parole. Je suis assise juste à ses côtés, à 1/2 mètres tout au plus. C’est comme si nous étions en tête à tête.

Je n’ai pas lu son dernier livre. Je sais que ma sœur l’a car elle essaie de se faire un idée sur toutes les pensées du moment. Par contre, ce que j’ai retenu de son interview suite à la sortie de son dernier livre, c’est qu’il prône un retour à l’ancienne éducation, celle de nos parents, faite de frustration, d’autorité et de punition. Or, notre génération fait des enfants rois.

Je me présente comme une maman de 2 jeunes enfants, une maman qui a offert un cadeau à son aîné à la naissance de son 2ème, une maman qui a donné le sein à la demande, une maman qui laisse un doudou à ses enfants à plus de 3 ans, une maman qui donne encore le biberon à sa puce de 3 ans avec un câlin en prime, une maman qui parlait beaucoup à ses bébés, une maman qui justifie parfois ses ordres mais qui de temps en temps utilise le “parce que c’est comme ça”, à court d’arguments ,une maman qui marchande souvent avec ses doudoux, une maman qui a voulu nourrir son TiBiscuit à tout prix mais à changer d’avis, bref tout le contraire de ce qu’il prône, mais une maman qui aimerait rétablir son autorité face à ses doudoux.

Je lui dis aussi que tout ce qu’il prône est bien beau [enfin bien moche parfois aussi], mais qu’il est resté avec sa vision qui date de ma grand-mère, de l’éducation de nos parents, une éducation faite à coups de martinet, une éducation avec laquelle mes parents ne se sont pas sentis aimés de leurs parents, une éducation qui ne connaissait pas la télé à outrance, les portables , Internet et les jeux vidéos …

Ma grand-mère est actuellement incapable de me conseiller en matière d’éducation. Pour ma grand-mère, je suis folle d’avoir choisie d’accoucher sans péridurale et d’avoir allaité car elle aurait utilisé tous les moyens modernes s’ils avaient existé à son époque.

Je ne suis pas aigrie, je ne crie pas, je n’agresse pas, j’essaie juste de comprendre son raisonnement… On nous dit bien maintenant qu’il ne fallait pas écouter Dolto, qu’elle est à l’origine des problèmes de nos enfants [facile de rejeter la faute sur quelqu’un comme ça…], Edwige Antier n’est pas toujours appréciée non plus dans ses propos, alors j’essaie d’analyser les différents avis, même si au final, je fais ce que mon coeur me dicte. Même si au final, je sais que je suis trop indulgente avec TiBiscuit parce que je me culpabilise encore de lui avoir donné une petite soeur si vite et qu’il n’ait pas profité plus de mon amour à lui tout seul…

Je ne suis pas en total inadéquation avec ses propos en ce qui concerne l’enfant et l’adolescent, mais je le suis en ce qui concerne le bébé… Autant qu’on y est, on emmaillote notre bébé, on le met dans son lit et on le laisse grandir comme ça, en lui donnant à manger toutes les 4 heures froidement et en changeant sa couche … pire qu’à l’orphelinat …

Par contre, je suis d’accord sur le fait qu’il faille rétablir l’autorité et le respect … bien souvent mes doudoux ont la mauvaise manie de me prendre pour leur copine. Mais je réagis vite en leur disant “Je ne suis pas ta copine, je suis ta MAMAN! On en parle pas comme ça à sa maman, ni à son papa! Tu le fais avec tes copains si tu veux mais pas avec moi!”

Y a t’il seulement une bonne méthode d’éducation? Ou plutôt une méthode par enfant !?

Comment réagit Aldo Naouri à mes propos, que me répond-t’il? Je n’en ai aucune idée, ce billet est purement imaginatif !

Si vous n’aviez pas reçu la fameuse news de la CAF ou que vous l’avez jeté directement à la poubelle, voici ce que disait Aldo Naouri :

Tout ce qu’il ne faut pas faire avec son bébé

Alimentation à la demande 
Dès le début du troisième mois, elle devrait faire place à une alimentation réglée-au quart d’heure près.
Ne pas faire du sein de la maman-ou du biberon-une « station-service » à laquelle le bébé puise dès qu’il en a envie !

Le cadeau à l’aîné au moment de la naissance du deuxième 

Catastrophique ! L’enfant sent notre crainte que cette naissance le fasse souffrir – ce qui ne sera pas forcément le cas – et devine qu’on l’achète. C’est la porte ouverte à la pire des jalousies.

Le doudou 
Si tant est que le bébé en ait besoin, pas question de maintenir le fameux « objet transitionnel » cher à Donald Winnicott [pédiatre et psychanalyste anglais notamment connu pour son travail sur la relation d’attachement mère-enfant, NDLR] au-delà des 2 ans de l’enfant.

