Le bébé comprend tout… mais les parents ne pigent rien !

Un bébé, ça ne naît pas avec un mode d’emploi entre les dents. De toute manière, ça passerait pas hein.
Pourtant, dès les premiers jours, on cherche, on retourne la maison mais on ne trouve pas ce fichu mode d’emploi.
Et dans un éclair de lucidité, entre 2h et 3 heure du matin, on se rend compte qu’on ne l’a jamais eu entre les mains.

On ne comprend rien à ce que veut notre bébé : il a faim ? il a froid ? il a besoin d’être changé ? il a mal au ventre ?
Des milliards de questions hantent l’esprit des jeunes parents comme des nébuleuses… ou des trous noirs sans fond ni solution !
Et ce n’est que le début !

Heureusement les livres sont là ! Enfin, ça, c’est ce que je me suis dit ! Si être parent ne s’apprend pas dans les livres, ils aident à le devenir (un peu comme l’argent qui ne fait pas le bonheur mais y contribue tout de même).
Parmi les livres qui m’ont sauvé aidé : "Mon bébé comprend tout" d’Aletha Solter, que la Poule Pondeuse avait remarquablement présenté lors d’un Vendredi Intello.
Un livre passionnant.
Sur lequel je me suis tout naturellement penchée dernièrement, surtout le chapitre 6 "Les conflits : pour que votre enfant se sente respecté". Original n’est-ce pas ? Comment ça j’ai du mal avec la crise des deux ans ?
Ben oui, en ce moment, je ne sais pas comment la prendre ma Zouzou. Qui tape. Qui me pousse. Je sens bien qu’elle est en colère contre moi et ça, ça fait mal à mon petit cœur de maman.
C’est légitime : c’est moi qui pose le plus les limites. Et qui passe le plus de temps avec elle. Et qui m’énerve le plus.

Et j’ai parfois du mal à y voir clair dans ce besoin d’affirmation qu’elle a. Normal que je sois en première ligne de tir non, puisque je suis sa maman et qu’elle a besoin de "défusionner" d’avec moi ? Et puis je sens qu’elle a envie de grandir – elle dit qu’elle est une petite fille – mais qu’en même temps, être un bébé c’est bien – et régresse en utilisant des syllabes type bébé "teuuu, ca, ca". Hum. Et elle me dit "non maman !".

Et voici ce que dit l’auteur sur le fameux "négativisme" :

"Le "négativisme est très courant de 18 à 30 mois. Il peut commencer dès 15 mois et continuer après l’âge de 3 ans. On dit souvent que les bébés de cet âge sont entêtés, volontaires, désobéissants, incontrôlables, et coléreux. Leur mot favori est "non". Que se passe-t-il ? Si tout a bien marché au cours de la première année, l’enfant aura acquis un sentiment de puissance : il réalise non seulement que ses besoins sont satisfaits, mais qu’il peut en plus jouer un rôle actif pour déterminer ce qui lui arrive. Au cours de la deuxième année, il commence à vouloir être autonome et prendre complètement sa vie en charge. Possédant maintenant quelques capacités motrices fondamentales et comprenant de plus en plus ce qu’on lui dit, il pense qu’il ne devrait plus y avoir de limites à ce qu’il peut faire : il veut prendre ses décisions tout seul et ne veut plus qu’on dirige sa vie à sa place. Cette réaction extrêmement saine se produit chez les bébés qui ont un fort sentiment de leur propre valeur, de leurs capacités et de leur puissance.
(…) Les bébés réalisent qu’ils dépendent des autres pour la nourriture, l’affection, et la stimulation qu’ils reçoivent. Les décisions majeures touchant leur vie sont généralement prises par les autres, (…) aussi luttent-il désespérément pour s’affirmer, dès qu’ils le peuvent. Cette recherche de puissance et d’autonomie se manifeste de façon privilégiée dans leur "non !". Ce seul mot signifie :" Je ne veux pas te laisser gouverner ma vie à ma place. Je veux être traité comme quelqu’un d’indépendant et avoir mon mot à dire dans ce qui m’arrive. Je veux prendre mes décisions moi-même".

Traduction : plus que 7 mois à tirer et cela devrait aller… si je fais bien mon rôle de parent bien sûr… Bon en même temps, je crois que j’ai tiré le gros lot. Ma Zouzou savait bien dire non dès 16 mois, et mon petit doigt me dit qu’elle va pas s’en priver après ses 3 ans. Elle a comme qui dirait une tendance à l’indépendance assez naturelle.

