ou comment deux paragraphes peuvent ouvrir une brèche dans les idées « classiques » concernant la « propreté » des enfants… ou comment quelques mots m’ont aujourd’hui conduit à accompagner mon bébé d’un mois à faire pipi dans le jardin chez des copains et faire faire caca dans leurs toilettes… ou comment lire un livre peut donner envie d’essayer « juste pour voir »…

Bref, il suffit parfois de pas grand chose… de quelques mots…

En 2009, j’ai lu le livre de France Guillain intitulé « Bébé ? Tout ce qu’on ne vous dit pas » (livre très intéressant avec des astuces « pour que la présence de bébé soit un vrai bonheur »).

Page 77 on y trouve un paragraphe dont le titre est « mon bébé sans couches » :

Ce n’est pas une utopie. Lorsque j’étais enfant, j’habitais une vallée peuplée de Chinois. Les mamans chinoises reprenaient leurs travaux de cultures vivrières dès le troisième jour. Leurs bébés portaient une petite chemise pour couvrir le buste, mais ils avaient toujours les fesses à l’air. La maman avait toujours dans son panier un bol en faïence aux bords très épais. De temps à autre, elle mettait le bol contre les fesses du bébé qui en profitait pour faire pipi ou pour une selle. La maman nettoyait ensuite le bol et le remettait dans son panier. Les bébés de faisaient jamais leurs besoins sur leur maman, et ceci dès la naissance. Cela existe même en France aujourd’hui. Les Editions La Plage ont édité Elever son enfant autrement qui consacre deux très grandes pages à ce sujet. Bien sûr, cela exige d’être au contact permanent de son  bébé dès le début, ce qu’il n’a pas trop compliqué les premières semaines pour les mères qui ont droit à un congé. Rapidement, le bébé apprend à émettre un son particulier qui avertit la mère qu’il doit faire ses besoins. Il suffit de répondre à cet appel immédiatement et, avec le temps, le bébé arrivera à patienter une minute puis quelques minutes, renforçant ainsi ses sphincters. Cela donne un bébé toujours propre sans traumatisme ! Il est bien évident que moins le bébé sera habillé, plus ce sera facile ! Il ne faut pas être obligé d’ôter un pyjama ! Il n’est donc pas si naturel de penser que le bébé « a envie de tout garder pour lui, qu’il aime sa production, qu’il a du plaisir à rester dans sa couche mouillée et chaude » comme certains le déclarent ! Un bébé est aussi très heureux d’avoir un corps libre de toute entrave et bien propre ! Les chatons ne se vautrent pas dans leur urine ni dans leurs selles ! La mère chatte y veille de près ! Pourquoi les petits humains seraient-il si différents ? Question de bon sens ? »

C’était la première fois que j’entendais parler de l’HNI ou Hygiène Naturelle Infantile. Grâce à un livre. Il suffit parfois de moins de 2 pages pour attiser notre curiosité, pour s’interroger, pour avoir envie d’en savoir plus… A l’époque je n’ai pas cherché le livre cité. Mais la petite graine était dans ma tête, elle n’avait plus qu’à germer. Je ne faisais plus partie des gens qui n’en avaient jamais entendu parler et qui surtout ne s’étaient jamais demandé comment ils faisaient dans certains pays, sans couche. Je faisais partie des autres, de ceux qui en ont déjà entendu parler. Dans ce groupe, deux catégories de personnes : celles qui vont mettre de côté l’information en se disant que de toute façon chez nous il y a des couches et celles qui, comme moi, se sont interrogés sur la faisabilité de ce qui est écrit… Est-ce que ça marche ? Comment ça marche ? Et si ça marchait ?! Et si moi j’essayais ?

Pourquoi je me suis sentie intriguée et pourquoi cela me parlait :

« les fesses à l’air »

Je comprends donc que ces bébés n’ont pas de couche, ni lavable, ni jetable donc pas de déchets ni de consommation d’eau. : top au niveau écologique ! Je pense qu’au départ c’est ce qui m’a plu. Plus que l’aspect communication avec son bébé ou le côté pratique pour ne pas abîmer les fesses des bébés. Beaucoup trop « maternage » à l’époque où je n’étais pas prête à avoir des enfants.

« De temps à autre »

Comment la maman sait-elle que le bébé a besoin ? Il ne parle pas avec des mots… Une intuition ? Si c’est le cas, c’est bluffant. Je ne faisais pas partie de ses gens qui s’extasient devant les bébés car pour moi on ne pouvait pas communiquer (avec des mots) avec eux. Animatrice à 17 ans, j’ai préféré travailler avec des groupes d’ados de quasiment mon âge plutôt que d’être en contact avec des petits… beaucoup moins « intéressants ». Et là on me dit que le bébé, dès sa naissance, communique avec sa maman ?! Intriguant…

« contact permanent de son bébé dès le début »

L’idée ne me choquait pas car j’avais lu que le bébé humain naissait non autonome (contrairement à beaucoup d’autres mammifères) et qu’il avait besoin de sa mère / ses parents. Donc que le duo mère/enfant soit proche physiquement au début de la vie me paraissait naturel.

« son particulier »

Je m’étais demandé si c’était lié au phénomène qui donne envie de faire pipi quand quelqu’un dit « pssssssss » chez certaines personnes… De là à en comprendre le fonctionnement…

A l’époque, je m’étais dit que ça ne coûtait pas grand chose d’essayer et que si ça fonctionnait ça devait être assez étonnant, surtout dans notre société ! Mais côté pratique, je n’en savais pas plus…

Et la suite ?

La 2° fois que j’en ai entendu parler, c’était en Inde, en croisant une copine qui faisait un tour du monde et qui avait pu découvrir cette « étrange pratique » dans plusieurs villages dans lesquels ils avaient séjourné. On en a pas mal parlé, mais tout cela restait bien mystérieux…

Puis, un copain m’a offert Sans Couches c’est la liberté d’Ingrid Bauer, un mois et demi avant l’accouchement. J’avais lu un tiers du livre avant la naissance.

Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, la petite graine de 2009 a germé. Je me suis lancée dans l’aventure « à l’arrach » en me disant que ça ne coûtait rien, que je n’avais rien à perdre et que je serai toujours à même de tout arrêter si j’y trouvais trop d’inconvénients.

Et finalement, comme dit ma sœur « l’hygiène naturelle, ça maaaaaarche » ! Ou du moins « ma » version actuelle de l’HNI. Sur mon blog, catégorie Eliminer (HNI, couches), je raconterai ma petite expérience sur le sujet que je trouve passionnant !

Bref, j’ai choisi d’aborder ce thème dans les vendredis intellos car je suis reconnaissance à l’objet livre de me donner de nouvelles connaissances, de me rendre curieuse, de m’ouvrir l’esprit…

Dans le cas de « mon bébé sans couches », je pense que la réflexion qui est née de ces deux pages m’a rendue plus sereine dans ma façon d’aborder la maternité notamment avec la notion d’avoir confiance en soi et son bébé.

* je ne l’ai toujours pas, je devrais le récupérer bientôt