On manque de vocabulaire pour le définir et je ne cautionne pas les termes de belle mère, beau père (ni le bel enfant que j’ai découvert dans mes lectures), parce qu’ils posent une affiliation qui n’est pas forcement vraie.
D’où mon terme de « non parent », le compagnon ou la compagne de Papa ou de Maman, qui vit ou non à plein temps avec elle/lui, que le ou les enfants soient en résidence alternée ou qu’il aillent chez l’autre parent seulement pour quelques week-end ou les vacances.
Ma situation personnelle m’a poussée à investir le sujet.
J’ai deux enfants, l’Ainé 6,5 ans et le Cadet 2 ans, une semaine chez leur père et une semaine chez moi depuis notre séparation il y a 10 mois. Si nous n’avons pas rencontré nos nouveaux compagnons respectifs au même moment, les présentations à nos enfants ont eu lieu à peu près à la même période et se sont bien passées.
Mon nouvel amoureux n’a pas d’enfant et n’en souhaite pas (et moi je n’en veux plus) et il habite partiellement chez moi, majoritairement en l’absence des enfants, mais pas que.
Quel est le rôle d’un «beau-parent» ?
En fait, on ne le sait pas très bien.*
Heureusement que Sylvie Cadolle développe tout de même le sujet dans Familles recomposées un défi à gagner, mais cette mise en bouche rassure sur la difficulté à chacun de trouver sa nouvelle place.
Partie 1 – Le B.A.BA : règles de bases s’appliquant aux proches qui partagent un même toit
Et finalement, je me rends compte qu’en ce qui me concerne cette approche vaut pour mon amoureux mais se vaut aussi pour mon frère qui serait ici, une amie proche qui dormirait là…
(…) en tant qu’adultes, [les beaux parents] ont des droits et des devoirs à l’égard des enfants avec lesquels ils vivent : droit au respect, devoir de bienveillance. (…) [Les beaux parents] êtes chez vous et vous avez le droit de poser certaines règles.*
Je suis bien consciente que l’éducation que je donne à mes enfants n’est pas parfaite, qu’elle répond majoritairement à des concepts qui me sont propres, que des fois elle peut jouer contre moi, et surtout que mes règles ne sont pas celles de tout le monde.
Je peux partager quelques heures, quelques jours, mon toit avec des personnes qui auront une sensibilité au bruit, au désordre, à certaines règles de politesses, etc., différentes des miennes. Et il me parait logique que l’autre adulte intervienne et fasse valoir ses droits si son confort ou son intégrité sont menacés et qu’on essaie à ce moment là de tous s’accorder.
Et j’avoue appliquer les règles dans l’autre sens quand je suis chez des proches ou que des enfants sont chez moi : j’interviens et exprime les raisons de mon mécontentement si l’enfant d’un tiers me parle mal, qu’un petit me tape ; j’invite l’enfant qui fait trop de bruit dans les pièces de vie commune et parasite la discussion que j’ai avec d’autres à aller en faire dans sa chambre ; etc.
Il ne s’agit pas de remettre en question l’éducation parentale, ou de se poser en tant qu’éducateur, mais d’exprimer sa sensibilité lors de situations où l’on se sent agressé ou non respecté.
Définir un code de conduite
Il convient d’établir un code de bonne harmonie en demandant au beau-parent ce qu’il est indispensable à ses yeux que l’enfant respecte pour que la vie commune soit possible. (…)
C’est au parent recomposant de régler ces questions pour éviter que les tensions ne dégénèrent en conflits et que les beau-parent prenne son bel-enfant en grippe à force d’être exaspéré.*
Avant de se demander si le non parent doit/peut intervenir dans l’éducation de l’enfant, et comment cela doit s’articuler pour minimiser les heurts, il convient donc dans un premier lieu de prendre le temps de dresser des nouvelles règles de vie commune, que le parent et sa/son compagnon seront légitimement en mesure d’appliquer, informer les enfants de ces nouvelles règles (voire les rédiger avec eux, afin qu’ils les comprennent bien et intègre les alternatives possibles) et bien préciser qu’elles sont communes et que le non parent est aussi garant de leur application.
* Extraits de Familles recomposées un défi à gagner – Sylvie Cadolle
Carpediem
Je ne suis pas certaine qu’il soit facile d’établir « des règles de conduites » tant le terrain peut être « miné » pour le compagnon ou la compagne du parent.
J’avoue ne connaître le sujet qu’au travers des copines de ma fille qui vivent dans des familles recomposées. Et j’ai l’impression que le plus compliqué pour l’une d’elles qui doit vivre avec un « beau-père » et de temps en temps ses fils, c’est qu’elle semble ne pas avoir du tout accepté la séparation de ses parents.
Chaque histoire est de tout façon singulière.
Curieusement, je ne crois pas qu’il y ait beaucoup d’articles sur les VI sur le thème des « familles recomposées » (ou j’ai zappé??) , pourtant cela concerne beaucoup de monde.
Oui, chaque histoire est singulière, et c’est effectivement plus compliqué lorsque les enfants sont adolescents, qu’il y a aussi des enfants du beau parent, et pire encore lorsque la séparation n’est pas accepté.
Heureusement pour nous, même si la situation est compliquée et que nous sommes en pleine phase d’ajustements, la situation est parmi les plus « simples ».
Et c’est effectivement un sujet très peu abordé ici sur les VI, c’est pourquoi j’ai décidé d’approfondir ma réflexion personnelle et de la faire partager.
Si des lecteurs/lectrices veulent ajouter leur pierre à l’édifice qu’ils se joignent à nous ;)
Enfin un article de bon sens sur le rôle du beau-parent ! Je suis totalement en ligne avec ce que vous écrivez. Seul bémol viendrait du parent conjoint qui n’accepterait pas tout à fait la place du beau-parent… ce qui arrive assez fréquemment, consciemment ou inconsciemment. Sans même parler de l’autre parent biologique.
Ombeline Becker
La suite de ma réflexion, qui sera prochainement publiée sur ce même site, traite de ces points là : quelle place et investissement le non parent veut prendre, quelle place le parent veut-il lui laisser ? Et comment envisager de composer une nouvelle équipe éducative avec des nouvelles règles ?
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