Joseph et Caroline Messinger – Ne leur dites jamais… Savoir parler à ses enfants, ça s’apprend.

Ne leur dites jamais... Savoir parler à ses enfants, ça s'apprend.

Miss Brownie avait déjà évoqué cet ouvrage avec son article « On ne parle pas à un enfant comme à un adulte » où elle mettait en avant le fait qu’il fallait faire attention aux réponses que nous faisons à nos enfants, qui peuvent être prise au premier degré. Son article est disponible ici : http://lesvendredisintellos.com/2012/02/04/on-ne-parle-pas-a-un-enfant-comme-a-un-adulte/

 « Les mots peuvent nuire, ils peuvent aussi détruire, quelquefois, ils peuvent même tuer ; mais ils peuvent aussi éveiller les prédispositions de vos enfants et construire leur avenir » (p.7)

Voilà comment se termine la page d’introduction de cet ouvrage qui consiste à « apprendre à parler, à établir un vrai dialogue avec son enfant dès le début de sa vie ». On trouve des mots tels que « abandonner », « comprendre », « (se) dépêcher », « méchant » rangés par ordre alphabétique.

Pour cet article, j’en ai sélectionné quelques-uns : se dépêcher, faire et on.

  • DEPECHER (SE)

«Adrien, dépêche-toi de t’habiller, tu vas être en retard pour l’école.

– Oui Maman !  

– Tu as fini ?

– Presque !

– Dépêche-toi, va te mettre à table.

– Tout de suite Maman !

– Adrien, le bus passe dans un quart d’heure, dépêche-toi de finir ton assiette… » (p.102)

Pour les auteurs, « quand il faut faire vite, on en fait pas dans les détails et on fait généralement mal les choses » et les « parents pressés sont des parents stressés », avec qui « il faut toujours se dépêcher d’être à l’heure pour ne pas être en retard ». Ces parents sont qualifiés de parents « vite fait, mal fait ». Le contraire, ce sont les « parents qui savent gérer leur temps n’ont jamais besoin de pousser leurs enfants dans le dos » et  « ils sont prévoyants et se laissent toujours une marge de manœuvre. »

Joseph et Caroline Messinger donnent ce conseil :

« Si vous voulez que votre enfant vous respecte, respectez son rythme de vie et ne lui imposez jamais le vôtre. Ce qui signifie que vous devez vous adapter à son rythme et sans le forcer à vous suivre. » (p.103)

  • FAIRE

« Ma fille ne fait que des bêtises. »

Sous-entendu : ma fille est ravissante mais totalement idiote. Elle agit en dépit du bon sens mais je préfère en rire devant vous qu’en pleurer. Elle me fait honte et donne de moi l’image d’un père ou d’une mère stupide » (p.137)

Cette critique est « un signe de rejet parental » où le « parent exprime sa déception, sa frustration d’être obligé de nourrir et d’éduquer un enfant qui lui ressemble si peu ou si mal ». De plus, « d’une autre façon, faire rire toute la famille en appelant son fils Bouboule parce qu’il a quelques kilos en trop ou sa fille Bécassine parce qu’elle a des difficultés scolaires est une forme de maltraitance. ». C’est aussi « une manière de se moquer de l’enfant, de diminuer au goutte-à-goutte l’estime qu’il s’accorde ». (p.137)

  • ON

« On viendra te chercher tout à l’heure » (p.217)

Le pronom « on », « c’est personne et tout le monde » à la fois, « Pronom impersonnel, « on » n’existe pas, ce qui permet au parent qui l’emploie de reporter la responsabilité sur le dos des enfants ou de son enfant, le cas échéant. »

Le conseil des deux auteurs : « Souvenez-vous que « on » n’est personne en particulier et, surtout pas « je ». Or, votre enfant a besoin de s’identifier à ce « je » pour se sécuriser. Les parents qui abusent du « on » sont des parents impersonnels comme le pronom. » (p.217)

Les auteurs concluent en indiquant que :

 « Les termes que nous utilisons ne sont pas des simples outils d’expression, ce sont aussi des vecteurs d’émotions. Ces émotions véhiculés par les mots peuvent être, tour à tour, positives ou négatives, gratifiantes ou dévalorisantes, stimulantes ou démotivantes. Votre image de parent dépend étroitement de ces émotions, donc de la qualité de vos propos. Votre crédibilité, en réalité votre charisme parental, dépend essentiellement des émotions que vous transmettez à votre enfant. La majeure partie des difficultés que vous rencontrez dans votre rôle d’éducateur, les conflits à répétition, l’indiscipline, l’échec scolaire, sont nourris par des discours contaminés dont vous êtes l’auteur ou le relais. » (p.308)

 Je rajouterais juste qu’il faut faire attention aux mots qu’on utilise en tant que parent, mais aussi en tant qu’éducateur et en tant qu’adulte en général. Le sous-titre de cet ouvrage, c’est « Savoir parler à ses enfants, ça s’apprend », on pourrait remplacer aisément ses enfants par les enfants, ou bien aux enfants.

Une fille d’avril