Le biberon du matin maintenu jusqu’à 5 ou 6 ans 
Epouvantable ! Il doit être supprimé au plus tard à la fin de la deuxième année. Idem pour la sucette. Mieux vaut un enfant qui ne boit pas de lait le matin qu’un enfant qui continue de téter alors qu’il sait boire au bol.

Parler au nourrisson 
Quand on a quelque chose à lui dire, oui ! Mais le soûler de paroles et commenter vainement le moindre de ses gestes, « je t’enlève ton chausson, je te fais un baiser », non !

Justifier un ordre 
Un ordre justifié n’est plus un ordre. On peut éventuellement donner une explication si l’enfant la demande, mais seulement une fois que l’ordre a été exécuté, et elle doit être rapide.

Marchander : « Si tu fais ça, tu auras ça » 

Dramatique ! C’est montrer à l’enfant que l’on ne se sent pas dans son droit, c’est le placer à égalité et l’inviter à négocier en permanence.

Nourrir l’enfant à tout prix 
Mieux vaut sortir gentiment un enfant de sa chaise haute s’il n’aime pas sa purée, quitte à ce qu’il attende le repas suivant pour se nourrir. S’il est trop tard et que l’on a accoutumé l’enfant à choisir son menu dès son plus jeune âge, alors tant pis. Qu’il se nourrisse exclusivement de jambon-purée pendant des années, jusqu’à ce qu’il se lasse… On ne doit pas introduire de rapport de forces dans l’alimentation.

Ritualiser le coucher 
Le brossage des dents, le pyjama, la chanson, l’histoire, le câlin, la petite lumière pour dormir, etc. Erreur ! Ces rituels qui colonisent aujourd’hui les chambres d’enfants pour les rassurer au moment du coucher en font de vrais obsessionnels. Et donnent un statut à leur peur ! Mieux vaut le soir fermer la porte de l’enfant et le laisser gérer son temps comme il le souhaite-à condition qu’il ne revienne pas au salon-jusqu’à ce qu’il s’endorme

Tout ce qu’il ne faut pas faire avec son enfant 

Le câlin du matin dans le lit des parents 

Les psychologues sont unanimes pour l’interdire. C’est plus facile à dire qu’à faire. J’estime qu’on peut l’autoriser à une condition : être habillé décemment. L’enfant ne doit jamais, même à cet âge, avoir accès à l’intimité de ses parents. On ne se rend pas compte à quel point un corps nu d’adulte, qui plus est de parent, peut être troublant, déstabilisant pour un enfant.

Frapper un enfant qui frappe 

Fréquemment adoptée par les parents, elle n’est pas la solution. De même que mordre un enfant qui mord pour lui montrer ce que ça fait. L’enfant qui se comporte ainsi est un timide inhibé qui découvre son intérêt pour l’autre et essaie d’entrer en contact. Il faut lui expliquer qu’il a raison de chercher à se faire des amis, mais qu’il s’y prend mal, et lui proposer une autre approche, la caresse, par exemple. Il corrigera de lui-même son comportement.

Sacraliser le premier jour à l’école 

Un matin comme un autre. Et le soir il suffit de lui demander comment sa journée s’est passée. A trop vouloir en faire on prend le risque de communiquer sa propre anxiété à son enfant. La crainte du parent peut à elle seule traumatiser l’enfant.

Dédramatiser les mauvaises notes 
Une mauvaise note ne doit pas passer pour quelque chose d’anodin. Au minimum, elle doit faire l’objet de commentaires. Au pis, d’une punition s’il y a accumulations et que l’enfant ne fait aucun effort.

Lui donner raison contre l’enseignant 

Les professeurs sont là pour enseigner et l’enfant pour être enseigné. Cette hiérarchie n’a pas à être remise en question au prétexte que la maîtresse donne trop de travail ou qu’elle est trop sévère. La meilleure attitude en toutes circonstances est de défendre l’enseignant auprès de l’enfant, dès la première année à l’école. Faute de quoi on ne le prépare pas à la réalité du monde du travail.

Intervenir dans les conflits entre frères et soeurs 

Au contraire. Il ne faut surtout pas se mêler de régler les disputes à propos des jouets, par exemple, car elles sont formatrices. L’enfant prend conscience de son environnement, de la place qu’il y occupe et apprend à créer des alliances. On les laisse se disputer à leur guise, sauf si cela devient intolérable. A ce moment-là le parent doit intervenir. Quitte à les punir tous, sans avoir à le justifier autrement qu’au nom de son propre confort. Réagir en tant que parent égoïste rétablit la saine hiérarchie parent/enfant.

