Faciliter la lecture, et son apprentissage, pour les enfants dyslexiques,
c’est parfois aussi simple que ça :
e   s   p   a   c   e   r        u   n       p   e   u        p   l   u   s       l   e   s       c   a   r   a   c   t   è    r   e   s     !
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Un article du Dr Bernard Glofier paru dans Le Quotidien du Médecin du 5 mai 2012 raconte que récemment des français et des italiens ont évalué cette méthode chez des enfants dyslexiques (l’étude initiale est parue ce 4 juin 2012 dans le bulletin de l’académie des sciences américaine PNAS). Et ça marche ! Un espacement accru entre les lettres leur permet de faire moins d’erreurs et de lire plus vite, et cela sans aucun apprentissage préalable. L’article commence ainsi :
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Le problème des enfants dyslexiques (5 % des enfants scolarisés) est le suivant : il leur faut un an pour acquérir le nombre de mots que lit un bon lecteur en quelques jours. Les techniques orthophoniques visant à développer la conscience phonologique de l’enfant ne sont pas toujours faciles à mettre en œuvre dans le cadre de l’école et, surtout, elles ne débouchent pas automatiquement sur une amélioration effective des capacités de lecture.
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L’hypothèse de travail des chercheurs est que chez l’enfant d’âge scolaire, le phénomène de masquage latéral visuel (appelé crowding) affecte la perception périphérique (comme chez l’adulte) mais aussi la perception centrale des graphèmes. Ils ont travaillé sur des textes avec espacements « normaux » puis en augmentant d’environ 0,8mm cet espacement entre caractères. Et ils ont soumis ces textes à 74 enfants dyslexiques d’environ 10 ans et demi (niveau CM2) français et italiens.
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Pourquoi ces deux nationalités
? Pour tester le rôle du crowding dans une langue dite « transparente » (où la correspondance entre graphèmes écrits et phonèmes parlés est univoque), à savoir l’italien, et une langue plutôt « opaque » (correspondance entre graphèmes et phonèmes variable), le français.
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Résultats : Les performances de lecture (nombre d’erreurs et vitesse de lecture) sont significativement améliorées avec le texte espacé, quel que soit l’ordre de succession.
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En parallèle de cette étude, des chercheurs CNRS de psychologie cognitive de l’Université d’Aix- Marseille  et de l’Université de Padoue (Italie) ont développé Dys, une application gratuite  pour iPhone et iPad pour les jeunes dyslexiques et leurs parents pour tester cette approche. Elle permet aussi d’envoyer ses résultats aux chercheurs, et donc de participer à leurs travaux !

Cette petite vidéo montre comment cela fonctionne :

Miliochka