Marcel Rufo et l’allaitement

J’ai souvent apprécié les écrits de Marcel Rufo, empreints, selon moi, d’humanité et de logique. Lorsque Mme Déjantée m’a proposé de prendre part aux débats sur la position de Marcel sur l’allaitement, j’estimais qu’il avait été mal compris et que je pourrai le défendre… Naïve que j’étais !

Marcel, j’avais confiance en toi…Comme une petite fille qui pense que la parole de son grand-père est d’or, je buvais tes paroles… Et là, tu me trahis ? Tu te mets à délirer sur l’allaitement et sur le moment du sevrage…Et moi, je perds mes repères…

Voici ce que Marcel nous raconte :

La très grande majorité des mères allaite entre deux et trois mois en moyenne, le sevrage s’effectuant au moment de la reprise du travail et de l’entrée en crèche. C’est un bon tempo, la règle sociale suivant une évolution naturelle.

La règle sociale suit une évolution naturelle ? Il se moque de nous Marcel là ? Non ? C’est pas une blague ?

Je pensais qu’on reprenait le boulot parce que le congé mater’ était terminé et par conséquent, le plus souvent, on stoppe l’allaitement car il est plutôt compliqué de jongler entre travail et allaitement.

Dès trois, quatre mois, le bébé commence à se différencier de sa mère et accède peu à peu au stade de sujet ; il doit donc devenir autonome.

Oui, ok, mais dans une certaine mesure. Le bébé a le temps de devenir autonome…

La mère, de son côté, ne doit pas être dépendante de l’oralité et de l’appétit de son enfant.

Mais, QUOI ?! Cette phrase est tellement absurde que je ne sais pas quoi répondre…C’est un peu le rôle de mère d’être dépendante de son enfant, me trompe-je ? Un enfant, que ce soit par la voie de l’allaitement ou non, a besoin de sa mère pour être nourrit. Ce qui implique une action positive de la mère qui crée nécessairement une dépendance.

Le respect du sexe de ce dernier, masculin ou féminin, impose la pudeur, et le corps à corps doit être moins fréquent.

Je rappelle qu’à ce stade le bébé n’a que 3 ou 4 mois. Il a le temps pour découvrir la pudeur non ? Le principal, pour le moment, n’est-il pas qu’il apprenne à se sentir en sécurité et rassuré par le contact avec sa mère ?

Marcel doit oublier qu’il n’y a pas si longtemps, l’être humain était allaité bien plus longtemps que 3 ou 4 mois. Nos ancêtres sont-ils tous des êtres incestueux ?

C’est par la séparation que la mère fait progresser son bébé ; elle ne doit pas confondre la part organique de l’allaitement avec la fusion qui s’installe.

Et pourquoi, ne pas apprendre à se séparer à d’autres moments que ceux de la mise au sein ?

Par ailleurs, il est souhaitable que, à ce moment, la mère ait repris une activité sexuelle. Son sein, qui est alors érotique pour son mari ou son compagnon, ne doit pas l’être pour l’enfant. Le sein n’est pas « mixte », c’est l’alimentation de l’enfant qui doit le devenir.

Pour la majorité des femmes qui ont allaité (en tous cas, c’est ce que j’ai retiré des conversations que j’ai pu avoir…), le sein n’a plus jamais la même fonction.

Je ne sais pas si beaucoup de femmes ayant pratiqué l’allaitement acceptent que leur conjoint entre en contact avec leur poitrine, dans un certain laps de temps pendant et après l’allaitement. Et cela n’empêche pas d’avoir une sexualité épanouie : au contraire, on ne peut tirer que du bon du titillement de l’imagination !

J’ai connu un petit garçon qui, à 4 ans, était toujours allaité par sa mère. A 10 ans, il s’en souvenait encore. Sans aller jusqu’à cet excès, il y a dans l’allaitement un véritable abus sexuel de la part de la mère. L’enfant doit pouvoir oublier le plaisir procurer par l’allaitement, n’en garder que des traces inconscientes, et non pas des images précises qui viendraient l’embarrasser.

Je suis peut être d’accord sur une partie de ce passage, il peut être plus opportun pour l’enfant de ne conserver que des souvenirs inconscients de l’allaitement. Ne serai-ce que pour avoir une vision complètement saine du rapport au sein lors de ses premiers émois sexuels.

Mais, pour le reste, je m’insurge, je m’offusque et tout ce que vous voulez !!!

Lier allaitement et abus sexuel ? Ça va pas non ? Quid de ce que peuvent ressentir les véritables victimes d’abus sexuel ?

Tout ça me laisse sans voix… Peut-on vraiment penser qu’un enfant tétant le sein de sa mère subit un abus sexuel ?

Est-ce que se sentir en sécurité dans les bras de sa maman tout en se nourrissant peut être assimilée à une violence ?

Parce que la question se situe bien là : est-ce qu’un enfant allaité au delà de 4 mois subit une violence ? Lorsqu’on voit la mine réjouit d’un bébé lorsqu’il tète, j’ai dû mal à imaginer que l’on puisse mettre un enfant au sein contre sa volonté…

Alors, voilà, vous comprenez ma déception lorsque j’ai lu se passage du livre de Marcel « Tout ce que vous ne devriez jamais savoir sur la sexualité de vos enfants ».

Je continue, pourtant, à apprécier Marcel, notamment pour sa grande humanité ( et pour le fait qu’il soit Toulonnais…Chauvine, moi ?! Pffff !), mais, je serai, maintenant, plus critique face à ses propos !

Les bebous

 

3 réflexions sur “Marcel Rufo et l’allaitement

  1. Pingback: Semaine 7 : Le débriefing de Mme Déjantée [Partie 1] | Les Vendredis Intellos

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.