Voici un article paru au journal Le Monde le 2 mars 2012 sur les échecs de la PMA (procréation médicalement assistée) et la détresse incommensurable dans laquelle ils peuvent plonger. Ceux qui me suivent sur Twitter sauront en quoi cet article m’a particulièrement touchée à ce moment précis.

L’aide médicale à la procréation (AMP) née il y a trente ans avec Amandine s’est largement démocratisée mais reste un éprouvant marathon pour les couples qui ont des difficultés à avoir un enfant. A la suite de notre appel à témoignages, de nombreux Internautes ont accepté de raconter leur parcours du combattant. Voici une sélection de leurs réponses.

 Je n’ai pas grand-chose à ajouter, je voulais seulement le partager.

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Je crois qu’il  n’y a pas de solution miracle, pas de méthode pour « gérer » la douleur. En ce qui me concerne je sais que sans doute, seul le temps pourra m’apporter l’apaisement, l’acceptation, la résignation.

Pour l’entourage, il est difficile de savoir comment se comporter face à un couple qui se noie dans cette situation, d’autant qu’on est très facilement à fleur de peau.

Pour ma part, quand je partage au sujet de cet échec, parfois parce que je l’ai décidé, parfois plus difficilement parce que la question m’est posée directement, je n’attends pas que l’on m’apporte une solution. Ne me conseillez pas d’en parler, personnellement je vais probablement être en mode « ourse des cavernes » pour quelques temps. Ne me dites pas de chercher du réconfort auprès de mon mari, ou de mon fils. Le premier est lui-même effondré et doit encaisser sa propre souffrance, et nous voulons laisser le second en dehors de ça, autant que possible. Ne me dites pas de m’occuper l’esprit autrement, de me plonger dans le travail ou de partir en voyage. Simplement me lever c’est déjà beaucoup d’énergie, et ne pas y penser une seconde me parait complètement impossible. Ne me dites pas non plus de m’occuper de moi, j’ai bien trop de rancœurs envers lui pour avoir envie de me pencher sur ce traitre qu’est devenu mon corps. Ne me dites pas que ça marchera la prochaine fois, vous n’en savez rien, et puis dans mon cas il n’y aura probablement pas de prochaine fois. Croyez-moi, j’ai déjà retourné dans ma tête toute les solutions possibles, adoption y compris.

Par ailleurs, je parle en mon nom seulement parce que je sais que parfois la douleur est telle qu’on ne peut réprimer un sentiment d’injustice, mais je n’attends pas non plus de vous des égards particuliers. J’ai une boule dans la gorge mais cela ne m’empêche pas d’être vraiment heureuse pour ceux qui sont parents ou le seront bientôt. Au contraire, je mesure combien la vie est miraculeuse. Votre culpabilité ne me rendra pas mon bonheur, il est même possible que vous me rendiez un peu d’espoir. Vos petits et gros soucis ne me paraitront pas pour autant dérisoires, ce n’est pas la peine de me les cacher ou d’en minoriser l’importance. Je voudrais être là pour vous autant que vous êtes là pour moi. Et si j’ai besoin de m’isoler pour me protéger, je saurais bien le faire tout seule.

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M’offrir une oreille attentive, ne pas me tenir rigueur de ma sauvagerie (que j’espère) passagère, c’est finalement tout ce que vous pouvez faire pour moi.

Drenka