Un enfant? Cela va poser un problème…

La discrimination au travail envers les femmes, futures mamans ou mamans je l’ai découverte au moment de mon mariage. Quand mon employeur m’a félicité puis m’a tout de suite dit "vous ne comptez pas avoir d’enfants tout de suite??" Bien sûr que non je vais d’ailleurs de ce pas me faire stériliser pour vous. Quand j’ai été enceinte de mon premier enfant on m’a reproché "vous auriez du me prévenir dès la conception". Ça vous paraît dingue, et pourtant tout est absolument vrai. D’ailleurs je vous épargnes les détails d’une longue liste d’aberrations subies.Voilà pourquoi l’article proposé par Mme Déjantée m’a tout de suite parlé.

"Le sexe, la grossesse et la maternité sont même devenus, avec l’âge, les premiers critères de discrimination cités par les victimes".

Alors oui dans une carrière un enfant pose un problème… à l’employeur. Nous les mamans on s’en prend plein la figure; notre carrière est ralentie, les augmentations de salaire pfff, le regard de la hierarchie et des collègues n’en parlons pas. J’ai même entendu derrière mon dos quelqu’un demander pourquoi deux enfants ne me suffisaient pas.

Que pouvons nous faire pour lutter????

"Après une campagne sur le sujet en 2009, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde, aujourd’hui le Défenseur des droits) avait vu les réclamations liées à la grossesse passer de 126 en 2008 à 615 en 2010."

Je croyais avoir un dossier béton avec, entre autres, un courrier dans lequel on me conseille de profiter du temps libre de mon congé maternité pour trouver un autre emploi. Oh yeah!  Et bien mes démarches m’ont menées à rien et les juristes consultés m’ont conseillé de quitter mon job et passer à autre chose.

"En 2011, 18 % des saisines dans l’emploi privé sont liées à la grossesse, 14 % dans l’emploi public. Sur l’ensemble, 30 % des dossiers sont menés à terme."

Les mamans et futures mamans, baignées d’hormones, deviennent les cibles d’un acharnement injustifié. Ces proies faciles ne se débattent pas assez, préférant consacrer leur temps, leur énergie et leur moral à leurs enfants. Celles qui luttent sont très fortes mais sont trop rares.

Pourtant une maman est obligée d’être efficace, rapide et ultra organisée. Toutes ces qualités (et autres) acquises grâce à la maternité peuvent largement être utilisées dans leur travail et améliorer leurs résultats.

Et tant pis pour les employeurs qui n’ont rien compris à tout ça et qui se privent de personnel féminin encore plus compétent.

Cela dit, il me semble qu’une meilleure politique à l’égard de la femme et de la famille serait nécessaire? Voire urgente.

Pour en lire un chouilla plus c’est chez moi.

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Comments
9 Responses to “Un enfant? Cela va poser un problème…”
  1. angelenemus dit :

    Bonjour,
    J’ai été confrontée au problème avec agressivité.
    Je suis tombée enceinte alors que je travaillais dans ma boite depuis plus de 10ans.
    Mon boss informé de la situation m’a purement et simplement dit "ce n’est pas une maladie, je compte sur vous pour ne pas vous écouter, on a besoin de vous ici"
    J’ai culpabilisé pendant toute ma grossesse, j’ai bossé comme une dingue. Mon boss m’a faite bosser pendant mon congès maternité. Je suis revenue au boulot immédiatement après la fin du délai légal.
    J’ai tenté d’allaiter mon bébé, mais mon boss, trés gentiment, m’a fait comprendre que se tirer le lait au travail c’était une plaisanterie à éviter.
    Lors de l’entretien d’évaluation, il m’a exposé que ce n’était pas la peine de demander quoi que ce soit tant que mon enfant n’avait pas passé l’âge des maladies de bébé où les femmes s’absentent au moindre éternuement de leur enfant …
    Je suis partie de ce job longtemps après. Sans argent, sans reconnaissance de quelque nature que ce soit.
    Je suis en colère contre moi même, de m’être laissé gâcher la grossesse et la petite enfance de ma fille unique par loyauté professionnelle manipulée
    vraiment en colère.

  2. phypa dit :

    Je crois en effet que le problème est vrai aussi pour les hommes : l’employeur demande une disponibilité totale au travail.
    Dès qu’on indique qu’on souhaite une autre qualité de vie, on est écarté.
    Or c’est une absurdité, quand on ne fait rien d’autre que travailler dans la vie, on s’appauvrit intellectuellement à en devenir incompétent.
    Culturellement, les femmes privilégient la famille, mais les hommes ne sont pas gagnants non plus.
    Je suis profondément convaincue qu’une organisation sociale qui ne fait aucune place aux soins aux enfants est à long terme suicidaire.