L’anniversaire avec toute la classe 

Il ne faut pas que l’anniversaire ressemble à une noce. Sinon vous le mettez dans une position intenable, au centre de tout, dans un sentiment vertigineux de toute-puissance. Mieux vaut une petite fête avec trois copains qu’avec vingt gamins. Mais les parents veulent souvent renvoyer une image positive de leur enfant et d’eux-mêmes vis-à-vis des autres parents

Tout ce qu’il ne faut pas faire avec son préadolescent

Lui interdire de grignoter toute la journée 
Tout dépend. Si le jeune adolescent a des dépenses énergétiques importantes qui lui permettent de manger plus, tout en n’ayant aucun problème de poids ou de santé, pourquoi interdire ? Sinon, il faut l’empêcher de grignoter et d’acheter des produits de grignotage. Car se contenter de lui dire d’arrêter le chocolat et en avoir plein les placards est totalement inutile.

L’autoriser à ne pas prendre tous ses repas en famille 
Absolument pas. Quel que soit son âge. Cela paraît dictatorial, mais peu importe. J’ai assez vu des personnalités se déliter chez des adolescents qui manquaient de repères. Le repas de famille en est un. En outre, il est une formidable occasion d’échanges.

Lui interdire de choisir lui-même ses vêtements 
Ce qu’un enfant déteste par-dessus tout, c’est être différent des autres. Il voudra donc être lui aussi « à la mode ». Pourquoi l’en empêcher ? Ce qui n’interdit pas d’avoir un discours critique sur la pression publicitaire qui transforme les petites filles et les petits garçons en « déjà adultes »…

Il lui faut un téléphone portable 
Aucun intérêt avant l’adolescence. Le parent ne doit pas céder. Eduquer, ce n’est pas séduire. C’est le contraire. Les parents sont condamnés à être aimés et haïs par leurs enfants, quand ils les punissent ou qu’ils leur interdisent quelque chose. Et ils ne peuvent éviter ni l’un ni l’autre.

Ne pas donner d’argent de poche 
Pourquoi ? Ce n’est pas inutile pour aborder avec lui la question de l’argent en général. A condition que ce ne soit pas avant 9-10 ans. A lui de décider ce qu’il veut en faire.

Libre accès à la télé ou à l’ordinateur 
Là encore, ne pas avoir peur de se montrer autoritaire. C’est au parent de décider combien de temps l’enfant peut regarder la télé. Il faut des règles : trois heures par jour, uniquement le week-end, ou forcément avec l’un des parents. On dose en fonction de l’âge et des résultats à l’école. En revanche, ne jamais oublier que la télé, comme l’ordinateur, est une distraction à laquelle l’enfant a droit s’il a fait tout ce qui devait être fait : le bain, les devoirs…

Parler avec lui de sexualité 
C’est devenu courant, et c’est à éviter. Il s’est créé tout un marché de livres pour enfants sur le sujet. A un préado qui vous demande conseil : « Trouve-toi une copine ou un copain pour en parler » est la seule bonne réponse. Pas question de devenir le confident des amours de son enfant, pas plus qu’il ne doit l’être pour ses parents. Il faut que la barrière soit la plus étanche possible. Et ne jamais recevoir le petit flirt à la maison, ou alors pas en tant que tel. Si vous commencez à intervenir dans les amours de votre préado, vous serez avec lui dans son lit quand il aura sa première relation sexuelle.

L’autorisation de minuit 
Pas question, même avec un préadolescent. Il va à une boum avec ses copains, il doit être rentré à une heure précise-22 heures, par exemple. S’il va au cinéma, et que la séance finit à 19 heures, c’est 19 h 15 à la maison. Et ce n’est pas négociable. Ce qui caractérise le préadolescent, c’est un sentiment de profonde insécurité, il a donc besoin de parents responsables. Le brider le sécurise.

 

**********

3 ans après ce billet, qu’est ce qui a changé?

Je suis maman de 3 enfants, j’ai toujours tout faux concernant les bébés, mes aînés ont encore eu un cadeau pour l’arrivée de leur petit frère qui coïncidait avec notre déménagement, ma fille de bientôt 6 ans n’arrive pas à se passer de son biberon qu’elle prend désormais seule, elle a toujours son doudou, son frère aussi d’ailleurs mais il ne lui prête plus beaucoup d’importance. Il veut juste le savoir dans son lit.

Mes petits sont devenus grands, ils font désormais partie de la catégorie “enfant”. Je ne suis pas loin de ce que dit Aldo Naouri à quelques détails près puisque bien souvent, voire toujours, nous intervenons dans les conflits entre les 2 aînés [qui sont fréquents] et chaque année, il fête leur anniversaire avec leur classe si la maîtresse le permet…

Pour la préadolescence, j’ai encore un peu de temps… Mais pour moi, une des choses les plus importantes est le respect.

MissBrownie

Une réflexion sur “Respect, Autorité et Amour

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