ImageC’est lors des premières rencontres des Vendredis Intellos* en 2012 que j’ai découvert et acheté le livre de Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau intitulé Le (nouvel) art d’être grand-parent, éditions l’Instant Présent, 12€. Il est destiné à ma maman pour qui j’ai fait dédicacé le livre. Avant de lui offrir, je l’ai lu et c’est le moment de le commenter :

A qui l’offrir ou le conseiller ?

Même si le sous-titre « Quand nos enfants deviennent parents » s’adressent plutôt aux (futurs) grand-(beaux) parents, je trouve qu’il est intéressant pour les (futurs) parents et les autres générations (arrière grand-parents).
Sa tendance est plutôt de défendre les parents qui auraient notamment choisi un maternage proximal face aux grand-(beaux) parents qui ne le comprendraient pas. Mais le livre aborde des notions bien plus large que l’allaitement ou le co-dodo en s’interrogeant sur le rôle et la place des plus anciens.

p. 8 Introduction : « Pour moi, être de « bons » grands-parents, c’est tout autant sinon plus « bien-traiter » ses enfants devenant parents qu’aimer ses petits-enfants. »

De quoi ça parle ?

Après une citation de Victor Hugo de L’art d’être grand-père, elle commence par un peu d’histoire et de SOCIOLOGIE qui permet de prendre du recul et se dire que notre situation n’est pas nouvelle et de prendre du recul : d’autres sont devenus parents et grand-parents avant nous, dans des contextes et des habitudes différentes… ou non. Puis elle aborde  le côté EMOTIONNEL d’une naissance, de la rencontre entre plusieurs générations avant de passer en revue le « rôle » de TRANSMISSIONS

p. 32 « Dans les sociétés traditionnelles […] la transmission des méthodes de puériculture se faisait d’une génération à l’autre, de mère à fille : on faisait comme avait fait sa mère […] grand-mère, parce que c’était la tradition, parce que « c’est comme ça qu’on fait ». Dans l’Occident moderne, c’est un peu l’inverse : beaucoup de nouveau parents ne veulent justement pas faire comme a fait la mère ou la belle-mère et prennent le contre-pied. »

Dans la partie « transmission » des nouvelles choses, des connaissances, du plaisir du jeu, de l’apprentissage du cycle de la vie, elle aborde les notions de tolérance, et d’objectif d’absence de rivalité entre les générations. L’important pour elle est que l’essentiel soit respecté par les grands-parents : sécurité, réconfort et jeu.

p. 37 « c’est agréable pour un enfant d’avoir plusieurs adultes référents »
p. 39 « le grand-père c’est le seul adulte qui a du temps »

… puis de SOUTIENS (et non critiques) lors de la naissance, du maternage, soutien matériel…. Elle conseille d’échanger autour de la garde des petits-enfants et de se poser les bonnes questions : quelle est la volonté, le souhait, l’envie et la force de chacun ? quelle condition financière ? quelle fréquence ? à quel âge ? quelle durée ?
Là aussi les notions d’encouragement, de respect, d’amour, de confiance, d’absence de jugement reviennent souvent.

p. 50 « 4% des moins de 3 ans sont gardés par leurs grands-parents […] Selon la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse, 85% des femmes et 65% des hommes gardent leurs petits-enfants occasionnelement, à la sortie de l’école, le mercredi ou pendant les vacances. »
p. 52 témoignage « Garder mes petits-enfants est une grande satisfaction malgré les contraintes (horaires, disponibilité). C’est une marque de confiance des parents (attention à ne pas les supplanter) et une grande responsabilité, mais surtout une source de complicité avec les petits-enfants et une cure de jouvence pour les grands-parents. »

Réaliste, elle aborde le fait que les relations puissent être CONFLICTUELLES (quitte à aller en justice) ou moins ordinaires (adoption des enfants, éloignement géographique, vivre avec les grands-parents, séparation des parents, être grand-parent par alliance…) ou du moins « PAS SI SIMPLE » (le vivre comme un « coup de vieux » ou l’existance d’écoles de grands-parents).

Enfin elle termine par un petit vade-mecum à l’usage des grands-parents : A NE PAS FAIRE, avec des choses « simples » (sur le papier) comme « revivre ses maternités », « vouloir à toute force pouponner le nouveau bébé », « faire à ses enfants ce qu’on a reproché à ses parents ou beaux-parents de faire quand on était de jeunes parents et dont on a souffert », « faire des comparaisons entre ses enfants et entre ses petits-enfants », « se mettre en compétition avec les autres grands-parents », « saper systématiquement l’autorité des parents » ou encore « exiger d’avoir ses petits-enfants »…

Est-ce qu’il est facile à lire ?

Oui car son « discours » est entrecoupé de témoignages de plusieurs générations (des petits-enfants aux grands-parents) de familles conflictuelles ou aimantes, de familles ordinaires ou moins ordinaires (grand-parent de coeur). Le livre donne pas mal de liens sur les associations existantes afin de poursuivre les lectures sur le Net ou de poursuivre les échanges avec d’autres grands-parents.

Non car le livre est écrit assez petit. C’est peut-être le seul (petit) reproche que j’aurais à faire à ce livre que j’ai acheté format poche (mais je ne pense pas qu’il existe en format non-poche). J’imagine que ma mère me dira sûrement « qu’il est écrit petit »… Et vu le public auquel il est destiné, c’est un peu dommage (même si je souhaite que la vue de vos aïeux soit meilleure que la moyenne !)

Pourquoi l’offrir ou le conseiller ?

Si vous êtes plutôt en phase avec vos parents sur les choix éducatifs, ce sera l’occasion d’aborder le sujet de la grand-parentalité et de la place que vous souhaitez faire aux grands-parents. Un des « risques » de cette situation étant l’intrusion « laisse, je vais faire » ou la dévalorisation des parents « moi je sais faire »…

Si au contraire vous savez que vous ne partagez pas les mêmes idées, c’est une façon de se poser les questions en amont. Autant partager sur les doutes et discuter calmement avant l’arrivée du bébé de qui fait quoi et comment… Un livre écrit par un « auteur » peut permettre d’aborder le sujet avec des exemples « hors famille » basés sur les témoignages du livre. Réactions, sentiments, émotions… c’est le moment d’échanger !

Dans tous les cas je trouve que c’est une main tendue vers l’autre, une façon de lui signifier que vous souhaitez lui faire une place auprès de ce futur bébé. Qu’elle sera pas en placement libre mais qu’elle est prévue, parfois avec certaines règles que vous avez en tête, parfois qu’elle est à construire avec leur aide… Pour moi il y a énormément de bon sens et de partage de valeurs mais c’est parfois bien quand c’est écrit ! Bref, un beau cadeau pour des futurs grands-parents !

Et dans mon cas ?

Voir sur le blog Pérégrinations autour de la parentalité

Et pour finir sur une note positive :

p. 101 témoignage de grand-mère « Nous ne sommes pas toujours d’accord […] ce n’est pas toujours facile, mais ça vaut la peine : en cas de désaccord entre nous, ce serait nous les perdants – ainsi que les enfants ».
« Je crois que les grands-parents devraient essentiellement être là en soutien aux parents, en partge d’expériences, en encouragements, mais surtout pas en donneurs de leçons, en juges des choix des parents. »

Je vous souhaite des relations harmonieuses entre le trio : vous, vos enfants et vos (beaux) parents !

Vous avez lu / offert ce livre ? Et chez vous c’est plutôt des relations paisibles ou conflictuelles ?

Mia pérégrine

* Allez vite découvrir le CR publié sur le blog Parents 2.0 !