Le passage du temps est une notion à la fois concrètement indiscutable et éminemment subjective.

Une amie l’a d’ailleurs très joliment illustré dans un billet plein de poésie pas plus tard qu’aujourd’hui (ce n’est pas une contribution de la semaine mais ça n’empêche pas de citer des jolis textes quand ils sont tout indiqués !). L’illustration parfaite qui me revient souvent concernant cette relativité du temps est le déroulé des années scolaires. Quand j’étais jeune (ouh la vieille qui parle !!!), je trouvais les semaines de cours extrêmement loooongues et monotones. Les vacances n’arrivaient jamais assez vite puis d’un coup, elles étaient là, elles passaient à la vitesse de l’éclair et surtout, un beau jour, nous étions en juin, l’année était finie et je réalisais que je ne l’avais pas vue passer… Ca vous dit quelque chose ?

Alors quand on est parents, inutile de dire qu’entre l’impatience de l’attente (pendant la grossesse), l’envie de savourer notre petit (puis grand) bout tel qu’il est, indéfiniment, mais aussi qu’il grandisse vite pour que l’on puisse dormir, s’épargner un peu de logistique et s’économiser quelques bêtises (pourtant l’expression d’une grande créativité, comme l’évoque Mère Cruelle), tout en souhaitant l’avoir toujours près de nous (quoi, il rentre DEJA à l’école ?!) mais en ayant envie de nous retrouver seuls parfois, en couple (quoi, ENCORE 15 ans avant qu’il quitte le nid ?!! Aaaargh), le temps prend encore une autre dimension…

Le temps de se dire par exemple : comment prendre le temps de les regarder grandir tout en continuant de travailler à un rythme suffisant pour m’assurer une carrière fidèle à mes ambitions ? Ou bien l’inverse, selon le point de vue. Paloma relate ainsi le retour d’expérience d’une ancienne grande patronne américaine qui avoue avoir longtemps sacrifié le « reste de sa vie » au bénéfice de sa carrière, privilégiant le temps du travail sur les autres temps.

Et puis un jour, qu’on ait choisi de les regarder grandir chaque jour à la maison ou en alternance avec une activité professionnelle, on réalise que nos enfants ont grandi, vraiment grandi. Qu’ils font leurs propres choix, que l’on est plus là que pour les guider (à peine), les soutenir (toujours), qu’ils ont choisi ce qu’ils souhaitaient faire et qui ils voulaient être. On peut alors se questionner encore à loisir sur la place de chacun et pourquoi l’aîné est devenu comme ceci tandis que le cadet est plutôt comme cela : Une Mère Ordinaire revient sur le rapport entre la place dans la fratrie et le devenir professionnel de l’enfant. Pourquoi untel est-il plus ou moins diplômé que son aîné : quel exemple a-t-il eu, quelles stimulations de plus ou de moins a-t-il reçu ? Quel temps a-t-on consacré à chacun, comment ?

Le temps nous questionne, occupe nos phrases et nos pensées (« je n’ai pas le temps maintenant… », « tu es grand, il est temps de… », « auras-tu le temps de faire ceci… »), le temps nous presse et parfois, heureusement, nous réalisons… et nous empressons de le savourer. Le temps des parents est un temps court et infini, précieux et épuisant.

Mais prenons le (temps).