Les solutions proposées par l’auteur : voir cette phase de manière po-si-tive (elle est bien bonne celle-là !)…. même si c’est effectivement ce que je tente de faire. Je suis fière de la voir grandir, de se débrouiller de mieux en mieux et je ne me prive pas de le lui dire. Bref, c’est une phase d’autonomisation. Et beaucoup de frustrations naîtraient de notre volonté de parent à faire faire des choses à notre enfant contre son gré. Bon en même temps, moi, le matin, on doit être à la crèche à 9h30, pas 9h45. Et ça ma Zouzou, elle ne le sait pas, elle n’a pas la notion du temps. Mais bon il faut essayer autant que faire se peut de donner le choix à son enfant, de le faire participer, de lui donner la possibilité de faire seul. Ou de "présenter l’activité qu’on souhaite comme un amusement" : tiens, revoilà la note d’humour et de bonne humeur dont je parlais il y a peu pour détendre ce genre de situation. Même si après une journée difficile, une nuit un peu courte, l’humour peut nous faire défaut…

Même si je ne suis pas d’accord avec l’auteur d’organiser sa vie et ses horaires afin que notre enfant "ait le temps et la liberté d’être aussi autonome qu’il le désire". On a des horaires à respecter en tant qu’adulte et l’apprentissage des contraintes par l’enfant se fait alors tout naturellement : il faut à mon sens intégrer son enfant dans la vie. Peut-être que je me trompe.

En attendant, soyons patiente (je dis ça pour moi surtout) et disons-nous que cela ne dure qu’un temps et que cela est bon pour notre enfant ! Voire déterminant pour plus tard :

"Cette période est d"importance cruciale, et son issue pourra avoir à long terme des effets positifs ou négatifs selon la façon dont on traitera l’enfant. Si on lui permet de prendre part aux décisions et d’être le plus autonome possible, il se sentira encouragé à prendre sa vie en charge et à résister à l’oppression plus tard. Si, par contre, il est constamment frustré, si on décourage son affirmation de son soi, si on le force à obéir et le punit quand il désobéit, il risque de perdre le sentiment encore fragile de son autonomie et, en grandissant, il permettra aux autres de diriger sa vie. Plus tard, il sera que trop facile pour lui d’accepter passivement d’être opprimé par les autres ou par les institutions."

Mais qu’on ne s’affole pas : tout est rattrapable. Même parfois à l’âge adulte hein, on peut prendre conscience de nos "faiblesses" et les faire évoluer. L’auteur est pleine de bonnes idées mais un peu catégorique parfois à mon goût et comme le disait la Poule Pondeuse, un peu éloignée de la réalité de la vie des parents.

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Comments
9 Responses to “Le bébé comprend tout… mais les parents ne pigent rien !”
  1. flolasouricette dit :

    Dis-donc c’est déjà le portrait de mon fils de 13 mois, ça promet ! J’aime beaucoup le premier extrait,si je comprends bien, si bébé est si pénible c’est qu’on a assuré pendant sa première année. Voilà au moins quelque chose qui me remonte le moral, merci ! Après, présenter les choses comme un amusement, donner des choix, c’est trés bien, ça résoud 75% des problèmes chez nous, mais ça ne marche pas toujours non plus… Et puis c’est juste rigoureusement impossible d’organiser ses horaires et sa vie en fonction de l’enfant, ne serait-ce que si on veut conserver un peu de vie à soi. Comme je dis presque tous les matins à mon grand, l’école commence à 8h30 qu’il le veuille ou non, ce n’est pas trés agréable, mais parfois la contrainte aide aussi à avancer.

  2. Prune dit :

    C’est marrant, j’ai ce bouquin qui m’avait laissé assez perplexe sur la partie des pleurs, et je ne me souvenais pas bien

    Par contre sur la question des contraintes, je suis assez d’accord, et je pense que la proposition d’organiser sa vie et ses horaires de manière à permettre de l’autonomie ne signifie pas l’absence de contraintes, mais l’aménagement d’une marge de liberté dans la contrainte.
    Ici aussi on doit partir à un horaire fixe pour aller chez la nounou / à l’école / au boulot, mais par exemple je peux m’arranger pour que les filles soient prêtes un peu plus tôt de façon à laisser à ma deuz’ans assez de temps pour mettre son manteau et ses chaussures toute seule, et descendre l’escalier seule, ce qui évite les mega crises parce qu’elle ne veut pas qu’on le fasse à sa place. Au final ça ne coûte pas grand chose en temps, et tout le monde s’y retrouve…

  3. mmedejantee dit :

    Merci de ta contribution Kiki!!! On se rejoint un peu toutes les deux en ce moment sur ce point j’ai l’impression!!! GPL a 27 mois et est un joli prototype!!!
    De mon côté, j’ai adopté un mode d’action qui marchait pas trop mal avec PMH: je répète et reformule ce qu’il dit jusqu’à ce qu’il constate que j’ai pris en compte son mal être…
    Si par exemple, il hurle pour regarder un dessin animé tout en mangeant (si! si il PEUT avoir ce genre d’idées!!): je dis calmement "tu veux regarder un dessin animé, tu veux regarder un dessin animé, tu veux manger en regardant un dessin animé, tu veux vraiment manger en regardant un dessin animé"… Au bout d’un moment il comprend que j’ai compris et il se calme…
    ça marche un peu pour tout: s’il veut lire une nième histoire avant d’aller dormir, s’il veut encore téter (hé oui!! :-( ) alors que je lui ai dis que j’avais trop mal pour le faire, s’il ne veut pas que je change sa couche, etc etc etc…
    Parfois, il se met à hurler et se rouler par terre… alors j’attends calmement à côté, avec un verre d’eau s’il en a besoin, en lui ouvrant les bras quand il semble se calmer et en répétant de temps en temps sa demande… En général, ça finit bien!!! :-)

