Jusqu’il y a 5 ou 6 ans, j’ignorais qu’on pouvait allaiter un bébé exclusivement sans lui donner de biberon. Pour moi,  les femmes avaient du lait juste  les premières semaines, et pas en tout cas suffisamment pour nourrir un nourrisson. Ne riez pas… C’est sur Internet que j’ai découvert un peu par hasard que l’on pouvait allaiter et que c’était recommandé par l’OMS !  Ça été pour moi une vraie découverte et j’ai instantanément décidé que j’allaiterai sitôt qu’un bébé pointerait le bout de son nez, et ce au moins 6 ou 8 mois. Un vrai coup de foudre pour l’allaitement, en somme ! Même si les débuts avec Grand Doux ont été assez éprouvants et m’ont fait beaucoup douter, l’allaitement nous a apporté beaucoup de bonheur. Pour Minidoux, tout s’est déroulé à merveille, expérience et conseils de la LLL aidants. 

Minidoux a un an aujourd’hui et tête toujours autant de bon cœur. Pour moi, c’est toujours mon petit bébé mais je réalise que pour plein de monde, il est choquant de voir un bambin téter.

On en parle beaucoup de cette affaire depuis hier : une femme s’est faite virer d’un magasin de cosmétique parisien (Mac, je ne connaissais même pas cette enseigne…) pour avoir donné la tétée à son bébé de trois mois. Ce genre de truc fait quand même réfléchir : personnellement, je suis du genre à allaiter un peu partout sans me poser de questions, pour moi il est hors de question de laisser un bébé affamé par simple respect de convenances discutables. J’aurais été scandalisée d’entendre des remarques lors d’une sortie  lorsque les Doux étaient des nourrissons, même si, lorsque les bébés grandissent, j’ai tendance à me montrer plus discrète.

Au fond, dans l’allaitement qu’est-ce qui choque ? Est-ce la vue d’un sein dénudé ? J’en doute, tous les jours, nous devons subir des images de femmes en tenue légère, puisqu’il paraît que c’est vendeur. D’ailleurs, la plupart des femmes, avec un peu d’entraînement, arrivent à allaiter en ne montrant pas un le moindre bout de peau.

Est-ce le côté « animal » ? Peut-être, mais même si nous essayons de l’oublier, nous demeurons des mammifères, pourquoi critiquer celles qui assument cet état de fait ? Est-ce encore, la proximité physique entre la mère et son bébé, interprétée à tort comme une proximité d’autant plus malsaine que l’enfant grandit ?  Le bonheur évident du bébé, qui cesse se pleurs comme par magie et s’endort souvent un sourire béat aux lèvres ? On nous a tellement présenté les seins (et la femme derrière ;)) comme des objets sexuels que les confusions sont faciles ! Bon nombre de théories « psychologiques », vite relayées par les magasines, font d’ailleurs vite l’amalgame entre érotisme et allaitement.

Une allaitante célèbre !

Mais, jusqu’à ce que M. Rufo et Blédina nous prouvent le contraire, qu’on choisisse d’allaiter ou non, on reste quand même des mammifères.   Qui serait choqué par un bébé prenant un biberon dans une boutique ? A ce titre, on devrait pouvoir allaiter partout, non ?

 

–          Les femmes qui allaitent n’ont pas à rester cloitrées chez elle, comme le rappelle la poule pondeuse. Dans la pratique, allaiter seulement chez soi, se transforme vite en ne pas allaiter du tout. Pour moi, l’allaitement c’est la liberté, il est facile de sortir sans trimballer un gros sac, et du coup je ne m’en suis jamais privée

 

–          Je trouve qu’en allaitant en dehors de chez soi, on rend service aux femmes qui voudraient tenter l’aventure. Il ne s’agit pas bien sûr de faire du prosélytisme en faveur de l’allaitement, mais juste de témoigner du fait que le choix de l’allaitement est possible et qu’il peut même s’avérer pratique. Je n’avais presque jamais vu de bébé téter avant le mien, ce n’a pas facilité le démarrage de mon premier allaitement. Comme beaucoup de mères, j’ai sérieusement pensé à passer Grand Doux au lait artificiel les deux premiers mois, car je me sentais larguée et isolée.

 

–          Ne nous privons pas non plus d’allaiter un bambin hors de la maison. C’est à force de voir des femmes allaitantes que l’allaitement long pourra entrer dans les mœurs. Qui ne s’est jamais dit, « cet enfant de 2 ans qui tête, quelle horreur ! » ? Pourtant, lorsqu’on a vu plusieurs bambins allaités, on finit par trouver cela plus normal (et encore plus lorsque c’est le sien !). Personnellement, je trouve qu’il n’est quand même pas facile de risquer des regards en coin et des remarques déplaisantes. Grand Doux était un bon mangeur et à un an, il ne tétait quasiment plus qu’à la maison et chez les amis. Minidoux est lui beaucoup plus accro à la tétouille, j’essaye de l’allaiter discrètement mais je n’ai pas non plus envie de me planquer. Je vois à leurs regards que certaines personnes désapprouvent, mais dans l’ensemble les réactions sont plutôt positives.

 

En conclusion, j’espère que celles qui ont fait le choix d’allaiter leur bébés se décideront à le faire au grand jour, sans ostentation, mais sans gêne ou honte par rapport à ce geste d’amour. Allez les filles, contribuons –un peu- à changer les mentalités !

Flo la souricette