L’école. Un  sujet qui continue de défrayer les chroniques… et nos vies de mamans depuis plusieurs mois. Après la réduction de l’effectif des enseignants, l’augmentation de leur temps de présence, avec le changement de président et de gouvernement, de nouvelles propositions voient le jour. Parmi elles, la semaine de 5 jours.
Annoncée par le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon sans concerter ni collectivité ni les associations jeudi 17 mai – même pas 24 heures après sa nomination -, la semaine de 5 jours devrait être appliquée dès la rentrée 2013 pour les classes de primaire !

La semaine de quatre jour, instaurée par Xavier Darcos en 2008, impose des journées (trop ?) denses aux enfants. Ce qui est mis en cause : leur fatigue.
A l’heure actuelle, le mercredi matin serait travaillé et l’école finirait à 15h30. Bien bien bien. Voilà pour la théorie. Mais en pratique ?

Plusieurs questions se posent : que font les enfants à 15h30 quand les parents travaillent ? Qui assume les frais inhérents à ce changement ? Les communes ?

Concrètement, des écoles à Angers testent depuis deux ans la semaine de 5 jours. Pause de deux heures à midi, fin du cours à  15h30, activités périscolaires et transport gratuits après l’école. Les conclusions de l’étude seront données en septembre. Mais d’ores et déjà, il semblerait que parents, enfants et enseignant voient cette expérience très positivement…

Des études ont également été menées par l’Académie de médecine sur l’aménagement du temps scolaire et la santé de l’enfant. Ce que l’étude dit :

  • En dehors de toute maladie, l’enfant est souvent fatigué à l’école. Cette fatigue est souvent en rapport avec un excès d’activités, qu’elles soient de loisirs (activités sportives, activités artistiques, temps passé devant l’ordinateur, …) ou de soutiens scolaires divers (cours particulier, surinvestissement des parents dans le contrôle des devoirs et leçons, …). (…) La qualité des résultats scolaires de l’enfant fatigué s’en ressent et peut aller jusqu’à l’échec scolaire si les adultes en charge de l’enfant (parents, enseignants, médecin) ne sont pas en mesure d’en neutraliser les raisons en améliorant la qualité de vie des enfants concernés.
  • Les semaines de 4 jours, 4 jours et demi ou 5 jours de classe ont fait l’objet de recherches qui montrent que l’aménagement hebdomadaire en 4 jours n’est pas favorable à l’enfant car celui-ci est plus désynchronisé le lundi et le mardi matin que dans la semaine habituelle de 4 jours et demi. Par ailleurs, un certain nombre d’études ont établi que les performances mnésiques sont meilleures après un week-end de un jour et demi comparé à un week-end de deux jours comme dans la semaine de quatre jours actuelle.
  • Une expertise collective de l’INSERM menée en 2001 à la demande de la CNAM souligne que les variations hebdomadaires de l’activité intellectuelle seraient, à la différence des variations journalières, davantage le reflet de l’aménagement du temps scolaire que d’une rythmicité endogène propre à l’élève.
  • L’évaluation des différents aménagements expérimentaux par les chronobiologistes et psychologues amène à quatre enseignements :
    1 – Les variations journalières des performances intellectuelles sont encore plus présentes chez les élèves qui ne maîtrisent pas la tâche : plus le niveau des élèves est élevé, moins leurs résultats varient dans la journée ou la semaine.
    2 – Les activités péri- et extra-scolaires (socioculturelles et sportives) sont importantes, lorsqu’elles sont bien dosées, car elles participent au déroulement harmonieux des différentes phases du sommeil et à l’épanouissement physique et psychique des élèves en améliorant les comportements, l’écoute, l’attention et donc l’apprentissage.
    3 – Libérer du temps pour l’élève n’est pas forcément synonyme d’épanouissement sans politique d’accompagnement (péri- et extra-scolaire).
    4 – Eviter la semaine de 4 jours car elle engendre une journée scolaire plus chargée ou une réduction des « petites vacances » ou un allongement du 1er trimestre. La libération du temps est profitable à l’enfant si son milieu culturel environnant le permet. En l’absence d’encadrement, l’enfant est laissé à lui-même (abus de temps passé devant la télévision, l’ordinateur ou dans la rue).

Mais réfléchissons un moment… Pour le moment il s’agirait donc de déplacer les heures de travail sur une matinée. Cela améliorerait certes la fatigue des enfants et leurs facultés à apprendre. Mais point d’augmentation de temps d’enseignement alors que beaucoup de professeurs s’accordent pour dire que caser les programmes dans 24 heures de cours dans une semaine relève de l’exploit… voire de l’impossible. N’est-ce pas là une fausse réforme ? L’arbre qui cache la forêt ?

Et vous, vous en pensez quoi ? Vraie ou fausse bonne idée ?