Voir le monde à travers les yeux de bébé

Alison Gopnik, chère à Mme Déjantée pense, nous dit-elle, que 

les bébés regarderaient le monde comme lorsque nous voyageons loin de chez nous et où nous percevons chaque odeur, chaque bruit, chaque détail… 

Science&Vie Questions&Réponses s’interroge justement sur la façon dont les bébés voient le monde qui les entoure. Ainsi, on nous explique, avec appui notamment sur les recherches d’A. Gopnik mais aussi celles d’autres psychologue, neurobiologiste ou encore spécialiste des neurosciences cognitives, comment sa vision des choses se vérifie d’un point de vue physiologique. La nature prévoyant ainsi un mécanisme pour permettre à nos bébés, une capacité d’apprentissage impressionnante.

Cet article nous propose ni plus ni moins que le comment du pourquoi physiologique de cette vision du monde à travers les yeux de bébé.

Les bébés, ces petits êtres en développement, ont une façon bien à eux d’observer ce qui les entoure. On sait que leur vision durant les premiers mois est plutôt floue, et que les couleurs ne leur apparaissent que progressivement, mais ils ont une capacité à être à l’affût pour capter les visages, les objets et leurs mouvements, qui nous fascine et nous intrigue.

Ainsi les moins de 3 ans se font une véritable représentation du monde qui les entoure, mais elle n’a rien à voir avec celles des adultes.

Ils sont « en prise avec le monde de manière incroyablement plus forte et directe que les adultes » dit la psychologue Alison Gopnik. Forte d’expériences avec les bébés dans son laboratoire, elle a montré que le flot d’informations visuelles, auditives et évènementielles leur parvient « sans restriction ». Aucune information n’est laissée de côté, pour bébé tout est intéressant, ce qui lui permet de voir des choses que les adultes ne sont plus capables de voir.

Cette attention à toute chose nous précise-t-on, est utilisée au quotidien par les parents, notamment pour contourner l’attirance de bébé pour quelque chose de fragile et dangereux, vers un objet moins risqué !

Mais quel est donc le secret, si il y en a un, de ce mécanisme chez le tout petit de moins de  3 ans ? Il y a-t-il une raison physiologique à cela ?

La réponse est oui !

Porter son attention sur un objet parmi tant d’autres, c’est sélectionner celui-ci plutôt qu’un autre dans notre champ visuel … Et dans le cerveau, c’est le cortex frontal qui intervient. Cette zone du cerveau est en phase de développement chez le tout petit, ainsi elle produit de nombreux neurones venant renforcer ceux présent depuis le stade embryonnaire qui ne sont pas encore complètement matures.  Le cortex frontal n’est tout simplement pas encore capable de remplir ses fonctions, mais vous allez voir, c’est pour la bonne cause !

Du coup, que se passe-t-il dans le cerveau de bébé sous le coup de multiples informations ? Tout s’entremêle ! Les perceptions sensorielles, les émotions, les souvenirs ne sont ni filtrés, ni hiérarchisés. Tant que le cortex frontal n’est pas développé, le cerveau ne fait pas de discrimination des informations, et cela permet une toute autre perception du monde que celle des adultes !

Mais existe-t-il dès lors, pour nous adultes avec notre cortex frontal mature, un moyen de percevoir cette vision du monde par bébé ?

La réponse là encore est oui, et ce moyen c’est le CINEMA ! Dans les salles obscures, nous nous retrouvons absorbés par l’ambiance, les images, les sons et d’après une étude du neurobiologiste Rafael Malach,  l’activité cérébrale est alors nulle au niveau du cortex frontal!

Les neurobiologistes considèrent ainsi que cet état de « spectateur captivé par un écran de cinéma » dans les premières années de vie de bébé, serait très utile au développement de l’individu. Alison Gopnik,  dit que cela « doperait ni plus ni moins les capacités d’apprentissage » !

Le psychologue Michael Ramscar, quant à lui, défend l’idée que

le développement tardif du cortex frontal serait le secret évolutif de l’intelligence […], l’absence de contrôle de l’attention est la garantie d’une exploration intense du réel.

Dans ce mécanisme, on imagine bien qu’il faut tout de même un garde fou pour préserver bébé des dangers inhérents à cette exploration sans limite… Devinez qui détient ce rôle?

Nous, les parents!  Etienne Koechlin, directeur du Laboratoire de neurosciences cognitives de l’Ecole normale supérieure explique ainsi

tout se passe comme si, pour l’enfant de 0 à 3 ans, la fonction frontale était prise en charge par les parents : ce sont eux qui décident à tout moment de ce que l’enfant va faire ou ne pas faire

… oui, enfin à partir d’un certain âge on doit quand même y mettre encore plus du nôtre pour assumer cette fonction cérébrale pour eux, car m’est avis que d’autres mécanismes sont entrés en jeu pour leur donner une volonté de fer ;)

J’espère ne pas vous avoir perdu en route avec ma science, pour ma part je suis complètement fascinée par les capacités incroyables d’apprentissage de nos tout petits. Pas étonnant qu’ils soient capables à ce point de nous émerveiller chaque jour ;)

Chocophile

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Une réflexion sur “Voir le monde à travers les yeux de bébé

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