Les auteurs des ouvrages leçons de vie (page fb : https://www.facebook.com/leconsdevie ) ont eu l’extrême gentillesse, malgré un budget com’ limité et une auto édition, de nous envoyer deux de leurs ouvrages afin de nous donner l’occasion à la fois de les découvrir et de pouvoir en parler ici. Donc d’abord, merci à Marie-Laure Malleval (texte et personnages) et à Julie Saba (textes, personnages et illustrations) de bien vouloir faire ce don aux Vendredis Intellos.

Alors globalement j’ai bien aimé l’idée générale, l’idée de reprendre des proverbes connus de tous pour s’appesantir dessus, je trouve que c’est vraiment excellent.
D’une part, nous avons Tess, dans « Bon et bête ça commence par la même lettre » et Léo dans « On n’est jamais mieux servi que par soi même« .

Tess est gentille, trop gentille, en gros elle se fait littéralement manger la laine sur le dos par ses copains, pour en finir à se faire vraiment avoir. Elle en retire la leçon, que être gentille avec les autres c’est bien, mais s’oublier au nom de l’amitié, c’est finalement laisser les autres profiter de nous et que ça biaise les relations, c’est malsain et ça fait mal.

Donc comme je le disais, j’aime beaucoup l’idée générale, peut être parce qu’enfant j’ai été beaucoup la gentille de service et que j’ai déjà eu ce sentiment de m’être fait avoir, que je pense qu’avoir ce genre de livre qui parle de ça, ça m’aurait sans doute aidé à arrêter ce mode de fonctionnement. Car des enfants qui se font manipuler par d’autres pour se faire aimer, ça arrive souvent, et des enfants manipulateurs, ça arrive aussi … Et ça fait mal, ça reste, souvent longtemps, et on met souvent du temps à arrêter de se faire avoir par les autres.

Après, j’avoue ne pas avoir aimé du tout l’usage du terme « bête » car c’est quand même un terme pas très gratifiant, et déjà que justement on se sent pas bien dégourdie quand on est trop gentille,  mais qu’en plus si on est « bête », alors on se sent encore moins bien. Donc je suis pas fan… Mais l’adulte en moi se dit que c’est peut être aussi le petite coup de pied aux fesses qui des fois est nécessaire pour se secouer et se dire que oui, on est vraiment bête à se laisser bouffer comme ça par les autres. Donc en soit, même si le terme me dérange, je comprend aussi largement son usage, car des on ne peut pas tout dire avec des fleurettes et des sourires gentillets.
« et oui, c’est que « bon et bête, ça commence par la même lettre » car à trop penser aux autres, on s’oublie parfois soi-même. Si la gentillesse est une qualité, il ne faut pas en abuser car certains peuvent en profiter ».

Léo, lui, est plutôt du côté des profiteurs : il glande, il est paresseux et du coup se retrouve à devoir faire un travail en groupe, ne fait rien, et les deux autres élèves ne veulent pas justement se faire avoir donc elles font leur devoir de manière ce que Léo comprenne que s’il ne travaille pas, il risque de ne pas apprécier comme les choses vont se dérouler.

J’aime beaucoup la manière dont sont abordées les choses, car il n’y a pas de question de moqueries ou de vexations, c’est juste que là, il est dit que Léo ne se rend pas service à lui même en ne faisant pas son travail d’une part, et que si on ne fait pas, dans ce cas il faut lâcher prise sur le résultat, et je trouve ça vraiment bien d’aborder les choses sous cet angle.

« Et oui, c’est ce que veut dire « on n’est jamais mieux servi que par soi même », personne ne sait comment tu imagines les choses. Pour ne pas être déçu, le meilleur moyen est de les réaliser selon ton idée ou d’accepter qu’elles ne soient pas exactement comme tu le voulais. »

J’ai insisté un peu sur l’aspect auto édition car je sais que c’est un mode de fonctionnement difficile et bien moins confortable pour des auteurs dans l’édition et la diffusion de leurs ouvrages, et donc que celui peut conditionner le regard que l’on peut avoir en face.

D’autre part, participant à un webzine sur les ouvrages jeunesse, j’en ai déjà vu pas mal, donc j’ai un regard sans doute moins neuf que d’autres (car du coup je n’ai pas apprécié le graphisme qui n’est pas très fin et très en aplats, étant plus habituée à des livres jeunesse plus travaillés sur le dessin aussi…) .

Donc des ouvrages vraiment sympathiques, bien abordés, qui sont pleins de promesses et je leur souhaite de pouvoir continuer sur cette ligne éditoriale vraiment intéressante.

MamanDragon