J’ai une fâcheuse tendance à penser que l’herbe est plus verte ailleurs en général. Je suis comme ça.
Et puis, je me dis aussi que la connaissance des autres est une grande richesse : elle nous permet de nous positionner, d’asseoir nos certitudes ou au contraire de changer de braquet.

En matière d’éducation ou de parentalité, la comparaison – à laquelle je ne me prête pas, à part dans les VI –  peut être à double tranchant. Soit on se dit que en fait, en France, on a pas de chance, soit on se dit que c’est mieux à l’étranger. En gros : on n’est globalement pas content, surtout de l’éducation nationale.
Cela vous étonne ? Ben oui, on est râleur, nous, les Français.
En même temps, on a la capacité de se remettre en question.
Enfin, à partir du moment où on en tire un réel avantage.
Parce qu’en France, il me semble que globalement on n’est pas très fan des changements. Ce qui est acquis, doit le rester. Ou alors on veut bien le perdre, mais c’est pour mieux.
Et c’est parfois tant mieux !

J’en fais trop ? Je semble trop fière en disant tout cela ? Ce n’est pas l’article du Wall Street Journal « En quoi les parents français sont supérieurs » que Ilse nous présente qui contredira ma position. Enfin, un article truffé de… clichés éculés et surtout non vérifiés. Un billet qui m’a bien fait rire et qui m’a fait me rendre que compte que chez le voisin, l’herbe n’est pas plus verte, elle est juste différente et qu’au final, l’herbe, en tant que parent on finit tous par la fumer. Non je ne parle pas de stupéfiants. Mais dans cet article, l’auteur, une certaine Pamela, croit que l’herbe est plus verte ailleurs tout simplement parce qu’elle n’arrive peut-être pas à trouver sa propre voie en tant que parent. Je ne suis pas sûre que l’éducation soit uniquement une affaire d’héritage culturel si ce n’est familial. Au sein d’une famille, différentes nationalités se rencontrent parfois mais surtout des histoires de famille. Il ne me semble pas qu’il y ait de règles communes si flagrantes en France sur l’éducation des enfants : sinon que ferions-nous dans les VI ? N’est-ce pas la une preuve que tout le monde cherche une vérité, sa vérité en tant que parent ? J’ai moi-même la double culture française et espagnole. De mes souvenirs, je n’ai pas vraiment l’impression que mes cousins espagnols aient été élevés si différemment que moi. Normal : ce sont les frères de ma mère qui les ont en partie élevés. Nous avons forcément des ressemblances au niveau de l’éducation. Pourtant, nous sommes baignés dans deux cultures différentes. Je fais sans doute un grossier raccourci, mais il me semble qu’il y a autant de manière d’être parent que de nationalités différentes en France. Il me semble alors un peu difficile d’établir des généralités culturelles en matière d’éducation. Mais je me trompe peut-être. Quoi qu’il en soit, je retiens une très belle phrase dans ce joli billet : « Vous êtes et serez pour toujours le parent parfait pour votre enfant. Pas pour celui du voisin. » Une phrase à méditer et à se répéter comme un mantra non ?

La question de l’éducation nationale est elle aussi tout autant controversée si l’on en croit les commentaires à mon billet sur l’école chez nos amis allemands et danois. Sport peu enseigné en France, salaires des enseignants plus élevés en Allemagne, valorisation de l’élève plutôt que le « forçage de rentrage dans le moule » au Danemark… Ce qui est sûr, c’est que nous devons rester vigilant sur ce que les politiques proposent comme réforme du système de l’éducation nationale sous le couvert de l’exemplarité de certains pays. Qu’on le veuille ou non, on manque d’enseignant pour pouvoir dispenser plus qu’un enseignement qualitatif, un accompagnement plus humain, plus adapté aux élèves. D’ailleurs,  j’ai bien fait d’attendre d’écrire ce billet… Entendu ce matin à la radio, la proposition du président-candidat Nicolas Sarkozy : donner la possibilité aux enseignants de travailler plus pour gagner plus. 25 % de salaire en plus en travaillant 7 heures de plus sur les 18 effectives pour un enseignant certifié (sources France Inter). Soit 50 % de temps travaillé en plus pour seulement 25 % de salaire. En sachant qu’en fait, les enseignants travaillent en moyenne déjà 40 heures par semaine… Quelle qualité d’enseignement est-il possible de prodiguer dans de telles conditions ?

En tout cas, s’il y a quelque chose que l’on peut envier à certains pays à travers le monde c’est que l’accouchement reste une histoire de femme, et c’est Vert Citrouille qui nous en parle. Ben oui, en France, les hommes y ont mis leur grain de sel. Dans le très bon reportage – malheureusement pas exhaustif sur la question – passé dans Infrarouge sur France 2 « La naissance, une révolution », on se rend compte que les hommes ont pris possession de l’accouchement. Certes il y a des sages-femmes, des gynécologues obstétriciennes femme, mais la technique d’accouchement sans douleur, c’est bien un homme qui l’a inventé, et les hommes qui ont participé à médicaliser la naissance. Cela permet certes de réduire la mortalité maternelle et infantile, mais sûrement pas de mieux accueillir un enfant sur Terre, mais surtout d’écouter la femme, presque objectivé.  Et puis il me semble que dans certains pays cela semble tout bonnement impensable qu’un homme y mette ses mains, si je peux m’exprimer ainsi. Le savoir reste aux femmes. Personnellement, moi, ça me fait rêver. Je n’ai jamais pu comprendre comment un homme peut aider une femme dans ce genre de moment ou dans sa vie de femme vu qu’il n’a ni ovaire, ni utérus. Certes il a la théorie, mais la pratique est essentielle ! Surtout en matière d’accompagnement et de psychologie. On n’écoute plus assez la femme… Preuve en est le retour des accouchements à domicile…

Kiki the mum