    • Madame Sioux dit :

      Tout à fait d’accord avec ton analyse. Ici, Mr est le seul à bénéficier officiellement de "jours enfants malades" (moi, j’ai QUE DALLE en dehors des 5 semaines légales de congés payés donc tout ce que je prends est sans solde) et également de RTT, qu’il utilise régulièrement parce qu’en effet, un enfant en bas âge est fréquemment malade, sans compter les jours qu’il prend pour m’accompagner aux échographies ou juste pour être un peu ensemble de temps en temps… Et bien récemment, il a commencé à recevoir des plaisanteries de son chef, sur son "4/5e"… sur sa quantité de jours de congés posés quoi !!! Donc finalement, dès qu’un parent se rend disponible pour son enfant, c’est mal vu au boulot, même quand c’est le père (sauf que les employeurs s’y attendent encore beaucoup moins de la part du père aujourd’hui, mentalités obligent). Alors bonjour la pression à côté de ça, l’impression de devoir bosser plus pour montrer qu’on est investi quand même (Mr bosse régulièrement de la maison le soir, parfois un peu le week-end), etc.
      Effectivement, il y a un gros problème pour reconnaître qu’élever des enfants (et Dieu sait que la société attend de chaque parent qu’il fasse des mini citoyens exemplaires !!), ça demande du temps et de la disponibilité, que le monde du travail doit s’organiser en fonction et que ça ne serait pas forcément préjudiciable à l’employeur…

  3. mmedejantee dit :

    Merci beaucoup de ta contribution!!! Comme Phypa, j’ai l’impression que le problème est plus vaste que celui de la maternité (même s’il s’exprime de fait beaucoup plus dans ce cas!!)… Je me souviens quand Mr D avait commencé sa thèse de chimie et envisageait de rester dans le monde de la recherche, ses chefs l’avaient prévenus que ce métier devait être "une vocation", et naturellement prioritaire par rapport au reste…Il n’empêchait selon eux pas d’avoir des enfants (ça fait chic^^!) mais il fallait "prévenir sa femme" que le boulot passerait toujours avant (j’étais d’ailleurs particulièrement mal vue de vouloir moi aussi faire une thèse…). Non seulement cette organisation sociale ne fait aucune place aux soins aux enfants, mais elle considère qu’une personne n’est suffisamment compétente que si elle se donne entièrement à son travail… C’est, me semble-t-il, une vision très réductrice, et très risquée à moyen et long terme…

  4. Petite_karinette dit :

    Oh comme ce sujet me parle! Cadre chez un constructeur automobile francais (un choix sur deux…) et mère de 3 enfants (6, 4 et 2 ans) et ben c est pas facile tous le jours… Dernier exemple en date mon entretien de fin d’ année… On est noté de A a E… Ma chef ( en plus c est une femme, la soixantaine sans enfant…) m a dit : " bon certains voulaient te mettre D

    • Petite_karinette dit :

      Suite du message ( pb d’ iPhone…)… Certains voulaient te mettre D mais je vais te mettre C . Tu comprends tu arrives tard, repars tôt, et tu dis que tu bosses le soir mais je sais pas ce que tu fais vraiment…. Et puis vu ton contexte familial je n ose pas te demander certaines choses, ou comme tu ne les ferai pas assez rapidement et ben je les fais moi meme…" bref, effectivement je fais du 9h 17h30 3 jours par semaine… Mais elle oublie mes 7h30 20h les 2 autres jours… Et puis qd je bosse le soir je ne lui envoie pas des mails exprès pour lui montrer mes horaires de travail… Enfin cette histoire de pas assez rapide… On me reproche de ne pas faire des choses qu on ne me demande pas!!! Et par préjuge on considère que je ne serai pas réactive!!! J étais dégoutée… D’ autant que ma collègue qui a le meme age que moi et sans enfant n a pas eu ces réflexions… Et le meilleur pour la fin "et parfois vers 19h si j ai un truc urgent a te dire, je ne t appelle pas… Je t imagine en train de donner le bain ou a manger a tes enfants… " le reproche de l indisponibilité classique… Elle peut pas laisser un message! Le plus fort, c est qu en 3 ans elle n a jamais appelé ma collègue après 18h30….

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  1. [...] des sexes est légitimement revenu sur le tapis : et pour cause, il reste bien des choses à faire. Juliechall évoque la discrimination au travail des femmes par rapport à leur maternité. Sissietlalaloute aborde elle la question de l’égalité des sexes dès le berceau : des [...]

  2. [...] nous n’avons pas les mêmes chances sur le marché du travail, surtout quand on est parent. Notre bulle à nous entre dans le vif du sujet avec son billet “Un enfant ? Cela va poser prob…. Les discriminations pendant la grossesse seraient en constante évolution. Et après aussi. Quand [...]

  3. [...] souvent à la vue de notre livret de famille trop rempli… C’est ce que nous raconte Juliechall, dont le témoignage m’a bouleversé tant il transpire l’injustice et la [...]



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