Il y a une question qui revient systématiquement à la fin de « La Parenthèse Inattendue » :
« Qu’avez vous envie de transmettre à vos enfants de ce que la vie vous a appris? »
Je me suis longtemps posé la question.

A la lecture d‘un article sur l’intelligence émotionnelle dans le Huffington Post, tout s’est affiché très clairement dans ma tête. Ce serait un savoir-faire, celui de se connaître suffisamment pour savoir gérer ses émotions. Et mieux encore, de pouvoir les transformer en énergie positive et constructive.

Un peu l’inverse de moi, cette maman méga émotive qu’un rien écroule.

Petit retour sur la définition de l’intelligence émotionnelle qui je pense n’est pas super limpide pour tout le monde.

L’aptitude émotionnelle détermine comment nous exploitons nos atouts, nos aptitudes, nos dons, y compris nos aptitudes intellectuelles. Alors que le quotient intellectuel est peu modifiable par l’expérience ou l’éducation, les aptitudes émotionnelles s’acquièrent et se développent. Howard Gardner, succédé par Salovey et Mayer, puis par Goleman, ont démontré qu’il existe un large éventail d’intelligences. C’est pourquoi aucun test ou examen ne peut évaluer ou mesurer la gamme complète des talents et des capacités fondés sur l’intelligence d’une personne.

Selon Estelle Morin des HEC, l’intelligence émotionnelle représente « un ensemble d’habiletés verbales ou non verbales permettant à un individu de générer, reconnaître, exprimer, comprendre et évaluer ses propres émotions et celles des autres de manière à orienter les pensées et les actions permettant d’affronter efficacement les exigences et les pressions de l’environnement. »

Désireuse d’apprendre à ma Gabrielle comment cheminer dans son intelligence émotionnelle, j’ai participé à une petite rencontre sur le sujet avec Emmanuelle Bouchet, coach en communication et leadership.

1. Comment accompagner son enfant dans la découverte de ses émotions ?

Gabrielle a 22 mois. C’est le premier pas à franchir mais identifier ses émotions n’est pas chose aisée pour un tout petit, qui commence à peine à parler. Elle a eu la chance de pouvoir s’exprimer très tôt grâce à la langue des signes. J’essaie depuis qu’elle est petite de mettre un mot signé sur une sensation ou une émotion. Afin de l’inviter à s’écouter et à s’interroger sur son état. Faim, soif, dodo, mais aussi peur, colère, tristesse. Ca marche assez bien. On a eu notre premier « en colère moi », il y a 15 jours.

La petite astuce d’Emmanuelle : découper des visages expressifs sur un magazine et les compiler dans un cahier afin de les parcourir avec son petit en identifiant l’émotion exprimée.

Il est important pour le parent d’être donc attentif, à l’écoute des émotions de son enfant, pour l’aider à se calmer, mais aussi de savoir les accepter pour ce qu’elles sont.

2. Les limites

C’est crucial de poser des limites. Des limites qui reflètent les valeurs de la famille.

Par exemple, c’est Ok d’être en colère, pour autant, mordre son petit copain ou lui cracher dessus, c’est pas possible. Savoir proposer une solution alternative.

« Tu es frustré /en colère / triste, parce qu’Olivia t’a pris ton jouet, qu’est ce que tu peux faire plutôt que de la taper ? »

La petite astuce d’Emmanuelle : la roue de la colère. C’est un outil en forme de roue qui permet de façon ludique de proposer à l’enfant de trouver une autre alternative à la violence. S’isoler pour se calmer – Taper sur un coussin etc.

Evidemment toujours s’exprimer en respectant les 3 C. Clair, concis, concret. Ne pas hésiter à reformuler si nécessaire.

Choisir la stratégie des conséquences naturelles, et garder à l’esprit que rien n’est plus efficace qu’une expérience faite par soi-même.

Si besoin d’aller plus loin : sanctionner.

Petit rappel : pour qu’elle soit efficace, la sanction doit être immédiate, véhiculée par la personne concernée, cohérente, adaptée à chaque enfant, expliquée mais pas négociée, pas humiliante, ferme et pas discutable, juste.

3. Trouver des solutions.

Identifier les objectifs, et essayer autant que possible de laisser trouver par lui-même. S’il ne trouve pas, proposer en brainstorming celle qui lui conviendra. Pour les moins de 10 ans, essayer une solution puis une autre, jusqu’à trouver la bonne. Ca peut ne pas marcher du premier coup, tenez bon et remotivez le pour continuer. La méthode Kaizen, un petit pas à la fois, peut être efficace. C’est rassurant d’avoir de « petits objectifs », et ça permet d’augmenter le degré de confiance en soi petit à petit.

4. Savourer des petits rituels positifs

Egrainer avant le coucher les petits bonheurs du jour pour passer la nuit avec des pensées positives.

Dans la même veine, la fabrication d’un jardin positif pour chaque membre de la famille : sur une feuille coloriée en vert,  on colle des photos de moments joyeux, et on écrit des phrases qui font du bien…

Favoriser les temps calmes à faire du yoga ensemble, ou des massages pour créer du lien.

 

En voilà une belle méthode créative comme je les aime pour transmettre à ma petite un précieux art d’être dans la vie.

L’intelligence émotionnelle est un art d’être. Comme tous les arts, celui-là est très précieux, non seulement pour la qualité de la vie professionnelle, mais aussi pour le développement d’une société responsable et fondamentalement plus humaine.

La Bien-Aimante

 


A lire sur le sujet

Cultiver l’intelligence relationnelle de Daniel Goleman

L’intelligence du coeur d’Isabelle Filliozat

Travailler le sujet avec vos tout petits
La suggestion de livres d’Elsa du blog Merci Montessori
Quelle émotion ?! Comment dire tout ce que j’ai dans le cœur… de Cécile Gabriel
Un petit outil ludique à faire soi-même ou à acheter tout fait le sac à émotions