En ce moment, l’enseignante rebelle se réveille doucement en moi. De multiples façons.(ça cogite, quoi.)

mini-debrief-210

Il y a cette réforme des rythmes scolaires qui me hérisse le poil, dans laquelle j’use mes derniers neurones, en tant qu’enseignante, parent élue et maman.

Il y a aussi cette circulaire qui « réhabilite » les moins de 3 ans à l’école, sur laquelle je m’interroge fortement, puisque le Niaf va les cotoyer à la prochaine rentrée. Puisque j’y serais peut- être confrontée, en tant que maîtresse.

Et puis, à côté de ça, il y a mes élèves en grosse difficulté, ces enfants d’à peine 5 ans pour qui les inégalités ont déjà commencé à se creuser, et que je veux récupérer tout de suite. Je souhaite qu’ils aiment l’école, qu’ils viennent avec le sourire, et je voudrais leur donner la curiosité de découvrir, l’émerveillement devant les lettres, les chiffres, les mots, les phrases… mais tout cela ne peut passer que par des projets qui les attirent, qui les stimulent…

Et là, coïncidence du fruit du hasard, bing, je me retrouve à cogiter sur un mini débrieffing qui, dans un premier temps, aide mon cerveau à se poser les bonnes questions sur la scolarisation des 2 ans, grâce à l’article de Home Sweet Môme, qui reprend les points essentiels qui me travaillaient, en citant la circulaire. Ses questionnements, ses inquiétudes, ses arguments, je les connais, je les conçois, même si nous n’avons pas forcément le même avis. Attendez, j’explique!

Home Sweet Môme s’interroge sur le fait qu’encore une fois, ce soit à l’école qu’incombe la tâche de pallier aux difficultés des enfants, alors que des structures telles que la crèche, la garderie…pourraient avoir ce rôle de lieu de première socialisation, et engager un processus de confrontation à la langue française. Cependant, l’école est gratuite, et pour tous. (parents qui travaillent ou non.) Mettre son enfant à la crèche a un réel coût, et n’est pas permis à tout le monde…

Je suis totalement pour la scolarité des 2 ans et demi (sauf s’il s’agit de MON niaf, qu’on se comprenne bien. Lui, c’est mon bébé, hein!) Niafette a été en toute petite section. Je me suis rendue compte qu’une scolarité débutée en TPS, c’est ensuite 3 ans de maternelle dans du velours pour les enseignants qui suivent. Et tous mes collègues sont d’accord avec moi. Les enfants ont plus le TEMPS d’acquérir le métier d’élève, le rôle de l’école, de prendre le rythme. On s’en fait moins pour eux, puisqu’ils sont là dès le départ. Alors oui, ça coûte un peu en matériel, même si finalement, tout est plus ou moins adaptable. ça coûte fatalement plus en énergie de la part de l’enseignant, en ressources pour captiver des enfants plus facilement irritables, moins concentrés, mais ça  permet de prendre réellement en compte l’enfant, en ayant le temps (alors là, bien sûr, je parle d’une classe qui ne serait pas surchargée en effectifs, c’est vraiment un item à prendre en compte!)

Et j’en viens à mes élèves en difficulté, tout en restant sur le sujet des 2 ans et demi, tout en entamant le second article qui m’a été distribué: Les supports d’apprentissage. Il me semble (vous me dîtes si je me plante, hein, n’hésitez pas!) que d’une, mes gamins en difficulté l’auraient été beaucoup moins s’ils avaient commencé l’école pus jeunes. Hop. Il me semble également que leur faire apprendre autrement, c’est leur redonner une chance de s’intégrer dans le groupe classe, de repartir à zéro même s’ils ont loupé des apprentissages.

Et c’est là que l’article de Lila et le magicien, En ville de A À Z m’a tapé dans l’oeil. J’aime, je kiffe, si je ne m’achète pas le livre dont elle parle ce week end, c’est que j’aurais déjà craqué ce soir. Lila nous présente « En ville de A à Z » de Roberto Beretta et Andreu Llorens.

Un projet autour des lettres, en photographie, en douceur et en poésie. et v’là-t-y pas, ma bonne dame, que j’ai trouvé le moyen de raccrocher mes gamins qui n’en ont rien à carrer des lettres de l’alphabet, même pour écrire leur prénom. Un projet qui allie la photographie, l’écrit, la découverte du Monde. Un projet pour apprendre autrement.

Parce qu’apprendre différemment, acquérir autrement… c’est apprendre et acquérir. (c’était la phrase philosophique du soir… Bonsoir:) )

Maman bavarde.