  4. Madame Sioux dit :

    Merci de cet article, que je lis un peu tardivement. Ca me fait penser à une scène hier soir : mon fils était grimpé sur son réhausseur, prêt (et pressé) d’attaquer le repas, alors que je lui avais bien dit qu’on devait aller se laver les mains avant. Mais il m’ignorait, s’était sanglé et attendant la suite. Quand je répétais "on va manger mais AVANT, on va aller se laver les mains tous les deux", il répétait "non" (son mot préféré du moment, évidemment). Et là, tandis qu’il s’énervait, j’ai eu l’idée de reformuler : "Hé Pti Tonique, tu sais ce qu’on va faire ? J’ai une super idée ! (là, il se calme, je capte son attention) Tu vas aller t’assoir sur l’évier et frotter le savon entre tes mains. Ok ?"
    Bin oui, c’est tout con mais il adore jouer avec la savonnette alors présenté comme ça, il a été d’accord illico et ça s’est fait sans drame. Oui oui j’étais contente de moi ! lol
    En tous cas, c’est bon de lire (et relire) que tout ceci est une phase positive : on s’accroche alors !!!

    • Kiki the mum dit :

      Oui, je crois que pour tenir c’est essentiel d’accepter et d’avoir à l’esprit que c’est bien pour lui et que l’on doit l’accompagner le plus calmement possible (même si ce n’est pas toujours simple). Po-si-tif ! ;)

  5. Leo dit :

    "l’apprentissage des contraintes par l’enfant se fait alors tout naturellement" : heu, ca depend à quelle age. Les contraintes horaires sont qqch de tres tres abstrait, alors esperer qu’un enfant de 2 ans les integre alors que certains adultes en sont incapable, c’est un peu rever…

    Je pense que l’auteur veut dire : s’il met 5 minutes à mettre ses chaussures seul, vous pensez à le lui demander un peu plus de 5 minutes avant de partir, sinon ça va pas être possible. Et si pour qu’il s’habille seul ca prend plus d’une heure, vous lui donnez le choix :
    – soit tu t’habilles seul et je te réveille plus tpot (et donc tu dors moins)
    – soit je te laisse dormir et tu acceptes que je t’aide pour tel et tel vêtement.
    Et le repeter au moment du reveil : tu as voulu dormir, donc maman t’aide, tu veux mettre seul quoi, le pull ou le pantalon ?

    "Même si je ne suis pas d’accord avec l’auteur d’organiser sa vie et ses horaires afin que notre enfant "ait le temps et la liberté d’être aussi autonome qu’il le désire"."
    Je pense que ca veut dire "N’imaginez pas que vous allez pouvoir continuer à fonctionner avec un emploi du temps aussi serré qu’avant".
    Parce que d’accord ou pas, si on a le choix entre mettre 5 minutes (temps que met l’enfant à enfiler ses chaussures tout seul) et en mettre 10 (tenter de lui mettre ses chaussures poru "gagner du temps", il s’oppose, se tortille, fait une crise etc)… ben je choisis 5. Et je fais le deuil d’en mettre 2 : oui ca serait bien qu’il se laisse mettre ses chaussures sans rechigner… ou pas, parce que ca signifierait qu’il ne construit pas sa personnalité autonome, et ça lui ou moi le payera un jour très cher (gamin qui ne sait pas s’habiller seul à 7 ans, ou adulte incapable de prendre une décision indépendante).
    Donc penser cette période comme le prix à payer pour avoir un enfant épanoui et arrêter de penser qu’on peut élever un enfant SANS aménager sa vie et ses horaires et ses activités pendant quelques années.
    Et se rappeler que des contraintes, un enfant en a PLEIN : il ne peut rien faire ni décider tout seul. Ce qu’il a besoin d’apprendre, ce ne sont pas les contraintes, c’est qu’il peut exercer sa liberté (et donc plutot que vouloir lui apprendre les contraintes, lui apprendre à faire des choix, aussi futiles que "dents avant ou après l’histoire")

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  1. [...] Kiki the mum se penche quant à elle sur la période d’autonomisation autrement surnommée période d’opposition, qui fait trembler tant de parents. Comme le dirait Fiolliozat, posons-nous la question : que se passe-t-il ? Allez lire quelques éléments de réponse. [...]

  2. [...] c’est que la crise des 2 ans, celle d’opposition ou de négativisme (ou plutôt d’autonomisation si on veut voir les choses du bon côté) je me dis que si j’avais deux jeunes enfants, avec [...]



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