langes_royaux

Cela a fait l’objet d’un article dans le Monde : les langes du prince George, pourtant très peu apparu des les médias.

Son lange blanc avec des petits oiseaux verts est paraît-il commercialisé par une entreprise newyorkaise aden+ anaïs.

L’effet a été immédiat :

« A peine quatre heures après l’apparition du bébé, le site ne répondait plus, victime du nombre de connexions. Le lendemain, même chose. Selon le Daily Mail, en neuf jours, l’entreprise comptabilisait 7 000 commandes – une augmentation de 600 % de ses ventes ! »

« La marque croule toujours sous les commandes (le pack de 4 langes « Jungle Jam » coûte 49,95 €), en Grande-Bretagne les visites ont augmenté de 1 960 % ; en Australie, de 892 %, 791 % au Japon et 458 % aux Etats-Unis. Épuisé presque partout. »

Et d’ailleurs, pour l’heure,  le motif porté par le prince George n’est plus au catalogue.

En cliquant de-ci de-là sur le site , j’ai vu qu’un lange en mousseline de coton bio coûte environ 25 livres, et le pack de 4 « classique » dans les 45 livres !

Je comptais en faire un « neuronne free » sur le thème futile de la mode enfantine dès le berceau lorsque j’ai lu avec  étonnement que cette boutique apparemment très « tendance » prône l’emmaillotage, qui  recréerait « l’enveloppe rassurante du ventre maternel » (voir rubrique « apprendre » sur le site de Aden + Anaïs)

Dans mon esprit, c’est une pratique ancienne qui avait surtout pour but de protéger l’enfant, de le suspendre pour le surélever pendant que les parents travaillaient.

Voir les exemples  sur le site de la réunion des musées nationaux.

Cela a longtemps été la norme lorsque l’enfant était allaité et devait être porté nuit et jour par sa nourrice, et a été très décrié dès que la médecine s’est occupée des soins aux nourrissons.

Mais cette pratique ,  à condition d’en limiter l’usage à la nuit aurait des vertus calmantes pour les nourrissons , d’après doctissimo

La pratique de l’emmaillotage était assez universelle , et en cherchant un peu plus loin j’ai découvert des écrits fort intéressants de Blandine Brill.

( Blandine Bril « Culture et portage de l’enfant », Spirale 2/2008 (n° 46), p. 121-132. ) qui confirment l’universalité de la pratique de l’emmaillotage, en lien avec l’allaitement et la nécessité pour l’enfant d’être en permanence près de « la source nourricière » et donc de pouvoir être porté en permanence sans gêner le travail de sa mère ou de sa nourrice.

On trouve plus de précisions dans cet extrait du livre de Blandine Bril et Sylvia Parrat-Dayan,  «  Materner du  premier cri au premier pas » au chapitre « quand et pourquoi emmailloter l’enfant ? «  p 165.couverture_materner_bl_bril_sil_parrat_dayan

(extrait consultables dans books.google.fr)

Selon les aires culturelles, différents bienfaits seront vantés.

Pour une population russe des années 50,  le maillot empêche l’enfant de se faire mal , lui permet d’être plus calme et de parvenir à un sommeil meilleur.  Il permet aussi une tranquillité plus grande aux parents qui peuvent poursuivre leur travail. Il est en effet essentiel que l’adulte ne soit pas perturbé dans les activités qui permettent la survie du groupe.

Une population tunisienne interrogée en 1999, indiquera sensiblement les mêmes avantages .

En pratique, qu’il s’agisse des indiens d’Amérique du Nord ou de la France du XVIe siècle, le maillot est adapté au développement de l’enfant, et dès que l’enfant peut se tenir assis ; ses bras et ses pieds sont libérés.

Selon les cas, c’est l’apparition de la position assise, de la marche à 4 pattes ou de la marche qui signifie l’abandon du maillot. En Tunisie, cela peut être aussi la saison chaude.

La figure ci-dessous montre d’une part la durée d’emmaillotement d’enfant péruviens en fonction de leur âge, et d’autre part que les phases de sommeil sont beaucoup plus importantes et continues lorsque l’enfant est emmailloté.maillot_materner_Bl_bril

Il a été montré que des nouveaux nés emmaillotés avaient un rythme cardiaque plus faible (si j’ai bien compris), mais apparemment l’expérience ne tient pas compte du contact permanent avec un adulte des enfants emmaillotés et portés par rapport aux enfants qu’on laisse dormir dans un berceau, et est critiquée par un thésard qui s’est de nouveau penché vers le sujet. Mais c’était dans les années 60.

(Psychosom Med. 1960 Jan-Feb;22:57-67., Autonomic function in the neonate. II. Physiologic effects of motor restraint, LIPTON EL, STEINSCHNEIDER A, RICHMOND JB)

Et si on ne trouve pas grand chose en français, lorsqu’on tape « swaddling », on trouve un article wikipedia assez riche (en anglais).

D’après la photo , le prince George a les mains plus ou moins libres.

L’article ne dit pas si Kate a prévu de l’allaiter et de le promener partout sur son dos …

Tout ce qu’on ne raconte pas à propos d’un lange pris en photo  !!

Et moi qui croyais qu’on prônait aujourd’hui plutôt la « gigoteuse« .

Phypa