Au coeur des émotions de l’enfant

Aujourd’hui mon titre, c’est tout juste le titre du bouquin dont j’ai eu envie de vous parler dès que je l’ai eu en mains il y a quelques jours, écrit par Isabelle Filliozat. La couverture de l’édition que j’ai est un enfant caché par l’immense cœur rouge qu’il tient dans ses mains. Pourquoi je vous donne ce détail ? Peut-être parce que c’est elle qui m’a attiré vers ce bouquin, elle m’a touchée quelque part.

Je vais même aller jusqu’à vous livrer la 4ème de couverture, parce qu’une fois que je l’avais lu, le bouquin ne pouvait plus qu’être mien !

«  Les parents sont souvent démunis devant l’intensité des émotions de leur enfant. Ils cherchent volontiers à les calmer, à faire taire les cris, les pleurs, l’expression de l’émoi. Or l’émotion a un sens, une intention. Elle est guérissante. Ce livre très concrettire ses exemples du quotidien, aide les parents à comprendre la peur, la colère, la joie, la tristesse et le besoin de l’enfant d’exprimer ses sentiments. Tout cela pour mieux l’accompagner vers l’autonomie et vers davantage d’harmonie familiale. »

C’est ça, se sentir démuni, et réagir de travers… sûrement. Je me demande souvent si je n’interprète pas de travers ce qu’exprime ma fille, je prends souvent conscience que c’est avec mon regard d’adulte que j’interprète ses émotions et que ce regard n’est pas le sien… Et donc je n’apporte pas la réponse qu’il lui faudrait. Et moi, j’ai peur, très peur que ça lui nuise, maintenant mais surtout plus tard. Je souhaite tellement qu’elle devienne une personne qui n’ait pas à souffrir de ses émotions ou de ce que je n’ai pas su la conforter…

Au début de son livre, l’auteur nous cite fort à propos, Janus Korczak  qui dit :

«  Vous dites : c’est fatiguant de fréquenter les enfants.

Vous avez raison.

Vous ajoutez : parce qu’il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s’incliner, se courber, se faire petit.

Là, vous avez tort.

Ce n’est pas cela qui fatigue le plus.

C’est plutôt le fait d’être obligé de s’élever jusqu’à la hauteur de leurs sentiments.

De s’étirer, de s’allonger, de se hisser sur la pointe des pieds.

Pour ne pas les blesser. »

Voilà, la maman que je suis ne veut pas la blesser…

Je n’ai pas encore eu le temps de lire tout le bouquin, et je sais déjà qu’il y aura beaucoup à dire, de quoi remplir pas mal d’articles les vendredis !

Laissez moi tout de même vous racontez ce qu’elle dit dès l’introduction.

« Avoir l’intelligence du cœur, c’est savoir aimer, comprendre autrui, se réaliser, être soi en toutes circonstances, et réagir dans les situations émotionnellement difficiles : conflits, échecs, deuils, séparations, épreuves, mais aussi succès, rencontres, réussites de tous ordres. C’est en somme la capacité à être heureux, à ne pas se laisser dominer par l’adversité, à choisir sa vie et établir des relations harmonieuses avec les autres. Qui ne désirerait cela pour ses enfants ? »

Et selon elle, ce qui nous retient dans l’existence, et nous empêche d’être heureux voire nous rend « infirme du cœur » ? La mémoire, le plus souvent inconsciente, des souffrances d’enfant et les peurs qui en découlent…

« L’enfant est une personne. L’émotion est au cœur de l’individu, c’est l’expression de sa Vie. Savoir l’écouter, la respecter, c’est écouter sa personne, la respecter. »

«  Les décharges émotionnelles sont le moyen de se libérer des conséquences d’expériences douloureuses. […] La répression des émotions est nocive. »

« Il est urgent d’apprendre à identifier, à nommer, à comprendre, à exprimer, à utiliser positivement les émotions, sous peine d’en devenir esclaves, pour le bonheur de nos enfants et des adultes qu’ils deviendront. »

Oui mais voilà, la question reste entière, on fait quoi nous, parents ?

Bien sûr il y a la pléthore de « yaqu’àfautqu’on », chacun ayant son idée sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire, des ritournelles pleines de sous-entendus (péjoratifs !) sur l’éducation de nos enfants, si on fait comme si il sera trouillard, si on fait comme ça il sera collant, si on fait encore comme ça il sera capricieux etc… J’aime assez qu’elle souligne que « nombre d’opinions concernant l’éducation sont assénées avec d’autant plus de virulence voire de violence qu’elles sont irrationnelles et ne reposent sur aucune analyse sérieuse. »  Il y a de quoi être désemparé en tant que parent, il faut dire ce qui est, on s’en prend carrément plein la tronche, de quoi juste alimenter notre culpabilisation, comme si elle en avait besoin !

Isabelle Filliozat, nous dit « qu’une jeune mère, un jeune père, ont besoin de repères… mais pas de conseils… ils ont besoin d’apprendre à se faire confiance et à faire confiance à leurs enfants. »

Ainsi elle articule son ouvrage selon deux postulats :

–          Les enfants nous disent ce dont ils ont besoin à chaque étape de leur développement pour peu que nous sachions les écouter et décoder leur langage

–          Les parents peuvent comprendre leurs enfants et avoir une attitude juste envers eux pour autant qu’ils n’obéissent pas de manière automatique à des principes éducatifs, qu’ils ne soumettent pas aveuglément leur jugement aux experts, qu’ils ne soient pas enfermés dans des schémas rigides issus de l’éducation qu’ils ont reçue, ou ne restent encore trop blessés  par leur propre histoire.

Tout un programme dans lequel elle va aborder le comment avoir confiance en nos compétences de parent, nous proposer 7 questions à se poser pour savoir répondre à bon nombre de situations, nous décrire ce que sont les émotions, explorer la peur, la colère, la tristesse et la joie, évoquer la dépression chez l’enfant, ainsi que les épreuves douloureuses auxquelles ils peuvent être confrontés et finir sur quelques idées pour leur donner plus encore de joie de vivre et de plaisir dans la vie !

Elle dit surtout que « nos enfants ne nous attendent pas parfaits mais seulement humains !  Cessez de vous préoccuper d’être une bonne mère ou un bon père, soyez plutôt attentifs aux besoins de vos enfants. »

« Ne placer donc pas la barre trop haut, soyez tolérants avec vous-même, et surtout exprimez vos propres émotions et besoins.

Ecoutez votre enfant, donnez lui la permission de libérer ses tensions, offrez lui de l’espace pour ses décharges émotionnelles, il sortira grandi de toutes les difficultés de la vie. »

En tant que maman avec des émotions à vifs, je me pose beaucoup de questions pour ma fille, et j’ai peur de mal faire, peur qu’elle ne souffre de mes réactions, de ce que je peux dire ou faire, qu’elle se sente incomprise, et quand je réagis impulsivement parfois, je regrette dans l’instant, parce que je la sais due à mon propre énervement, ma propre contrariété, ma fatigue ou autre… mes propres émotions, et je sais que là je n’ai pas réagi comme il fallait, que je n’ai pas écouté le message, que mes émotions peuvent lui nuire.. L’instant d’après, je me reprends et tente de lui expliquer du mieux que je peux… Arriver à anticiper ces réactions serait une meilleure approche, mais ce n’est pas toujours évident !

J’ai hâte de lire tout le bouquin pour approfondir tout cela, et peut être y trouver de quoi rassurer l’émotive maman que je suis!

Chocophile

Une réflexion sur “Au coeur des émotions de l’enfant

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