La politesse est un sujet qui amène beaucoup de visites sur mon blog, et qui, je dois l’avouer, m’est assez cher. Je suis un peu à cheval sur la façon dont on s’adresse aux autres, les « merci s’il vous plait », comment on se tient en public et en privé.

J’ai eu envie de regarder du côté de la pédagogie Montessori grâce au livre de Tim Seldin « Éveiller, épanouir, encourager son enfant : La pédagogie Montessori à la maison », pour voir quel était le point de vue des pros là-dessus, et remettre éventuellement en question ma façon de voir les choses.

Peu de gens semblent conscients de l’intérêt qu’il y a à enseigner aux enfants le savoir-vivre. Dans les écoles Montessori, les leçons de « politesse et de courtoisie » – exercices qui se font sur le ton du respect et de la gentillesse – font partie du programme au même titre que les matières traditionnelles.

Nous montrons aux enfants comment se serrer la main, saluer un ami et dire au revoir. Nous leur expliquons comment interrompre quelqu’un qui est occupé et comment dire poliment « non merci » à quelqu’un. Nous leur apprenons comment parler quand ils sont à l’intérieur et comment jouer gentiment. Nous leur montrons comment présenter des excuses sincères et comment résoudre les conflits pacifiquement.

Ce qui me pose problème, c’est qu’on associe souvent la politesse à de la rigueur, or j’ai l’impression qu’on se situe plus dans le respect d’autrui. Demander à ses enfants d’être polis, proportionnellement à ce qu’ils sont capables de fournir, n’est pas synonyme de « dressage », c’est juste une contrainte positive de la vie en société. Positive, parce qu’elle aide aussi à grandir.

Pour qu’un enfant apprenne les bonnes manières, ses parents, ses frères et sœurs et les amis de la famille doivent les appliquer eux aussi. L’exemple que nous donnons par notre comportement a beaucoup plus d’impact que ce que l’on peut dire. Les enfants enregistrent tout ce qu’ils nous voient faire, surtout quand ils sont tout petits, et ils ont vite fait de parler et d’agir comme nous. Nous sommes leur modèle.

Je suis tout à fait d’accord avec ce principe, même si je pense qu’il faut relativiser ce mythe du modèle, dans la mesure où il y a une montagne de choses que les adultes peuvent faire et auxquels les enfants ne sont pas autorisés (boire de l’alcool, conduire, …).

Là où je tique vraiment, c’est dans le choix des amis des enfants :

Dans la mesure où son entourage est susceptible de l’influencer profondément, choisissez soigneusement les personnes que votre enfant fréquentera. Evitez les situations confuses et bruyantes où les enfants sont trop  nombreux et s’excitent entre eux, ce qui les amène à se comporter de façon grossière.

Sélectionnez les camarades de jeu de votre enfant. S’il passe du temps dans une famille ont le droit de tout dévaster dans une maison, ne vous étonnez pas s’il se comporte de la même façon une fois chez vous. Essayez de savoir si les parents de ses copains surveillent leurs enfants. Les laissent-ils faire ce qu’ils veulent ? Vous n’avez pas à juger les autres familles ni leur façon de faire, mais vous devez, en revanche, faire les bons choix pour votre enfant.

On ne peut pas élever nos enfants dans une bulle bobo bien pensante, les enfants comprennent vite que les règles ne sont pas exactement les mêmes chez tout le monde, et c’est aussi une richesse. C’est également l’occasion de rediscuter nos propres règles avec nos enfants, leur histoire et leur bien-fondé.

Quant à choisir les amis de ses enfants, ça me semble inconcevable. Mes filles choisissent leurs copains, je ne les adore pas toujours, mais c’est leur choix. Elles doivent aussi apprendre à comprendre qui est bon ou pas pour elles, ce qu’est une vraie et bonne amitié, sans que j’ai fait une quelconque sélection. On peut en discuter ensemble, et je donne évidemment un avis, mais c’est ensuite à elles de décider !

J’ai l’impression que Tim Seldin, l’auteur, s’écarte un peu des idées de Maria Montessori, qui a tout de même basé ses observations cliniques sur des groupes d’enfants très défavorisés, considérés comme la lie de la société. Vivre ensemble, en société, c’est tout de même vivre avec tout le monde et accepter les autres, même s’ils ne partagent toutes nos opinions.

Elodie, du blog Conseils éducatifs